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Va-t-on assister à un lundi noir sur les marchés, deux jours après l'attaque en Iran ? Les économistes que nous avons interrogés ne le pensent pas pour différentes raisons.
Philippe Ledent (ING) fait remarquer d'emblée que "les marchés des actions étaient étonnamment calmes la semaine dernière" alors que le déploiement des navires de guerre américains au large des côtes d'Arabie laissait préfigurer une opération d'envergure.
S'il y a des variations de cours importantes, elles devraient avant tout viser le pétrole. Vu les risques d'inaccessibilité du détroit d'Ormuz par les pétroliers, Philippe Ledent n'exclut pas une poussée "dès l'ouverture ce lundi" du prix du baril aux alentours des 80 dollars (contre 72 dollars à la clôture vendredi). Il n'exclut pas une poussée (temporaire) jusqu'à 100 dollars si les Iraniens arrivent à bloquer le détroit d'Ormuz pendant une période plus longue que prévu. "Mais il ne faut pas conclure trop vite que cela sera une catastrophe sur les marchés. Cela dépendra aussi de l'évolution de la situation géopolitique. On commencera à penser à un scénario apocalyptique si l'intervention des Américains et des Israéliens s'enlise", souligne-t-il.
Cela fait dix ans que le pétrole et la la situation aux Moyen-Orient ne sont plus des variables tangibles pour les marchés."
Geert Noels est du même avis. Il "ne croit pas à un scénario apocalyptique". Et de faire valoir que "cela fait dix ans que le pétrole et la situation aux Moyen-Orient ne sont plus des variables tangibles pour les marchés et pour l'économie en général. C'est cynique à dire, mais on s'est habitué aux fluctuations du pétrole. Les autres pays producteurs ont déjà commencé à compenser un éventuel manque de pétrole". Aux yeux de l'économiste, les deux éléments déterminants sur les marchés sont "la Chine et l'Intelligence artificielle".
Cela fait d'ailleurs des semaines voire des mois que les cours des actions fluctuent non pas à cause des événements géopolitiques mais bien des inquiétudes grandissantes autour de l'IA. Les analystes s'interrogent sur l'impact de l'IA notamment en termes d'emplois.
Attaque contre l'Iran : Donald Trump impose un nouveau conflit à une population réticente"Mauvaise nouvelle pour Donald Trump"
Comme le rappelle Philippe Ledent, la probable hausse des cours du pétrole devrait relancer l'inflation. Ce qui serait une "mauvaise nouvelle pour Donald Trump". Car le président des Etats-Unis sait très bien que le citoyen américain pourrait le sanctionner si les prix repartent à la hausse et que le plein d'essence coûte trop cher. "La victoire de Trump aux Midterms ne passera en tout cas pas par un cours du pétrole plus élevé" , prédit l'économiste.
Pour les autres actifs, les économistes misent sur le succès des valeurs refuge, à commencer par l'or. "On va très probablement retourner vers les sommets du métal jaune", estime Philippe Ledent.
"Donald Trump avait le choix entre plusieurs options qui ne lui étaient jamais très favorables. S'il n'intervenait pas en Iran, il perdait la face"Chistopher Dembik (banque Pictet) estime, quant à lui, qu'on pourrait assister, dans les prochains jours, à un "regain d'intérêt pour les actifs en dollar, ce qui entraînera une baisse des rendements des bons du Trésor et une appréciation du dollar".
Et le bitcoin ? "Je ne vois pas en quoi les récents événements pourraient le faire monter. On voit qu'il ne joue pas le rôle de valeur refuge. C'est plus un tracker sur les valeurs technologiques", répond Philippe Ledent.
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