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On pensait les tout premiers satellites retombés depuis longtemps : le plus vieil objet fabriqué par l’homme fait encore le tour de la Terre et les catalogues d’orbite le suivent toujours

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Un objet de la taille d’un pamplemousse tourne encore autour de la Terre, soixante-huit ans après son lancement. Il s’agit de Vanguard 1, envoyé par les États-Unis le 17 mars 1958, en pleine course à l’espace contre l’URSS. Personne ne lui a plus parlé depuis 1964. Et pourtant, les catalogues d’objets en orbite continuent de le suivre, avec la précision d’un service après-vente qui n’aurait jamais fermé.

Vanguard 1 est un satellite américain, quatrième satellite artificiel terrestre à avoir été lancé avec succès, après Spoutnik 1, Spoutnik 2 et Explorer 1, lancé le 17 mars 1958. Sa taille tient dans une main. Il ne mesurait que 16,3 centimètres de diamètre pour environ 1,5 kilogramme, et malgré ses six antennes filiformes qui le faisaient paraître plus imposant, l’engin lui-même avait bien la taille d’un pamplemousse. Le surnom lui vient d’ailleurs directement de Moscou : le premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev l’avait qualifié avec dédain de « satellite pamplemousse ».

Sa petite taille cachait une innovation majeure. Vanguard 1 fut le tout premier satellite à disposer d’une alimentation solaire électrique. Un choix technique qui a tout changé pour sa longévité de fonctionnement.

À retenir

  • Vanguard 1, lancé en 1958, est le plus ancien objet artificiel encore en orbite après 68 ans
  • Le satellite silencieux depuis 1964 devrait rester en orbite environ 240 ans, jusqu’au 22e siècle
  • Ses cellules solaires révolutionnaires et son orbite haute lui ont permis de survivre quand ses prédécesseurs ont tous brûlé en atmosphère

Sommaire

  1. Pourquoi il vole encore quand les autres sont retombés
  2. Une trajectoire qui a redessiné la forme de la Terre
  3. Toujours au catalogue, malgré le silence radio

Pourquoi il vole encore quand les autres sont retombés

Spoutnik 1, Spoutnik 2, Explorer 1. Tous les prédécesseurs de Vanguard 1 sont retombés dans l’atmosphère depuis longtemps, l’un en quelques mois, l’autre en une douzaine d’années. Vanguard 1, lui, a tenu bon. Bien que les communications avec le satellite aient été perdues en 1964, il reste l’objet artificiel le plus ancien encore en orbite, avec l’étage supérieur de son véhicule de lancement.

L’explication tient à l’altitude. Le troisième étage de la fusée avait placé Vanguard 1 sur une orbite de 654 par 3 969 kilomètres, avec une période de 134,27 minutes et une inclinaison de 34,25 degrés. Une orbite si haute que l’essentiel du trajet du satellite se déroule loin de la traînée atmosphérique qui aurait fini par le faire chuter, contrairement à ses prédécesseurs restés bien plus bas.

Ses batteries ne lui ont offert que trois semaines d’autonomie. C’est là que ses cellules solaires ont pris le relais, un exploit pour l’époque. Le signal alimenté par les piles n’a duré que 20 jours, tandis que celui alimenté par les cellules solaires a tenu pendant six ans entiers. Le dernier signal reçu du satellite provenait d’une station de suivi à Quito, en Équateur, en mai 1964. Depuis, silence radio total, mais présence physique constante.

Une trajectoire qui a redessiné la forme de la Terre

L’objet muet a pourtant continué à parler aux scientifiques, à sa manière. En observant les écarts de sa trajectoire par rapport aux prévisions théoriques, les chercheurs ont fait une découverte de taille sur la forme réelle de notre planète.

La théorie d’une Terre légèrement en forme de poire est née des données reçues du satellite américain Vanguard 1 en 1958, dont l’orbite variait selon une périodicité longue, révélant une attraction gravitationnelle plus forte dans l’hémisphère sud, ce qui indiquait un aplatissement au pôle Sud et un renflement équivalent au pôle Nord. Une avancée de géodésie que personne n’attendait d’un engin conçu au départ pour tester une simple fusée à trois étages.

Toujours au catalogue, malgré le silence radio

Le catalogue de la NASA consacré à Vanguard 1 conserve le dossier de la mission et ses paramètres orbitaux sous son identifiant international, 1958-002B, continuation moderne d’un effort de suivi lancé quand le satellite comptait parmi les rares objets artificiels en orbite. Il porte aussi un numéro de catalogue de suivi spatial, le SATCAT n°00005, preuve qu’il fait partie des tout premiers objets jamais répertoriés.

Combien de temps encore va-t-il tourner ? Les estimations varient, mais restent impressionnantes à l’échelle humaine. La NASA a publié une durée de vie orbitale estimée à environ 240 ans depuis le lancement, ce qui placerait sa rentrée atmosphérique vers la fin du 22e siècle. Une projection à prendre avec la prudence qui s’impose pour tout calcul portant sur deux cents ans d’avance, mais qui donne une idée de l’ordre de grandeur.

Certains rêvent même de le faire redescendre volontairement. Des experts évoquent la possibilité de ramener Vanguard 1 sur Terre, un exploit qui marquerait à nouveau l’histoire. Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise en ce sens. Le petit pamplemousse métallique continue, imperturbable, son millionième tour de piste silencieux au-dessus de nos têtes.

Sources : spacedaily.com | astronomy.com

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