NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le député libéral Steven Guilbeault convient que son gouvernement a créé l’attente de voir davantage d’or noir franchir les Rocheuses, même si les conditions associées à la construction de l’oléoduc promis à l’Alberta ne semblent plus faire l’affaire de l’industrie.
« On s’est mis le bras dans le tordeur. Si le pipeline va de l’avant, mais sans les conditions énumérées dans l’entente avec l’Alberta, il risque d’y avoir un certain ressac dans plusieurs coins du pays. Mais si le pipeline ne va pas de l’avant, la première ministre Smith dira que le Canada ne fonctionne plus », souligne l’élu montréalais, en entrevue téléphonique avec Le Devoir.
L’ex-militant écologiste devenu ministre fédéral de l’Environnement (2021-2025) a trouvé « indécent » les propos de Martha Hall Findlay, qui a été cadre à la pétrolière Suncor après ses fonctions de députée libérale fédérale. Dans une lettre ouverte au Globe and Mail, elle implorait Ottawa d’abandonner l’idée de forcer la captation et le stockage du carbone, en contrepartie de l’approbation d’un nouveau pipeline.
Ce n’est pas la seule obligation qui ennuie l’industrie. En février, ce même quotidien rapportait qu’un dirigeant d’Enbridge avouait à ses actionnaires n’avoir aucune envie « de prendre le risque » de payer pour le pipeline. Depuis, Greg Ebel refuse de comparaître devant le Comité parlementaire des ressources naturelles, bien qu’il ait eu le temps de participer à 47 réunions inscrites au registre des lobbyistes en 2026.
« En théorie, pour qu’il y ait un pipeline, selon l’entente de principe conclue avec l’Alberta, il faut que ce soit financé par le privé. Et il faut que [le projet de captation et de stockage de carbone] Pathways se réalise », indique Steven Guilbeault.
Jeudi, son gouvernement a confirmé qu’il travaille à une réforme du processus d’approbation pour accélérer davantage la réalisation des grands projets, comme l’oléoduc promis. La Loi visant à bâtir le Canada, adoptée l’an dernier, permet déjà au fédéral de contourner ses règlements pour les projets désignés comme d’intérêt national.
De l’argent public
Depuis la signature du protocole d’entente avec l’Alberta, en novembre 2025, le Bloc québécois tente par tous les moyens d’attirer l’attention sur les indices montrant que de l’argent collecté des impôts sera consacré à l’infrastructure de transport de pétrole.
« Ce n’est pas un projet économique. C’est un projet politique. Il n’y a pas de [preuve de] rentabilité ! » peste le député de Jonquière, Mario Simard, au bout du fil. « Les entreprises de gaz et de pétrole sont contrôlées en majorité par des Américains. Et ce serait à nous d’assumer collectivement leur risque financier ? Si ça, ce n’est pas d’être colonisé, je ne sais pas ce que c’est. »
Il a fait admettre devant un comité parlementaire que le Programme de garantie de prêts pour les Autochtones (PGPA) pourrait théoriquement envoyer jusqu’à 10 milliards de dollars en garanties de prêts directement dans un projet d’oléoduc. De plus, un nouveau fonds dit « souverain » et doté de 25 milliards de fonds publics pourrait aussi servir à la construction du gros tuyau, ce que n’a jamais démenti le ministre des Finances, François-Philippe Champagne.
En parallèle, le principal projet industriel de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC) des sables bitumineux albertains pourrait s’approprier la majorité des 15 milliards en subventions prévues par le fédéral d’ici à 2035. Pour donner un ordre de grandeur, l’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain, achevé en 2024, a coûté 34,2 milliards de dollars de fonds publics.
Revenir sur sa parole
En théorie, l’entente conclue avec l’Alberta prévoit explicitement que les projets d’oléoducs doivent être « financés et construits par le secteur privé ». Steven Guilbeault estime que de modifier ces termes reviendrait pour Ottawa à « revenir sur sa parole ».
« C’est assez clair pour moi depuis le début, et c’est dans l’entente, qu’il y aura une participation autochtone. Là où moi je trace une ligne, c’est si le gouvernement fédéral décide d’utiliser l’un ou l’autre des nombreux mécanismes à sa disposition [pour acheter un pipeline] », lâche celui qui avait justement quitté avec fracas le cabinet Carney juste après l’annonce de ce possible nouveau pipeline.
Ce jour-là, des Albertains avaient au contraire pleuré de joie de voir ce pacte conclu avec leur première ministre, Danielle Smith, selon le curieux récit qu’en a fait le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson. Aucun plan de taxe industrielle sur le carbone en Alberta à 130 $ la tonne n’a toutefois encore été dévoilé, ce qui était pourtant prévu à l’entente avant le 1er avril. Mme Smith doit rencontrer de nouveau le premier ministre, Mark Carney, à Ottawa, vendredi.


1 month_ago
38


























.jpg)






French (CA)