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La pêche à la coquille Saint-Jacques reprend jeudi 1er octobre. Les marins de Dieppe repartent en quête de l'« or blanc », dans un contexte encore marqué par le prix du carburant.
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Par Marie LEMAISTRE Publié le 30 sept. 2026 à 21h30
Sur les quais de Dieppe, quelques dragues attendaient la dernière semaine avant d’être armées à l’arrière des bateaux. Le 1er octobre 2026 marque la reprise de la pêche à la coquille Saint-Jacques, d’abord au large, avant l’ouverture des gisements de la baie de Seine et de la bande côtière.
La saison dernière s’était achevée dans la douleur. Dès avril, la flambée des prix du carburant avait poussé certains armateurs à maintenir les bateaux les plus énergivores à quai.
Cette nouvelle campagne s’annonce sous les mêmes difficultés. Une aide exceptionnelle de 25 centimes d’euros, évoquée par le gouvernement, sur la base de l’achat de carburant réalisé entre juin et août, n’a pas encore été touchée.
« Des promesses »
Le patron du Schneivin’s préfère ne pas se faire d’illusions. « On n’aura pas d’aides. Il y a eu des promesses, mais on sait bien comment ça va se passer », lâche Nicolas Bouville. Maxime Vigot, l’armateur confirme cette lassitude. « On veut juste travailler, lâche-t-il. De toute façon, le pétrole, qu’est-ce qu’on peut y faire, c’est mondial. »
Ses bateaux ont assuré toute la saison jusqu’en mai. La ressource était là jusqu’à la fin, d’après lui. « Dans l’ensemble, ça a été quand même. Faut pas se plaindre », philosophe-t-il. La fin de saison avait connu des prix particulièrement bas à la criée : « On a vendu jusqu’à deux euros le kilo ».
Il dénonce surtout des questions de prix et de pouvoir d’achat : « À force de taper sur les gens qui travaillent, ils n’ont plus d’argent pour manger des coquilles. C’est devenu un produit de luxe. »
Polyvalent, le Céleste I s’apprête à entamer sa deuxième saison de coquille, pensée pour compenser les mois creux du bulot. « Avant, je faisais un peu plus de bouquet, du 1er octobre au 1er janvier. Là, je n’en fais plus, il n’y en a quasiment plus », regrette l’armateur polyvalent Romaric Gourvennec. Le navire fait la coquille jusqu’en décembre. Le dernier mois, il alterne les deux gisements, profitant de la proximité de la bande côtière.
Coup de chaud sur le bulot
La période estivale n'a pas forcément été satisfaisante pour le bulot. « Jusqu'au mois dernier, on arrivait à en pêcher. Ça s'est coupé d'un coup. On pêchait bien, et la semaine suivante, plus rien. Ceux qui pêchent en continu ne font plus que 50 à 60 kg par jour », relate Evan Bunet, matelot à bord du Céleste I. Le bulot est pêché toute l'année. La coupure de septembre est habituelle, mais rarement à ce point, assure le marin. « D'habitude, on ne descend pas aussi bas. » Ce type de pêche consomme peu, car pratiqué près des côtes. Les fortes chaleurs de l'été ont obligé les navires à aller plus loin. Pour l'armateur, Romaric Gourvennec, il faut remonter à 2022 pour connaître un tel épisode. « Là, cet été, on a dû aller loin, confirme Romaric Gourvennec. Les bulots cherchent la fraîcheur en profondeur. Les casiers les attirent par l'odeur de l'appât, mais avec la chaleur, ils mangent moins : ils ne remontent pas et restent dans le sable ».
Un prix élevé
Le prix du carburant, toujours élevé, donne le ton de cette reprise. « On a fait le plein hier (jeudi 24 septembre, NDLR), à 1,25 € le litre, contre 70 à 80 centimes d’habitude, signale Benjamin Desenclos, second à bord du Ma Victoire. Quand vous consommez une tonne par jour de gazole, ça commence à chiffrer. Et encore, nous, ce sont des petits bateaux », indique-t-il, avant de conclure : « On n’a pas le choix d’y aller. »
Les prélèvements de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, l’Ifremer, réalisés cet été, annonceraient des quantités en baisse par rapport à l’an dernier. Ces derniers ne seront divulgués officiellement qu’au cours du mois d’octobre par l’institut. « On verra vendredi matin (le 2 octobre), à la première livraison », conclut Benjamin Desenclos.
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