Confronté aux tensions géopolitiques et à la flambée du pétrole, Transavia ajuste sa stratégie. Son PDG Olivier Mazzucchelli mise sur l'agilité, le redéploiement des capacités et la couverture carburant pour limiter l'impact et préserver des prix compétitifs, malgré une activité déjà touchée.
Invité à s'exprimer sur la stratégie de Transavia, son PDG Olivier Mazzucchelli a détaillé, au micro de "La France bouge", comment la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM s’adapte à la crise géopolitique au Moyen-Orient et à la hausse du prix du pétrole.
Dans ce contexte international tendu, qui affecte directement certaines destinations et indirectement une partie du réseau, la compagnie cherche à maintenir sa compétitivité et ses prix bas grâce à son agilité opérationnelle et à des mécanismes comme la couverture carburant.
"Le contexte est vraiment particulier. On subit une crise au Moyen-Orient, une région que l'on dessert beaucoup. Nous opérions des vols vers Tel Aviv, Beyrouth ou encore l'Arabie saoudite, notamment Djeddah et Médine. Aujourd'hui, cette zone étant en guerre, nous avons totalement arrêté notre activité", explique-t-il.
Au-delà de ces destinations directement impactées, les conséquences s'étendent à des zones proches. "Nous constatons également une baisse des réservations sur des destinations comme la Turquie, l’Égypte, Chypre ou encore l'est de la Grèce. À l'inverse, la demande se reporte vers l'ouest : le Maroc, l'Espagne, le Portugal, l'Italie ou les Cyclades."
L'agilité comme principale arme
Dans ce contexte difficile, la capacité d'adaptation devient essentielle. "Oui, cela nous impacte fortement. Et si l'on ajoute à cela la hausse du prix du pétrole, la période est compliquée. Notre priorité est donc l'agilité : être capables de redéployer nos capacités rapidement grâce à nos contrats."
Le PDG reste toutefois lucide sur les limites de cet exercice : "Nous ne pouvons pas tout redéployer, ce serait faux de le dire. Mais cette flexibilité nous permet de préserver notre compétitivité et de maintenir des prix bas, même si nous avons dû appliquer des surcharges, qui restent limitées."
Vers une hausse durable des prix ?
La question d'une augmentation des tarifs reste en suspens. "J'aimerais avoir une boule de cristal pour connaître la durée du conflit. Ce qui est certain, c’est qu’il y aura un impact, et qu'il est négatif", assure Olivier Mazzucchelli.
Transavia peut néanmoins amortir le choc à court terme : "Nous bénéficions d'une couverture carburant, ce qui permet de lisser la hausse des coûts. Mais cela ne fait que retarder l'échéance. Nous finirons par payer ce carburant plus cher."
Si la crise s'installe, certaines décisions plus radicales pourraient être envisagées. "C’est mécanique. Si les coûts deviennent supérieurs à la marge générée par les vols, il faut arrêter les opérations et immobiliser les avions. Certaines compagnies l'ont déjà fait faute de couverture suffisante", relève le PDG de Transavia.
Olivier Mazzucchelli insiste sur l'importance de cette protection : "La couverture carburant a un coût, mais elle est essentielle dans les périodes difficiles."
Une exposition déjà significative
L'impact de la crise est déjà mesurable sur l'activité de Transavia, selon lui : "Les zones directement touchées représentent environ 4% de notre activité. Si l'on élargit aux régions affectées indirectement, on approche des 10%."
Une situation qui pourrait encore se détériorer si les tensions et la hausse des coûts de l'énergie persistent.


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