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Un vannier autochtone répond du tac au tac au premier ministre ontarien, Doug Ford : le tressage de paniers fait partie intégrante de sa culture, il a de la valeur et les artisans peuvent en vivre.
Mardi, le premier ministre Ford a défendu sa décision de mettre fin au gel des droits de scolarité pour les études postsecondaires, en plus de réduire les bourses offertes aux étudiants, en conseillant aux jeunes de choisir une profession d'avenir, pas la vannerie.
Si vous choisissez des cours de tressage de paniers, il n'y a pas beaucoup de paniers qui se vendent de nos jours [donc pas beaucoup d'emplois dans ce domaine], a dit Doug Ford.
Il ne sait pas de quoi il parle , répond Spencer Lunham Jr. de la Première Nation des Chippewas de Kettle et Stony Point, au nord-ouest de London, qui pratique cet art depuis plus de trente ans.
C'est un manque de respect envers ceux qui pratiquent ce métier au quotidien, ajoute-t-il.
Le processus traditionnel de plusieurs jours, qui consiste à couper le frêne noir avant de le tresser en panier, est son activité principale, explique-t-il. Bien qu'en grande partie autodidacte, M. Lunham vient d'une famille de vanniers. Sa grand-mère, sa tante et son oncle exerçaient ce métier.
C'est sa tante Faye qui lui a appris à faire son premier panier, raconte-t-il. J'ai été conquis, et j'ai décidé de me perfectionner, et c'est ce que j'ai fait , dit-il.

Spencer Lunham Jr. fabrique des paniers utilitaires et d'autres qui sont plus raffinés, les vendant jusqu'à 3000 $.
Photo : Fournie par Spencer Lunham Jr.
Un vrai gagne-pain
M. Lunham fabrique aussi bien des paniers utilitaires que des paniers traditionnels plus raffinés, précise-t-il. Ces derniers se caractérisent par des motifs colorés et complexes qui exigent une planification minutieuse avant le tressage.
Il en vit bien, ajoute-t-il, vendant quelques centaines de paniers par an entre 150 $ et 3000 $ chacun.
C’est un art magnifique et cela fait partie intégrante de notre culture , affirme-t-il. Je pense qu’en tant qu’Autochtones, nous avons déjà assez perdu de choses.
La plupart de ses clients sont des Autochtones qui comprennent la véritable valeur des paniers traditionnels et le travail qu'ils représentent, explique-t-il.
M. Lunham anime aussi des ateliers dans des universités et des collèges, ainsi qu'auprès des communautés autochtones de l'Ontario. Ses ateliers affichent toujours complet, raconte-t-il.
Je l'ai fait, je le fais encore et je m'en sors bien financièrement , soutient-il. Ce que Doug Ford a dit est faux.
D'après des renseignements fournis par Jack Sutton de CBC


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