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Énergie Renouvelable Onimiki laisse tomber son projet de centrale sud, prévu au cœur de la ville de Témiscaming.
Onimiki Sud aurait produit 7 mégawatts, comparativement aux 60 MW prévus avec Onimiki Nord.
Le président d'Onimiki, David McLaren, explique que le volume d'eau, notamment du ruisseau Gordon, n'était pas suffisant pour aller de l'avant et être rentable.
Si on parle de l'approvisionnement qui est nécessaire pour l'usine RYAM, pour la Ville de Témiscaming [...], ce ne serait pas sage pour nous de continuer, indique-t-il.
Il s’agit d’une décision responsable. Comme toute business, il faut quand même qu’on ait un retour sur nos investissements et il faut que ça vaille la peine, puis là, la marge de manœuvre était beaucoup trop mince.

David McLaren, président d'Énergie Renouvelable Onimiki, indique qu'il est trop tôt pour connaître la nouvelle estimation de coût, établie à 475 M$ dans le passé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Dans le premier scénario présenté en 2022, deux centrales devaient être construites dans le sud de la région, une à Kipawa et l’autre à Témiscaming. La seule restante est située à 15 kilomètres au sud de Laniel, dans les limites municipales de la Ville de Témiscaming. Plusieurs groupes s'y opposent, dont des riverains et des organismes.
Aucune surprise
Pour le maire de Témiscaming, Alain Gauthier, la décision n'est pas une surprise et était même souhaitable. Il se dit toutefois déçu pour l'ancienne centrale Kipawa, près de la marina, qui devait être restaurée.
Ça aurait été un joyau incroyable pour la région, pour la municipalité d'avoir cette powerhouse remise à neuf et utilisée en plus, avec un centre d’interprétation, admet le maire.

La centrale Onimiki Sud prévoyait d'utiliser l'ancienne centrale. Un tunnel pour acheminer l'eau devait être construit à 30 mètres de profondeur dans la ville. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Des discussions auront lieu entre le conseil municipal et les Premières Nations de Wolf Lake et Kebaowek pour revitaliser le secteur de l’ancienne centrale.
Ça va nous permettre maintenant de se concentrer [sur la centrale nord]. Onimiki Sud nous prenait quand même pas mal de temps, souligne M. Gauthier.
Limiter les pertes pour la MRC
La MRC de Témiscamingue détient 40 % de la société en commandite. Les Premières Nations de Kebaowek, Wolf Lake et Mashteuiatsh détiennent chacune 20 %.
Le préfet Martin Lefebvre est d’accord avec la décision de retirer cette partie du projet. Le moins d’impacts possible sur le territoire, le mieux ce sera, considère-t-il.

« Tant qu’à vivre avec une portion de projet qui est déficitaire, moi je pense qu’on est gagnant à long terme de ne pas le réaliser», dit Martin Lefebvre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Je ne suis pas surpris et à la limite, je vous dirais qu'on en est bien content, parce que c'était des coûts supplémentaires à la fois pour la MRC et pour les communautés autochtones impliquées dans le projet.
Malgré les sommes investies pour cette partie du projet, M. Lefebvre est d’avis qu’il était nécessaire d’aller jusqu’au bout.
Il y avait une volonté qui était là pour avoir un projet au Sud et d’en avoir un au Nord. Je me dis oui, il y a de l’argent qui a été dépensé pour regarder cette option, mais je pense qu’il fallait le faire parce qu’on est plusieurs partenaires là-dedans, estime le préfet.

Des résidents de la Pointe McMartin, située à moins de 500 mètres de la future centrale nord, dénoncent le projet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Des airs du passé
Du côté du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT), c’est surtout la centrale nord qui préoccupe la directrice générale Bianca Bédard.
Celle qui surveille le débit d’eau de la rivière Kipawa craint une baisse drastique avec une centrale, en plus des changements climatiques. Elle attend avec impatience le dépôt de l'étude d'impact et de faisabilité.
Est-ce que les impacts environnementaux vont être à la hauteur des profits engendrés? J'ai hâte de voir, dit-elle, sceptique.

Cette nouvelle mouture rappelle à Bianca Bédard le projet Tabaret, qui consistait à construire un complexe hydroélectrique en détournant l’eau de la rivière Kipawa, ce qui est aussi proposé avec Onimiki. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le scénario actuel lui rappelle l’ancien projet Tabaret d’Hydro-Québec, qui avait été vivement contesté, pour être ensuite abandonné.
Christian Bélisle, administrateur du Festival de la rivière Kipawa, ne comprend pas qu’on remet à l’ordre du jour un projet qui avait été balayé de la table par notamment les communautés autochtones. C’est contradictoire un peu qu’on change le nom d’un projet, puis qu’on en fasse la promotion, exprime-t-il.
Tout comme le CREAT, M. Bélisle a des inquiétudes au niveau des impacts environnementaux dans le parc national d’Opémican, où traverse la rivière Kipawa.

Le plan de la centrale Onimiki Nord, située à environ 30 kilomètres au nord de Témiscaming.
Photo : Tirée du site web d'Onimiki
La bataille reste exactement la même, cela dit, je suis quand même content si on peut minimiser les impacts environnementaux à la ville de Témiscaming, précise-t-il.
D'autres consultations publiques sont prévues prochainement par Énergie Renouvelable Onimiki. Le dévoilement de l'étude d'impact doit avoir lieu à la mi-année.
Onimiki avance avec prudence, insiste David McLaren. On a toujours dit que ce n’est pas un projet qui est définitif. Il est toujours en évolution et plus qu’on avance, plus qu’on est capable de définir le projet, conclut-il.


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