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Origines de la vie sur Terre: des chercheurs affirment qu'on se trompe depuis le début

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Deux études publiées récemment remettent en question des certitudes bien ancrées, chez les scientifiques comme dans l'opinion publique. D'abord sur notre évolution: tous les animaux terrestres à quatre membres et à colonne vertébrale descendent d'un ancêtre aquatique en forme de poisson qui aurait un jour décidé de sortir de l'océan pour conquérir la terre ferme, rapporte Refractor.

On supposait jusqu'ici que les poissons avaient évolué en amphibiens, puis en reptiles et ainsi de suite: on se trompait peut-être. Même doute jeté sur l'un des piliers les plus anciens de la biologie, à savoir celui de l'ordre dans lequel les acides aminés, ces briques moléculaires du vivant, ont intégré le code génétique. Un article de Popular Mechanics fait le point.

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La théorie du stade larvaire tient depuis des décennies pour une raison précise, résume Jason Pardo, chercheur à l'Université de Vilnius, en Lituanie. Elle permet à l'animal de s'adapter progressivement à la vie sur terre, en repoussant à plus tard «les adaptations liées à la reproduction», bien plus complexes à développer hors de l'eau.

Mais personne n'a jamais trouvé de preuve fossile pour étayer cette hypothèse. Alors Jason Pardo et son collègue Arjan Mann sont partis à sa recherche. Ils sont allés près de Chicago, sur un site réputé pour sa conservation exceptionnelle des tissus mous. Les fossiles y sont «de véritables capsules temporelles qui capturent l'impossible», explique Arjan Mann.

Anatomie d'adulte 

Les fossiles retrouvés possédaient déjà une anatomie d'adulte: doigts, orteils, poumons, simplement en plus petit. Ces animaux naissaient donc déjà quasiment formés, puis grandissaient et développaient les organes dont ils disposaient déjà à la naissance. Une remise en cause directe de la théorie du stade intermédiaire de croissance, le stade larvaire.

Cette découverte a permis de relier toutes les pièces du puzzle. Tout juste né, ce spécimen possédait déjà une anatomie d'adulte. Il aurait ainsi «sauté» l'étape larvaire jusqu'ici présumée. «Notre étude montre que ce postulat de base, selon lequel les premiers vertébrés à quatre pattes grandissaient comme des amphibiens, est faux», conclut le chercheur.

Brick by brick?

Une autre croyance commune a pris un coup de vieux cette année: l'idée que les briques qui composent nos protéines, appelées acides aminés, seraient apparues une par une, dans un ordre précis et logique, au fil de l'évolution. Plusieurs études publiées en 2026 viennent semer le trouble.

La théorie reposait sur un raisonnement simple: plus une brique était présente chez les toutes premières formes de vie, plus elle devait être apparue tôt. Mais les chercheurs ont découvert un cas qui contredit totalement cette logique. L'une de ces briques, considérée depuis longtemps comme l'une des toutes dernières à être arrivée dans le vivant, s'est révélée en réalité plus fréquente chez les ancêtres les plus anciens que chez leurs descendants. Les chercheurs pensent avoir compris pourquoi.

Cette brique génétique serait apparue très tôt, mais seulement chez une petite partie du vivant. Elle ne se serait généralisée à tous les organismes que bien plus tard, non pas parce qu'elle venait d'arriver, mais parce qu'elle se serait transmise d'une espèce à l'autre par un mécanisme d'échange direct de matériel génétique. C'est un peu comme si deux organismes s'étaient partagé une information utile, sans passer par la case de la reproduction classique. Ce n'est donc pas la brique elle-même qui serait récente, mais sa diffusion à grande échelle.

L'évolution ne suit pas forcément un ordre figé. Des chercheurs ont même réussi à supprimer complètement l'une des briques du génome d'une bactérie, en la remplaçant quand elle intervenait dans la fabrication des protéines. Résultat: la bactérie a continué à fonctionner et à se reproduire normalement. Preuve que le vivant peut tourner avec un jeu de briques plus réduit que celui qu'on utilise aujourd'hui. Rien n'indique qu'il ait dû, à un moment précis de son histoire, les acquérir toutes, ni dans un ordre bien défini.

En définitive, le schéma classique, poisson, têtard, puis animal terrestre, ne tient plus. Il en va de même pour l'évolution des molécules qui nous composent. Ces récents travaux montrent que certaines des plus grandes réponses de la paléontologie pourraient déjà se trouver, silencieuses, dans les tiroirs des musées, en attendant qu'on prenne le temps de les observer d'assez près.

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