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Le maire de Québec, Bruno Marchand, maintient la ligne dure à l'égard des campements pour les personnes en situation d'itinérance. La tolérance zéro sera maintenue sur le territoire de la capitale, a-t-il tranché, affirmant qu'il existe des règles pour tout le monde, « même les itinérants ».
Radio-Canada rapportait cette semaine les témoignages de travailleuses de rue et de personnes en situation d'itinérance. Ces derniers remarquent une augmentation de la répression sur le terrain cet été.
Depuis ce printemps, on dit constater une application plus sévère de la politique de tolérance zéro envers les campements. La présence même des personnes dans certains espaces publics est également moins tolérée, sous peine de recevoir un constat d'infraction.

La place de l'Université-du-Québec n'est plus fréquentée par les personnes en situation d'itinérance depuis le début du mois de juin, lorsque le maire a ordonné à la police d'intervenir pour empêcher les attroupements et les campements.
Photo : Radio-Canada / David Remillard
Accusé d'être dans le déni par le milieu communautaire, Bruno Marchand refuse de parler de pratiques répressives. Il y a de la répression de l'itinérance à Québec?, a-t-il demandé lors d'une mêlée de presse en marge du conseil municipal, mardi.
Invité à réagir aux critiques provenant de la rue, le maire préfère parler de règles de vie en société. Quand ça fait trois, quatre, cinq, six, sept fois que tu essaies d'appliquer quelque chose, tu prends les moyens nécessaires, a-t-il déclaré quelques instants plus tard, ajoutant que ce n'est pas parce qu'on est une personne itinérante qu'on a le droit de tout faire.
Savez-vous quoi? On vit dans une société où on ne peut pas faire les choses comme chacun le veut. À 600 000 personnes, c'est impossible. Alors, oui, il y a des règles. Et il y a des règles pour les itinérants aussi.

Les corvées de ménage de la Ville de Québec se font sous surveillance policière dans certains espaces publics du centre-ville.
Photo : Radio-Canada / David Remillard
Serrage de vis
Des règles, il en existe à Québec interdisant le flânage et le camping dans les lieux publics. Plus tôt en juin, M. Marchand a jugé nécessaire de resserrer la vis, notamment à la place de l'Université-du-Québec, dans Saint-Roch, occupée par plusieurs personnes en situation d'itinérance, de jour comme de nuit.
Encore mardi, le maire a fait référence à des incivilités et à du dérangement pour les voisins lorsqu'on tolère des attroupements et certains comportements. Qui pense à ces voisins-là? Qui pense au quartier?
L'humanité n'est pas à sens unique, a insisté le maire. C'est pas parce que vous en arrachez que vous pouvez faire n'importe quoi. C'est pas parce que, humainement parlant, vous mettez un genou au sol, que vous pouvez faire n'importe quoi sur votre voisin, a-t-il affirmé.
Ce n'est pas parce qu'on souffre dans la vie que nos actions peuvent déborder notre cadre personnel et faire souffrir d'autres.
En plus de la tolérance zéro sur les campements, le milieu communautaire et des personnes en situation d'itinérance ont dénoncé les corvées de ménage sous surveillance policière. Certains ont rapporté n'avoir que quelques minutes pour quitter un espace, provoquant une désorganisation, une perte d'objets et du stress.
À savoir si les politiques de gestion de l'itinérance de la Ville manquent d'humanité, Bruno Marchand n'a pas bronché. Non, a-t-il répondu. Les gens [qui travaillent en itinérance à la Ville] le font avec le plus d'humanité possible.
Des alternatives aux campements
Le maire de Québec est catégorique. Je ne connais pas d'endroit [au Québec] où les campements viennent aider les personnes itinérantes. Au contraire, il ne voit que des problèmes.
Ce que je connais, ce sont des exemples où les pompiers interviennent presque tous les jours, voire plusieurs fois par jour, on mobilise des services parce qu'on a mis des bonbonnes [de gaz], le feu pogne, la vie des gens est en danger. Ce que je vois, ce sont des endroits où les policiers interviennent, où le crime organisé va, a-t-il énuméré.

Lauberivière figure parmi les principales ressources d'aide aux personnes en situation d'itinérance à Québec.
Photo : Radio-Canada / David Remillard
Le maire maintient qu'il existe des ressources pour éviter l'occupation des espaces publics, soulignant que la Ville venait d'ouvrir un répit de nuit pour la saison estivale. On vient d'ouvrir un répit de nuit, il y a des refuges, il y a Lauberivière, on a des maisons. [...] Il y a en a des alternatives.
Le premier magistrat assure que les personnes en situation d'itinérance ne sont pas indésirables. L'objectif n'est pas de cibler les personnes itinérantes. Une personne en situation d'itinérance a le droit de vivre à Québec, mais il n'y a pas de campements.
Le Regroupement pour l'Aide aux Itinérants et Itinérantes de Québec a récemment réclamé une réunion avec le maire, la Ville et la police afin de faire le point sur les pratiques en itinérance. Le cabinet du maire confirme qu'il a déjà proposé à l'organisme de les rencontrer.
Le Service de police de la Ville de Québec n'a pas répondu à une demande de réaction de Radio-Canada.


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