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Avant Tinder, les cœurs solitaires passaient par le journal. Pendant près de 40 ans, Christine et Isabel ont été aux premières loges de leurs histoires.
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Par Raphaël Lardeur Publié le 19 juil. 2026 à 9h55
Un jour, Christine se retrouve avec plusieurs photos de phallus entre les mains. Sans sommation. « Là, on éclate de rire avec ma collègue. » Des clichés sans équivoque, censés répondre à une petite annonce amoureuse. Problème : sur l’enveloppe ne figure pas la référence à laquelle ces autoportraits étaient destinés. « Je suis contrainte de l’ouvrir pour vérifier. »
Christine n’a jamais officié dans le monde de la pornographie, mais plutôt dans celui du journalisme. Aujourd’hui à la retraite, elle a, pendant 38 ans, été assistante de clientèle de notre journal l’Orne Hebdo. À l’instar de sa remplaçante, Isabel, que vous allez entendre dans ce nouvel épisode du podcast « Les gens du coin », elle gérait les petites annonces amoureuses. Des anecdotes, elle en a plein.
Des milliers de lettres
« On voyait bien les timides qui débarquaient à la rédaction. » Les petites annonces amoureuses, c’est tout le contraire des applications de rencontre. Pour espérer être lu de tous, il faut se déplacer, écrire un texte court et cohérent, ne pas envoyer de photos et payer 30 euros pour quelques semaines. Ça fait cher l’abonnement éphémère.
Et après ? « Ils attendent les réponses, des lettres qu’ils viennent chercher au secrétariat. » Des milliers, des dizaines de milliers de missives amoureuses, toutes différentes, toutes singulières atterrissent alors sur le bureau de Christine et d’Isabel. Leur seul point commun : donner envie à la personne derrière ces énigmatiques lignes d’accepter une rencontre. Ça fait beaucoup d’histoires.
Et quelles histoires
Christine repense à cette femme « pas très âgée » dont le fantasme était de rencontrer d’autres hommes lors de longs déplacements professionnels de son mari. « Les messieurs venaient me raconter que c’était un genre d’arrangement entre eux. »
Dans les années 1980, il y a eu ce cas de prostitution déguisée. « Je n’ai rien vu du tout. » Une jeune femme « venue des pays de l’Est » pour « fuir la misère » proposait des services de ménage dans les petites annonces amoureuses. « C’est vrai, ça m’a fait bizarre. Là encore, quelques semaines plus tard, des hommes sont passés au journal pour rapporter la supercherie. Ce n’était pas de ménage dont elle voulait discuter, plutôt d’intimité. Je n’ai évidemment plus accepté qu’elle publie chez nous. » Comment vérifier les intentions des autrices et des auteurs des annonces ? Impossible.
Aujourd’hui, face à la montée des applications de rencontre, les petites annonces semblent plus confidentielles. « Elles attirent les personnes âgées, dépassées par Internet », précise Isabel, la remplaçante de Christine.
Pour écouter l’intégralité de leurs histoires, actu.fr vous invite à écouter le podcast « Les gens du coin », disponible ici.
Disponible gratuitement sur toutes les plateformes
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Bonne écoute !
Retrouvez également ici tous les épisodes du podcast Les gens du coin.
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