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Le cinéma-théâtre de Vire Normandie, dans le Calvados, a 30 ans. Un bâtiment orignal qui a peu à peu trouvé sa place dans le paysage de la ville.
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Par Rédaction La Voix Le Bocage Publié le 27 sept. 2026 à 21h46
Ouvert en 1996, le cinéma-théâtre de Vire Normandie (Calvados) a fêté ses trente ans samedi 20 septembre 2026. Trente années durant lesquelles il s’est imposé dans le paysage culturel local. Difficile, aujourd’hui, d’imaginer la ville sans cet équipement, né pourtant d’un pari audacieux.

Un projet ambitieux
Pour Pascal Martin, actuel maire de Vire Normandie, le bâtiment est désormais indissociable de la ville.
On a l’impression qu’il a toujours été ici.
Pourtant, au début des années 1990, le projet pouvait sembler ambitieux pour une ville de cette taille. À l’origine, Jean-Yves Cousin, alors maire de Vire, souhaite créer un équipement réunissant cinéma et théâtre. « Il fallait que la folie devienne raisonnable », résume-t-il. Au-delà de l’équipement, son ambition est de faire de la culture un outil d’aménagement du territoire et de permettre aux habitants d’accéder plus largement aux pratiques artistiques.
La culture est essentielle à notre vie.
Le projet doit beaucoup aux rencontres, notamment avec Éric de Dadelsen, fondateur du théâtre du Préau, et l’architecte Jean-Jacques Morisseau. « Ça a matché tout de suite », se souvient Jean-Yves Cousin. Trente ans plus tard, il évoque avec émotion cette aventure et ceux qui y ont participé.
Une architecture pensée pour la ville
Pour Jean-Jacques Morisseau, le choix de conserver le théâtre au cœur de la ville était essentiel.
Une ville sans théâtre, c’est une ville qui n’existe pas.
Le projet a dû réunir les contraintes du théâtre et du cinéma, tout en conservant certains éléments de l’ancien bâtiment. Mais l’objectif était surtout de concevoir un équipement « qui participe à la vie d’une ville ». Le bâtiment est lui-même devenu une signature architecturale. Le cuivre, dont la patine verte s’est accentuée au fil du temps, en est l’un des éléments les plus reconnaissables. Un matériau choisi pour durer : « Il vieillira plusieurs centaines d’années », rappelle Jean-Jacques Morisseau.
Un lieu qui continue d’évoluer
Depuis 1996, le Basselin et Le Préau font vivre, sous un même toit, cinéma et théâtre. Pour Sandrine Dolet, directrice du cinéma Le Basselin, le cinéma s’est développé et modernisé au fil des années : diversification de la programmation, nouveaux équipements, accessibilité et reconnaissance par plusieurs labels du CNC. Il est devenu un lieu ouvert à tous les publics, au-delà de la simple diffusion de films. « L’émotion d’une séance est toujours palpable », souligne-t-elle.

Un lieu qui crée du lien
Récemment nommée à la direction du Préau, Charlotte Lagrange insiste, elle aussi, sur le rôle du lieu dans la vie du territoire. Pour elle, la culture permet de créer du lien, de donner accès aux œuvres et de renforcer la vie collective. « La culture donne des forces, l’art donne des forces. » Elle souligne également la richesse de Vire, où cinéma, théâtre et autres équipements culturels sont réunis à proximité des habitants : « On a une vraie richesse dans un cadre de vie extrêmement rare. »
Une histoire à poursuivre
De Jean-Yves Cousin à Charlotte Lagrange, en passant par Jean-Jacques Morisseau et Sandrine Dolet, tous font ressortir une même idée : un équipement culturel ne vit que s’il reste ouvert sur la ville et ses habitants. Pour Marie-Line Guedj, adjointe à la culture, ces trente années sont celles « de cinéma, de théâtre, de spectacles, de rencontres, d’émotion et de souvenirs partagés par plusieurs générations de Virois ».
Trente ans après le pari imaginé dans les années 1990, l’enjeu est désormais de poursuivre cette histoire. Pour Pascal Martin, il s’agit de « continuer à faire vivre ce lieu », afin qu’il demeure un espace de culture, de rencontre et de transmission pour les générations futures.
Cinéma-théâtre : une mémoire en images
Le photographe virois Serge-Philippe Lecourt présente, jusqu'au 21 novembre, une exposition d'une vingtaine de photographies dans les galeries du Cinéma-Théâtre. Elles retracent notamment la démolition de l'ancien Basselin, sa reconstruction en 1994-1996 et l'évolution du lieu au fil des trente dernières années.
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