NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le président Trump fera tout pour laisser une marque dans l'histoire. Ainsi, il est de notoriété publique qu'il souhaiterait voir sa «tête» sur la roche du mont Rushmore, aux côtés de celles des présidents Washington, Jefferson, Teddy Roosevelt et Lincoln. Il en aurait parlé à l'ancienne gouverneure Kristi Noem, mais aussi à Larry Rhoden, l'actuel gouverneur. Les officiels de l'État du Dakota du Sud eurent beau lui dire qu'il est physiquement impossible de sculpter une cinquième statue, Donald Trump n'aurait pas abandonné l'idée.
À défaut de mont Rushmore, le 47e président convoite aussi le prix Nobel de la Paix. À la suite des accords d'Abraham (lors de son premier mandat), il le mentionne publiquement. On le sait jaloux du prix Nobel de la Paix attribué à Barack Obama en 2009. Selon John Bolton, ce serait en réalité l'origine de son obsession. Mais il y a plus. Après sa réélection, le 7 janvier, Donald Trump tient une conférence de presse fleuve où il pourfend le Canada, signale sa volonté de récupérer le canal de Panama et son intention d'annexer le Groenland.
NEWSLETTER
Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.
→
Mais le vrai objectif est le prix Nobel. Pendant huit mois, Trump va multiplier les initiatives diplomatiques afin de convaincre le jury d'Oslo de lui octroyer le prix tant convoité. Il y aura le plan de paix entre Israël et Hamas, le cessez-le-feu consécutif à la guerre de douze jours, la trêve négociée après l'escarmouche Inde-Pakistan, la déclaration de paix entre Arménie et Azerbaïdjan, le cessez-le-feu avec les Houthis, mais aussi des accords avec des pays plus lointains, comme celui signé entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, la Thaïlande et le Cambodge ou encore la Serbie et le Kosovo. Le président traite la diplomatie un peu comme un parcours de golf à Mar-a-lago. Comme il le dit lui-même, «j'ai réglé huit conflits en huit mois. Personne n'a jamais fait ça». Et puis…
Le tournant Machado
Le 10 octobre 2025, deux jours après l'annonce d'un accord de paix entre Israël et le Hamas, le jury d'Oslo rend son verdict. Le prix Nobel de la Paix est accordé à Maria Corina Machado. Sa mère absente (avec l'aide de la CIA, elle a quitté le Vénézuéla et est en route pour la Norvège), c'est la fille qui le reçoit et prononce un discours en son nom. Pour Donald Trump, c'est le point de rupture. À partir de ce moment, furieux de l'affront public, il renonce à la quête du prix tant convoité et donc à la paix. À la place, il fera la guerre.
Dès octobre 2025, les préparatifs d'une opération majeure au Vénézuela commencent. Le 3 janvier 2026, l'armée américaine lance «Absolute Resolve», impliquant 150 appareils de combat, chasseurs, bombardiers, hélicoptères, résultant dans la capture du président Nicolas Maduro. Maria Corina Machado, figure historique de l'opposition, fera tout pour le convaincre de la nécessité d'instaurer un gouvernement démocratique dans son pays, mais Trump n'est pas intéressé. Consciente de l'hostilité de président américain à son égard, elle ira jusqu'à lui offrir son prix Nobel de la Paix! Mais il est déjà passé à autre chose. Il veut du pétrole.
Pour Donald Trump, la puissance se calcule avant tout en gains territoriaux, en matières premières, terres rares, et surtout en énergies fossiles. En cela, le 47e président s'inscrit dans une logique impérialiste typique du XIXe siècle, dans la lignée des présidents McKinley, Monroe et Teddy Roosevelt. À partir de la fin de l'année 2025, la plupart des initiatives diplomatiques ou guerrières de Donald Trump se concentrent sur un nouvel objectif: le prix du pétrole brut, et par implication, celui du gallon, c'est-à-dire de l'essence.
Le prix du baril de pétrole à l'aune de la diplomatie trumpienne
Dès le début de son mandat, il pousse les pays du Golfe et l'Arabie saoudite à augmenter leur production afin de faire chuter les cours. Les attaques de drones sur les raffineries russes ont comme effet de baisser le prix du baril (si la capacité de raffinage baisse, la demande de brut réduit, c'est logique).
Après le sommet de l'Alaska avec Vladimir Poutine en août 2025, le prix du baril se stabilise, puis rebondit quand s'enflamme la rhétorique de la Maison-Blanche vis-à-vis du régime Maduro. Il baisse de nouveau à la suite de la capture du président vénézuélien. Il repart à la hausse, de 60 à 120 dollars, quand les États-Unis et Israël décident de frapper l'Iran le 28 février, en théorie pour mettre fin à son programme nucléaire, en réalité pour abattre le régime et mettre la main sur le pétrole iranien, espérant ainsi, dans sa quête prédatrice d'énergies fossiles, répéter le «coup du Vénézuela».
Mais, en dépit des déclarations grandiloquentes, les choses ne se passent pas comme prévu. Pour calmer les marchés, l'administration Trump annonce 10 jours plus tard que la guerre est terminée, ce qui entraîne une nouvelle chute, cette fois-ci avec un baril à 90 dollars. Il remonte jusqu'à 138 dollars quand l'Iran bloque le détroit d'Ormuz à partir de mars-avril. Cette nouvelle hausse va déboucher le 15 juin sur l'annonce d'un protocole d'accord entre États-Unis et Iran, déclenchant une nouvelle chute : le baril tombe à 70 dollars.
Conscient de la difficulté de rouvrir le détroit, la Maison-Blanche fait pression sur la présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez afin d'arracher un nouvel accord. Fin août 2026, le président Trump annonce le «plus grand "deal" pétrolier de l'histoire». Il déclare avoir doublé du jour au lendemain les réserves de pétrole américaines en mettant la main sur 66 milliards de barils dans le bassin de l'Orénoque. Il y a toutefois un hic. Ces réserves colossales sont avant tout hypothétiques; leur coût d'extraction, estimé à 80 dollars le baril, est extrêmement élevé, et le pétrole de la région est si lourd qu'il doit au préalable être dilué pour être transporté dans les oléoducs.
L'annonce n'a pas l'effet attendu, puisque le baril remonte légèrement, signalant ainsi la méfiance croissante des marchés vis-à-vis des annonces triomphalistes du locataire de la Maison-Blanche. Enfin, le 15 septembre, le président Trump demande à Zelenski de cesser les attaques sur les raffineries de diesel, cela en raison de l'explosion du prix à la pompe aux États-Unis, qui affecte notamment le coût du transport routier, et donc contribue à la reprise de l'inflation, à une hausse des taux d'intérêt, et à la colère de Trump envers le président de la Fed nouvellement nommé.
La côte de popularité et le prix du gallon
Les élections de mi-mandat se tiendront le 3 novembre. Selon les derniers sondages, les Démocrates seraient favoris pour obtenir une majorité à la chambre des Représentants et pourraient également faire basculer le Sénat (ils auraient pour cela besoin de quatre sièges additionnels, tâche qui semblait impossible il y a quelques mois). Si les Démocrates contrôlent la Chambre, et a fortiori s'ils remportent aussi le Sénat, la situation de l'actuel président pourrait devenir beaucoup plus précaire.
Avant tout, Trump craint une troisième destitution. Pour s'en protéger, depuis des mois, il met en place un arsenal de mesures afin de décourager les électeurs démocrates de voter («redistricting», limites sur le vote par correspondance, rumeurs de présence d'agents de l'ICE devant les bureaux de vote afin de terroriser les immigrants récents ou les minorités). Mais tout ne se passe pas comme prévu. Ainsi, la cour Suprême, pourtant tout acquise aux Républicains, vient d'invalider plusieurs de ses directives.
Aux États-Unis, le prix de l'essence a une grande influence sur le résultat des scrutins. Si on s'intéresse aux élections présidentielles des 50 dernières années, deux règles se dégagent: un prix du gallon bas ne garantit pas la victoire du président sortant; un gallon élevé garantit sa défaite. Récemment s'est rajoutée une troisième règle: en raison d'un électorat de plus en plus polarisé, les variations du prix du gallon ont moins d'effets sur les chances de réélection que par le passé.
Regardons les chiffres. En janvier 2025, lors de son investiture, la côte de popularité du président était à 47%. Ce pourcentage baisse légèrement au printemps, puis entame une baisse marquée à partir d'octobre 2025, quand les premiers signes d'une opération contre le Vénézuéla se manifestent, pour se stabiliser aux alentours de 33 à 38%. Maintenant, si on s'intéresse au prix de l'essence, il est en moyenne légèrement au-dessus de 3 dollars le gallon au cours de l'année 2025 (les prix à la pompe varient beaucoup selon la fiscalité des États), mais est constamment aux alentours de 4.5 dollars en 2026 (6.5 dollars pour le diesel), conséquence avant tout du blocus du détroit d'Ormuz.
D'ici aux élections de mi-mandat au début novembre, Donald Trump devrait multiplier les déclarations, les promesses, les initiatives et les menaces. Elles auront peu de chances d'influer durablement le prix du gallon. S'il ne baisse pas, le parti républicain pourrait bien perdre sa majorité dans les deux Chambres. Et si tel était le cas, le président sortant ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même. Avec sa soif insatiable de pétrole, il aura instigué sa propre défaite. Il n'est définitivement pas prêt d'obtenir le Nobel.




























.jpg)






French (CA)