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On commence à en savoir plus sur l'enfer vécu par les prisonniers politiques du régime de Nicolás Maduro

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«Bienvenue en enfer.» C'est par ces mots qu'un agent vénézuélien accueille le militant de l'opposition Villca Fernández, à son arrivée à l'Helicoïde, l'une des prisons les plus violentes du pays. Aucune mise en scène, aucune précaution: ici, la torture ne se cache pas, elle s'annonce. Vaste spirale brutaliste juchée sur une colline de Caracas, le bâtiment a été conçu pendant le boom pétrolier des années 1950.

Lisa Blackmore, coéditrice d'un ouvrage consacré à l'Hélicoïde, explique qu'à l'origine, le projet devait incarner la modernité triomphante du Venezuela: «Un immense centre commercial offrant aux gens des produits étrangers, des cinémas, un bowling, un hôtel et une exposition sur la puissance industrielle émergente du pays.» Au lieu de cela, il est devenu le symbole de la répression étatique et la chambre de torture la plus redoutée du pays.

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Depuis le 8 janvier 2026, la façade du bâtiment est devenue un lieu de veille et d'attente. Des dizaines de proches de détenus se rassemblent lors de veillées nocturnes, alors que le gouvernement vénézuélien s'est engagé à libérer un «nombre important» de prisonniers politiques, selon un article du Financial Times.

Mercredi 14 janvier, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a évoqué en conférence de presse l'avènement d'«une nouvelle ère politique», après l'enlèvement, le 3 janvier, du chef de l'État Nicolás Maduro par les forces américaines. Selon les autorités, Caracas aurait déjà libéré 406 prisonniers politiques depuis décembre 2025.

Soixante détenus relâchés, selon les ONG

Les organisations humanitaires temporisent: à ce stade, seule une soixantaine de libérations a pu être vérifiée de manière indépendante. Le 11 janvier, l'ONG vénézuélienne de défense des droits humains Foro Penal recensait 804 prisonniers politiques toujours derrière les barreaux à travers le pays.

Devant l'Hélicoïde, l'attente fait place aux doutes. Francis Quiñones a parcouru des centaines de kilomètres dans l'espoir de retrouver son fils. Officier militaire, celui-ci a été emprisonné en 2020, accusé d'avoir participé à une tentative de renversement du président Nicolás Maduro. «Beaucoup de personnes ont été victimes de disparitions forcées, soupire la mère. Nous ne savons pas si elles sont vraiment ici et n'avons aucune preuve qu'elles soient encore en vie.»

L'Hélicoïde est devenu l'un des piliers du système répressif vénézuélien. Sous la présidence d'Hugo Chávez, initiateur de la «révolution bolivarienne» socialiste arrivé au pouvoir en 1999, le centre a servi de quartier général au Service national de renseignement bolivarien. Avec l'arrivée de Nicolás Maduro, le nombre de prisonniers a explosé: des centaines de dissidents ont été enfermés dans le complexe à la suite de vagues de manifestations antigouvernementales. Depuis, de nombreux témoignages attestent de la brutalité des traitements à l'égard des détenus.

Une prison qui cristallise les inquiétudes

«La simple mention de l'Hélicoïde suscite un sentiment de peur et de terreur, résume Alex Neve, membre de la mission d'enquête du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur le Venezuela. Certaines zones du bâtiment sont devenues des espaces dédiés à des punitions cruelles et à des souffrances indescriptibles. Des détenus ont été enfermés dans les cages d'escalier, contraints de dormir sur les marches.»

Villca Fernández n'a rien oublié des violences carcérales. Incarcéré entre janvier 2016 et juin 2018, il décrit un système de torture méthodique: électrocutions des parties génitales, étouffements à l'aide de sacs en plastique remplis de gaz lacrymogène. Il a lui-même été accroché par les poignets à une grille métallique, pendant plusieurs semaines. «Je suis resté suspendu là un mois entier, sans toilettes, sans pouvoir me laver, presque sans manger», se remémore-t-il avec difficulté.

Des souvenirs qui hantent encore ses nuits. Parfois, les cris de ses codétenus résonnent dans ses oreilles: «Le bruit des clés des gardiens me poursuit encore. Chaque fois qu'elles tintaient, cela signifiait qu'un gardien venait chercher quelqu'un dans sa cellule pour le torturer.»

Parmi les premiers prisonniers libérés jeudi 8 janvier figurent l'ancien candidat à la présidence Enrique Márquez et Biagio Pilieri, ancien législateur proche de la cheffe de l'opposition démocratique et prix Nobel de la paix, María Corina Machado. Réduits au silence par les conditions de leur libération, les deux hommes ne peuvent témoigner. Mais si le régime poursuit son basculement vers «une nouvelle ère politique», les autorités du gouvernement Maduro pourraient bien devoir rendre des comptes sur les atrocités commises derrière les murs de l'Hélicoïde.

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