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Septième volet d’une saga qui compte dans le paysage de l’horreur, et premier réalisé par le scénariste original, Scream 7 se perd dans sa nostalgie sans âme et ses twists sans queue ni tête. Au point qu’on ne voit plus aucune échappatoire pour Ghostface. Notre critique sans spoilers.
Quand Ghostface brûle une maison devenue une attraction Airbnb pour les fans des faux films Stab (basés sur les massacres de Woodsboro), on n’y voit qu’une seule chose : une métaphore de ce qui se passe après, en l’occurrence la mise à feu d’une saga culte qui arrive à bout de souffle. Et que son créateur, lui-même, ne parvient pas à sauver. Scream 7 a tous les travers de la suite de trop, paralysée par une production maudite et inhibée par ses attaches à un passé glorieux rongé jusqu’à la moelle.
Scream 7 est devenu un projet casse-gueule, voire impossible, le jour du départ de l’actrice Melissa Barrera, en réalité virée pour ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien, après avoir qualifié Gaza de « camp de concentration » et dénoncé « un génocide et un nettoyage ethnique ». Elle était pourtant le nouveau visage de Scream, aux côtés de Jenna Ortega — qui a abandonné le navire dans la foulée, dans le sillage du réalisateur Christopher Landon. Il a donc fallu repenser Scream 7, et les producteurs ont cru que faire revenir Kevin Williamson — scénariste original — et Neve Campbell — héroïne originale — allait suffire. À la place, on se retrouve avec un film sans âme qui s’enferme dans une nostalgie insipide, voire risible.
Points forts
- Ok, il y a Neve Campbell
- Ok, certaines morts sont réussies
- Ok, on aime Ghostface
Points faibles
- Projet mort né
- Trop de nostalgie tue la nostalgie
- Un reveal risible à souhait
Scream 7 ne fait qu’une seule chose : radoter
En évinçant Melissa Barrera et en tuant tous les liens habiles qui rattachaient son personnage au lore, les producteurs de Scream 7 ont éviscéré ce qui ressemblait à un point de départ intéressant. On se retrouve aujourd’hui avec une tentative de sauvetage trop vouée aux ancêtres — Sydney Prescott en tête, mais pas seulement. Scream 7 radote, répète et recycle, et la dimension méta ne fait plus que se prendre les pieds dans le tapis à force de ne plus savoir sur quoi rebondir de neuf. S’il voyait un tel massacre, au sens narratif plutôt que visuel, le grand maître Wes Craven s’en retournerait dans sa tombe.
Scream 7 tombe dans la farce ultime
Alors oui, dans la plus pure tradition des clichés, Scream 7 s’approprie le phénomène des deepfakes — et des IA génératives — pour tenter d’épaissir son propos. Sauf que Kevin Williamson, semble-t-il sans idée, n’exploite rien et ne l’utilise que comme un prétexte pour offrir un cachet à certains acteurs des anciens films (merci pour eux et leur frigo bien rempli). Il y avait pourtant une dimension flippante à matérialiser : celle où Sydney serait justement entourée de tueurs potentiels au visage caméléon. Kevin Williamon ne fait finalement que rendre hommage à l’héroïne, la survivante ultime qui masque ses traumatismes dans son accoutrement de guerrière. Scream 7 va jusqu’à singer Halloween dans les situations, les péripéties, le ton et l’unité de lieu.

On trouvera quand même un peu de plaisir coupable dans certaines mises à mort, terriblement sadiques et virant au gore (petit spoiler rassurant : Ghostface ne fait plus d’infidélité au couteau). Mais elles sont bien maigres pour justifier toutes les couleuvres que tente de nous faire avaler Kevin Williamson dans les moments de calme, étirés entre l’ancienne et la nouvelle (nouvelle) génération, sans aucune transmission entre les deux. Ennuyant et rébarbatif, Scream 7 ne raconte rien et ressemble à un serpent qui se mord la queue en permanence. Il croyait se réfugier dans la nostalgie pour s’en sortir. Sauf que la nostalgie n’est qu’un écran de fumée quand il n’y a pas de réinvention derrière.
Et ce qui finit par arriver arrive : dans l’habituel reveal de l’identité des tueurs, Scream 7 tombe dans la farce ultime. Les cris de dégoût sont alors remplacés par des soupirs immenses devant la pure bêtise qui ne fait strictement rien relativiser. En résulte l’impression d’avoir assisté au suicide en direct d’une saga qui avait presque toujours trouvé ce petit truc pour captiver et justifier sa longévité. Les films Scream se sont longtemps moqués d’eux-mêmes. Là, Scream 7 se moque surtout du monde. Comme quoi, il serait peut-être temps que Ghostface devienne un vrai fantôme et ne vienne plus jamais hanter nos salles obscures.
Pour aller plus loin
Le verdict
On a aimé
- Ok, il y a Neve Campbell
- Ok, certaines morts sont réussies
- Ok, on aime Ghostface
On a moins aimé
- Projet mort né
- Trop de nostalgie tue la nostalgie
- Un reveal risible à souhait
Hélas, Scream 7 est l’épisode qu’on n’avait pas envie de voir. L’argument de la nostalgie, autant représenté par le passage derrière la caméra du scénariste Kevin Williamson que par le grand retour de Neve Campbell, ne fonctionne pas. Scream 7 s’enlise dans un récit sans queue ni tête, et se raccroche à des branches bien trop fragiles pour en faire un digne héritier de ses prédécesseurs, voire de ses pairs. On en vient à souhaiter que la saga ne revienne plus jamais au cinéma. Scream est mort avec les départs de la nouvelle génération, et l’ancienne est beaucoup trop à bout de souffle pour sauver de la noyade. La nostalgie, c’est quand on n’a plus d’idée, n’en déplaise à Kevin Williamson. Un Kevin Williamson certes orphelin de Wes Craven.
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