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C'est bien la chose qui caractérise la planète la plus connue, après la Terre: sa couleur rouge. Cette poussière martienne a toujours intrigué les chercheurs et représentait un mystère. Mais de récentes recherches sont venues rebattre les cartes.
Dans une étude publiée le 24 septembre 2026 dans la revue Communications Earth & Environment, des scientifiques ont établi un lien entre un processus chimique créant de nouveaux minéraux et la poussière martienne. Ses auteurs affirment que cette même réaction chimique pourrait rendre la poussière rouge et magnétique sur Mars, même en l'absence d'une longue période chaude et humide. Ecoticias revient sur ces nouvelles découvertes dans un article.
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Tout est parti de poussière enfouie à plus de 700 mètres de profondeur. Celle-ci se trouvait dans une carotte de glace antarctique, à une température comprise entre -7°C et -6°C. Les chercheurs y ont découvert de nouveaux minéraux de fer, qui s'étaient créés à l'intérieur. La carotte de glace a été forée sur l'île de Roosevelt, située au sein de la plateforme glaciaire de Ross –la plus grande plateforme de glace flottante au monde, qui se trouve en Antarctique. Chaque couche de cette carotte contenait de la neige, des gaz et de la poussière transportée par le vent de son époque.
Les auteurs de cette étude, menée par Luca Lanci, de l'université d'Urbino en Italie, indiquent avoir analysé plusieurs centaines de grains individuels. Ces grains provenaient de dix niveaux de profondeur, situés entre 300 et 750 mètres. Dans les dernières couches de glace, datant des époques les plus anciennes, de nombreux grains étaient agglomérés et recouverts de cristaux.
Plusieurs minéraux retrouvés
Parmi les particules trouvées, il y avait de la jarosite –un sulfate de fer et de potassium courant sur Mars mais rare sur Terre. Plusieurs des scientifiques de l'étude en avaient déjà observé en 2021, lors de recherches sur l'intérieur de la glace profonde du dôme de Talos, en Antarctique oriental.
Un échantillon prélevé à 755 mètres contenait des cristaux plats de jarosite ainsi que de petites quantités de ce qui semblait être de la goethite, un minéral. À environ 710 mètres, de minuscules cristaux d'hématite ou de maghémite recouvraient des amas entiers de poussière. Luca Lanci et l'une des coautrices de l'étude, Barbara Delmonte, de l'université de Milan-Bicocca, ont interprété cela comme «une mosaïque de micro-environnements».
En mars 2004, la NASA a rapporté qu'un aimant du rover Opportunity avait accumulé de la poussière magnétique récoltée sur Mars. Après analyse, l'agence en a conclu que «la quasi-totalité des particules de poussière présentes dans l'atmosphère martienne sont magnétiques». Une étude de 2025 a montré que la ferrihydrite, un oxyde de fer contenant de l'eau, pourrait ainsi expliquer la couleur rouge de la poussière martienne.
Mais les récents travaux mettent en avant une nouvelle piste, celle d'un processus chimique formant des minéraux de fer, à l'image de ce qui a été observé dans la carotte glaciaire. Les échantillons de l'étude proviennent de l'Antarctique. Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs ont développé un test à effectuer lors de futures missions sur Mars. Si leur hypothèse est correcte, la poussière martienne devrait présenter des noyaux de roche ignée enveloppés d'une couche protectrice, avec des oxydes de fer étroitement liés à des sulfates.





























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