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À Villeparisis, l’association Avenir Animal réalise des centaines de sauvetages d’animaux maltraités par an, surtout en période estivale. Sa présidente nous raconte.
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Par Benjamin Forant Publié le 1 sept. 2026 à 21h04
« Cet été, c’était encore pire que les années précédentes. Ça n’a pas arrêté, et ça continue à l’heure actuelle. » À Villeparisis (Seine-et-Marne), Shirlay Gaillard, 46 ans, n’a pas de pause. Depuis plusieurs années, elle passe son temps sur son téléphone ou dans sa voiture afin de sauver le plus d’animaux possibles. Avec son association « Avenir Animal », qu’elle a créée, elle réalise plusieurs centaines de sauvetages de chiens et chats par an.
Financements, difficultés et motivation… Shirlay revient sur le fonctionnement de sa structure.
« Je voulais contribuer »
Depuis qu’elle est petite, Shirlay adore les animaux. « J’ai toujours été tournée vers ces bêtes qui ont juste besoin d’amour. Au début, j’ai commencé à contribuer à des sauvetages via des structures. Mais il y a quelques années, je me suis dit que je serai plus efficace en créant ma propre association. »
C’est ainsi qu’Avenir Animal est né. « Chacun faisait à sa façon. Mais je suis quelqu’un d’extrêmement protocolaire, donc je voulais que ce soit fait à ma manière. »
Son objectif était de créer une association dédiée aux chiens. Mais rapidement, Shirlay se rend compte que faire du sauvetage de chiens, ça coûte très cher. « Il y a beaucoup de frais à avancer. Dans le secteur, il y a beaucoup de chiens type molosse qui demandent des soins particuliers. Ce sont de gros budgets de sauvetage pour le mettre en règle et le faire adopter. »
Pour ce type d’animal, un sauvetage coûte au minimum 2 000 euros.
N’ayant pas encore l’expertise dans ce domaine, la responsable de l’association décide alors de se concentrer dans un premier temps sur le sauvetage de chats. « On a donc commencé à récupérer des chats abandonnés, maltraités. On a effectué les traitements, et on a commencé à diffuser des annonces pour les adoptions. » Puis, quelques mois plus tard, l’association a intégré les chiens à son processus. Aujourd’hui, plus de 300 animaux sont sauvés par an.
Les étapes d’un sauvetage
Concrètement, comment Avenir Animal traite le cas d’un animal maltraité ou abandonné ? Tout d’abord, il faut le repérer. Grâce à son réseau, Shirlay reçoit des informations sur de potentiels animaux maltraités, violentés ou abandonnés. Elle se rend alors sur place pour prendre connaissance du cas, et échanger, plus ou moins houleusement avec les propriétaires. Si ces derniers refusent de lui remettre l’animal en danger, elle intervient avec les forces de l’ordre.
Une fois l’animal ou les animaux sauvés, l’association organise une batterie de tests et de soins pour l’animal. Ce dernier est ensuite placé en famille d’accueil. « J’ai de la chance d’avoir plusieurs familles d’accueil de confiance qui peuvent accueillir les animaux le temps de trouver une famille aimante et adaptée », explique-t-elle.
Pendant ce temps, Shirlay diffuse une annonce sur ses réseaux et sur son site web, indiquant qu’un chat ou chien avec certaines caractéristiques est disponible à l’adoption. « Puis, les familles intéressées me contactent sur WhatsApp. Je demande alors une vidéo de l’habitation, afin d’être sûr que les animaux vivent dans de bonnes conditions. Ensuite, j’accepte ou non le dossier ».
En moyenne, il y a un refus pour cinq dossiers.
Puis, un contrat d’adoption est signé. Une fois le paiement effectué, l’animal est remis à la famille. Mais l’association garde un œil sur l’animal quelque temps. « Au bout de 3 mois chez l’adoptant, une visite de courtoisie est programmée afin de vérifier le bien-être de l’animal confié », explique l’association sur son site.
La difficulté des financements
Tout ce processus engendre des frais très importants. Malgré des partenariats avec deux vétérinaires du secteur, les soins coûtent cher, d’autant plus que Shirlay a fait de la qualité du service le mot d’ordre de son association. « L’un des points essentiels est que chaque animal que l’on récupère soit stérilisé, afin d’éviter la prolifération. C’est non négociable. Mais cela a forcément un coût important. Parfois, les animaux ont d’autres soucis de santé, et ça monte vite. »
Nous avons un chat actuellement en attente d’adoption, qui a besoin d’une prise de sang par semaine. Ça coûte plusieurs dizaines d’euros à chaque fois à l’association.
Si on ajoute à cela les frais de nourriture, que l’association fournit en grande quantité aux familles d’accueil, les sommes dépensées deviennent importantes. « On a une grille tarifaire pour les frais d’adoptions. SI un animal est en bonne santé, on arrive à avoir un excédent de 100 euros. Mais c’est peu le cas. »
Malgré les collectes effectuées pour les croquettes et les quelques dons qu’ils reçoivent, Shirlay estime ne pas être suffisamment aidé par les instances publiques. « J’aimerais avoir un soutien plus marqué des collectivités territoriales. On n’a pas reçu beaucoup d’aides financières, et je pense qu’on est une association d’utilité publique. »
Une année plus que difficile
Et cette année est particulièrement complexe. Shirlay enchaîne les sauvetages. Son téléphone ne s’arrête pas de sonner et de vibrer. « C’est un puits sans fond ». Pour elle, le comportement des gens vis-à-vis des animaux est de pire en pire. « C’est peut-être strict, mais selon moi, certaines personnes ne devraient pas avoir d’animaux. On voit bien que maintenant, quand certaines personnes partent en vacances, elles n’ont pas de scrupules à laisser leurs animaux seuls et enfermés. Ça existait déjà avant, mais les abandons me semblaient plus »propres » ».
Shirlay voit également de plus en plus d’élevages clandestins, notamment de chiens dits « molosses ». « Ce sont des chiens qui ont la cote, comme les staffs. Certains font des élevages dans de tout petits appartements. Les chiens ne sortent pas, vivent dans l’urine ou les défections, mangent de la mauvaise qualité, et peuvent être frappés. C’est dur à voir. »

Comment garder la motivation ?
Après des années de sauvetage et sans voir aucune amélioration dans les comportements humains, Shirlay se dit « désespérée par les humains. » « Maintenant, j’investis tout mon temps et mon argent dans les animaux. Ce sont eux qui le méritent ».
Dans ce cadre, elle pousse les sauvetages dans toute l’Île-de-France, voire dans d’autres régions. « Ça me prend des dizaines d’heures par semaine à côté de mon emploi, mais ça me semble essentiel. »
Avenir Animal est une association d’intérêt général. Chaque don est défiscalisé à hauteur de 66 %. Renseignements sur la page web ou Facebook de la structure.
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