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L’ancien ministre socialiste et le maire de Béziers étaient les invités, samedi, de l’émission de Léa Salamé.
Passer la publicité Passer la publicitéUne fille qui ne le comprend pas, une famille politique disparue... Le plateau de «Quelle Époque!», ce samedi 11 avril sur France 2, a pris des allures de confessionnal. Léa Salamé recevait l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg et l’ancien journaliste devenu maire de Béziers, longtemps soutenu par le Rassemblement national, Robert Ménard. Les deux hommes ont livré sans fard leurs états d’âme.
Réélu à la mairie de Béziers sous l’étiquette divers droite Robert Ménard a évoqué son nouveau livre Lettre à Clara. L’ancien journaliste de 72 ans, habitué des plateaux télés au langage souvent fleuri, s’adresse dans cet essai à sa fille Clara, 24 ans, aux idées opposées aux siennes. «J’essaie de trouver les bons mots tant j’ai du mal à lui parler de vive voix, tant les repas peuvent mal se terminer, mal tourner quand on discute de tel ou tel sujet politique», confie Robert Ménard, qui a choisi «l’écrit qui laisse le temps de reprendre une phrase, de faire attention, de peser les mots et tout». «Je veux essayer de lui dire à quel point je l’aime et à quel point je suis troublé, blessé. Je ne comprends pas qu’on ait à ce point des désaccords sur les choses qui me semblent essentielles», confie le cofondateur de Reporters sans frontières.
Écouter du rap en cachette
Et d’ajouter face à cette enfant adorée dépeinte par Léa Salamé comme «féministe radicale, anticapitaliste qui vote Mélenchon» : «Quand on me traite de facho, je lui réponds, mais ma puce, Comment tu peux imaginer ? Tu sais les combats que j’ai menés, tu as vu à la maison les gens qui venaient du monde entier parce qu’on les défendait. Comment tu peux croire ces gens proches de toi politiquement, quand ils disent ce qu’ils disent de ton père, Tu sais bien qu’à la maison, personne n’est raciste, personne n’est homophobe. »
«Même ce que j’aime comme musique la déçoit», note Robert Ménard, qui tente de se rattraper en cachette, en écoutant des titres de rap pour comprendre (en vain) l’intérêt qu’elle leur porte. En revanche le maire de Béziers n’a pas mâché ses mots pour évoquer les désaccords irréconciliables qui l’opposent à ses anciens soutiens du RN, notamment Marine Le Pen : «Comment tu fais, Marine pour imaginer tes rapports avec les gens qu’en termes de vassalité? Comment tu imagines que tu peux gagner toute seule des élections?», a interpellé Robert Ménard.
Le vague à l’âme, c’est aussi ce qu’éprouve l’éphémère ministre de l’Économie de François Hollande. «Je suis orphelin [de ma famille politique]. Je suis une sorte de Philippe Seguin -Jean-Pierre Chevènement , c’est-à-dire un post-gaulliste. Ce qui a disparu dans le monde. La gauche, elle est passée à côté de la nation, de la frontière», a diagnostiqué Arnaud Montebourg, qui anime désormais l’émission «Made In Montebourg», tous les vendredis sur BFM TV. «On peut être de gauche, avoir une vision humaine de la vie en société, pas trop naïve, et se poser quelques questions», plaide celui qui a quitté le parti socialiste après trente ans d’adhésion,«Personnellement, je me suis surpris à voter blanc à de très nombreuses reprises ces dernières années. Vous voyez où j’en suis?». Avant de reprendre sa bonhomie et de répondre avec ses traits d’esprit habituels à Léa Salamé qui lui a demandé d’imaginer l’avenir d’Emmanuel Macron, une fois qu’il aura quitté l’Élysée, ou encore d’adresser un conseil à Jean-Luc Mélenchon. «De prendre sa retraite» a rétorqué, sans hésiter, Arnaud Montebourg.


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