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Le chiffre fait mal. En 2023, le Cameroun a déclaré 22,31 kg d’or exporté. Dans le même temps, Dubaï en enregistrait 15,2 tonnes en provenance du pays, soit près de 700 fois plus. Cet écart n’est plus une simple estimation journalistique, il figure noir sur blanc dans le Rapport ITIE Cameroun 2023.
Des tonnes qui s’évaporent entre Yaoundé et Dubaï
Les Douanes camerounaises ont enregistré 22,31 kg d’or exporté en 2023, pour une valeur déclarée de 904 millions de FCFA. Les statistiques internationales utilisées par l’ITIE, elles, font apparaître 15,2 tonnes d’or importées depuis le Cameroun. Plus de 90% de ce volume atterrit aux Émirats arabes unis.
Et ce n’est pas un accident isolé. Entre 2021 et 2025, les données consolidées de la Douane et de la SONAMINES ne recensent que 1,897 tonne d’or. Les volumes estimés comme exportés durant la même période atteignent, eux, 46,219 tonnes. Le calcul est simple : 44,322 tonnes se sont volatilisées quelque part entre les mines camerounaises et les registres officiels.
Le gouvernement évalue cette masse disparue à 1 941,19 milliards de FCFA. Le ministère des Mines, de son côté, avance un chiffre légèrement différent pour les pertes fiscales, autour de 557 milliards de FCFA contre 577,51 milliards estimés ailleurs. Cette divergence entre deux administrations du même État mérite quand même d’être expliquée.
Un système qui laisse filer l’or par toutes les fissures
Comment des dizaines de tonnes d’or attribuées au Cameroun dans le commerce mondial peuvent-elles ne trouver aucun écho dans les déclarations nationales ? La question reste posée, et personne n’a encore de réponse pleinement satisfaisante.
L’ITIE pointe des frontières poreuses, un suivi quasi inexistant sur les sites miniers en temps réel, et une application molle des obligations fiscales. Difficile de ne pas y voir un système construit pour laisser filer l’essentiel, pendant que les statistiques officielles se contentent de gérer la marge.
Face à cela, le gouvernement annonce des procédures de redressement fiscal et douanier, au Cameroun comme à l’étranger. La Direction générale des Impôts et celle des Douanes devront désormais travailler aux côtés de la SONAMINES directement sur les sites d’extraction.
C’est un changement de méthode qui arrive tard. Très tard, même, au regard des montants déjà perdus.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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