NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Dans le but d’atténuer le réchauffement climatique, plusieurs pays misent sur la plantation d’arbres. En 2021, le gouvernement de Justin Trudeau avait d’ailleurs promis à cet égard de planter deux milliards d’arbres à travers le pays d’ici 2030. Une récente étude publiée dans Communications Earth & Environment vient toutefois nuancer les bénéfices que l’on peut tirer d’une telle démarche.
Cette étude montre que l’effet de la reforestation varie en fonction de l’endroit où elle est effectuée. Ainsi, un reboisement dans les régions tropicales aurait un effet rafraîchissant beaucoup plus important que dans les hautes latitudes septentrionales.
L’équipe de chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich a simulé trois scénarios différents de reboisement dans un modèle climatique global. Puis elle a comparé l’effet de chacun d’eux sur le climat de la planète, notamment sur la température en 2100, en tenant pour acquis que la reforestation aurait atteint son maximum en 2070.
Dans ces simulations, les chercheurs ont principalement tenu compte de trois grands types d’effets que peut entraîner la reforestation :
- les effets biochimiques de l’absorption du dioxyde de carbone (CO2) par les arbres lorsqu’ils effectuent de la photosynthèse (et qui, en contribuant à retirer ce gaz à effet de serre de l’atmosphère, induisent un effet refroidissant) ;
- les effets biophysiques, comme les changements d’albédo (la capacité du sol à réfléchir les rayons solaires et leur énergie, qui a un potentiel réchauffant) ;
- les effets de l’évapotranspiration, c’est-à-dire l’évaporation de l’eau du sol et de la transpiration des plantes, qui ont aussi un effet rafraîchissant pour l’atmosphère.
Les résultats de la comparaison ont mis en évidence des différences étonnantes. Ils montrent ainsi que le reboisement des régions tropicales, particulièrement dans le bassin amazonien et l’Afrique de l’Ouest et du Sud-Est — et, dans une moindre mesure, en Asie du Sud-Est —, entraînerait un effet rafraîchissant sur le climat local et global nettement plus important que la reforestation des régions septentrionales, comme le Canada, la Sibérie ou l’Alaska. Car dans ces régions couvertes de neige et de glace pendant de longs mois, la plantation d’arbres générerait un couvert plus sombre qui absorberait (plutôt que réfléchirait) davantage le rayonnement solaire, créant du coup un réchauffement local. Ce dernier annulerait en partie, voire complètement, l’effet rafraîchissant induit par l’absorption du CO2 par ces mêmes arbres.
« En évitant la reforestation dans les régions septentrionales et en la concentrant plutôt dans les tropiques, la reforestation devient un outil beaucoup plus efficace pour la protection du climat », affirme d’ailleurs la doctorante Nora Fahrenbach, première autrice de l’étude, dans un communiqué de l’École polytechnique fédérale de Zurich.
La forêt boréale et l’albédo
Selon Évelyne Thiffault, professeure au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, ces résultats ne sont pas surprenants, et rejoignent « ceux d’études plus locales qui ont donné des résultats similaires ».
La chercheuse donne l’exemple de la forêt boréale québécoise, qui comprend par endroits des landes à lichens, des clairières recouvertes de lichens et dépourvues d’arbres, notamment en raison de feux. « Certains groupes disaient qu’on devrait aller planter des arbres sur ces sites pour lutter contre le changement climatique, car ce sont des superficies “perdues”. Mais une étude parue en 2011 dans Agricultural and Forest Meteorology a remis en question cette approche en faisant remarquer qu’en plantant des épinettes noires, on viendrait changer l’albédo de ces surfaces de lichen, qui sont couvertes de neige en hiver [et donc très réfléchissantes]. Et alors, l’effet réchauffant d’une surface devenue noire viendrait annuler l’effet refroidissant créé par le captage du CO2 et sa séquestration par les arbres qu’on planterait. D’autant que les arbres ne pousseraient pas très vite à cause du climat et que donc, la séquestration du carbone par les arbres ne serait pas si forte que ça. »
L’étude des chercheurs suisses « tient pour acquis qu’on planterait des conifères, parce que nos forêts sont composées de conifères. Mais il existe des solutions qui peuvent être bénéfiques pour le climat, comme planter des espèces feuillues plutôt que des résineux », fait remarquer Mme Thiffault.
Les feuillus ont un albédo plus élevé parce qu’ils perdent leurs feuilles en hiver et que celles-ci sont plus pâles que les aiguilles des résineux, lesquelles sont agglutinées très près les unes des autres — ce qui contribue à leur albédo plus faible, explique-t-elle.
Des feuillus dans le Nord ?
Mais des feuillus pourraient-ils survivre en forêt boréale ? « Quand on se projette dans le futur, on se dit qu’il y a des chances qu’il y ait des espèces feuillues qui viennent s’installer naturellement en forêt boréale, parce qu’elles seront mieux adaptées au climat du futur. Il y a des projets de migration assistée qui consistent à planter des espèces du Sud (comme des espèces de feuillus) dans les forêts plus au nord, justement pour tester si elles s’y adaptent. Ces travaux peuvent aider à déterminer quelles espèces sont susceptibles de survivre », souligne la chercheuse.
Il ne faut pas abandonner le projet de reboiser, croit Mme Thiffault. « Planter des arbres reste une bonne idée en général, y compris à nos latitudes. Il y a moyen de gérer l’effet d’albédo en plantant des espèces feuillues. Et il y a plein d’autres bénéfices qu’apporte la plantation d’arbres : elle préserve et augmente la biodiversité, notamment, laquelle nous fournit des services, dont la production de bois. »
Mais « avant d’aller planter des arbres dans le Nord, on devrait penser aux sites plus au sud », avance-t-elle. On peut aussi planter des arbres sur des terres agricoles et créer des systèmes agroforestiers, qui vont aider à contrôler la pollution créée par les fertilisants, enrichir le sol et améliorer la production des cultures. On peut aussi planter des arbres sur des sites miniers abandonnés, voire sur des sites industriels dans les villes, fait-elle valoir.
Ensemble, soutenons la réflexion
Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.


3 month_ago
34



























.jpg)






French (CA)