Dans les zones désertiques, les panneaux solaires pourraient ne pas seulement servir à la production d’énergie verte. Selon une étude chinoise, ces mêmes panneaux contribueraient à la restauration des terres et donc, à lutter contre le phénomène de désertification.
Un impact positif sur les zones arides
Rappelons tout d’abord que la désertification touche plus de 40% de la surface de la planète, affecte plus de deux milliards de personnes et cause une perte d’environ 100 millions d’hectares de terres fertiles par an. Les zones principalement concernées sont le Sahel en Afrique, la Mongolie en Asie et certaines régions d’Amérique du Sud. Face à ce fléau, l’Union Africaine a en 2008 dévoilé son plan de grande muraille verte transfrontalière au Sahel et dans la corne de l’Afrique, afin de contrer l’avancée du désert. Néanmoins, la mosaïque d’écosystèmes verts et productifs dont il est question est achevée à hauteur de 15% seulement, principalement au Sénégal et en Ethiopie.
Et s’il d’autres solutions pouvaient s’appliquer ? Si certains travaillent sur des techniques de protection des sols pour freiner la désertification, d’autres misent sur une technologie bien actuelle : les panneaux photovoltaïques. Pilotée par l’Université de Tianjin (Chine), une étude parue dans la revue Atmosphere en avril 2026 explore justement cette potentielle solution. Selon les chercheurs chinois, les panneaux solaires auraient un impact positif sur les zones arides.
Les auteurs de l’étude affirment que de tels panneaux faisant l’objet d’un déploiement massif dans les zones désertiques peuvent générer des zones d’ombre. Or, ces zones permettent de rafraîchir l’air et de limiter l’évaporation de l’eau présente dans les sols. Autrement dit, il est ici question d’un microclimat favorable à la croissance de plantes et à la prolifération de microbes. Si aujourd’hui, les changements induits par les parcs solaires sont encore peu visibles, ils devraient tout de même contribuer à restaurer les sols et donner à la végétation l’occasion de réapparaitre dans le désert.
Source: DRDes résultats encourageants
Dans le cadre de leurs travaux, les scientifiques ont évalué les effets positifs des panneaux photovoltaïques dans le désert du Taklamakan, dans la province du Qinghai. Là-bas, se trouve le parc solaire de Gonghe, l’un des plus imposants au monde. Pour cette évaluation, les chercheurs ont pris en compte plusieurs facteurs dont la chimie, l’humidité, la température, le vent et la concentration de micro-organismes. Selon les résultats, la température sous les panneaux est plus fraiche de jour comme de nuit et la terre, plus humide.
« Les impacts différentiels sur la température ambiante, l’humidité relative, la température de surface et le climat intérieur soulignent la nécessité d’une approche nuancée de la conception et de l’implantation des systèmes photovoltaïques, en particulier dans les régions arides où la conservation de l’eau et la régulation de la température sont essentielles. Les changements observés dans les régimes de vent suggèrent également des avantages potentiels pour la lutte contre l’érosion éolienne et la prévention de la désertification. », peut-on lire dans l’étude.
Si les scientifiques chinois pensent que les panneaux solaires sont capables de faire du désert une zone plus habitable, cela ne pourrait se faire sans l’application de quelques mesures supplémentaires en termes d’aménagement des sites, notamment l’emplacement et l’inclinaison des panneaux. Actuellement en Chine, certains promoteurs étudient différentes manières d’optimiser les parcs solaires afin que ces derniers contribuent activement à la restauration des terres.


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