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Les membres de la Table régionale des élu(e)s municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) demandent aux futurs élus de l'Assemblée nationale de ne pas oublier les régions. Ils réclament des engagements pour qu'on respecte leur autonomie comme gouvernement de proximité et qu'on leur fournisse les moyens financiers nécessaires pour offrir les services nécessaires à leurs concitoyens.
Le président de la TREMBSL, Bruno Paradis, affirme que la demande centrale des élus est la reconnaissance, dans les lois du Québec, du rôle des municipalités.
Il rappelle que ces entités se voient attribuer de plus en plus de responsabilités, sans nécessairement disposer des moyens nécessaires pour les assumer.
Celui qui occupe aussi les fonctions de maire de Price et de préfet de la MRC de La Mitis donne l'exemple de la crise du logement pour illustrer les ajouts aux devoirs des villes.

Le président de la Table, Bruno Paradis, affirme que les élus municipaux du Bas-Saint-Laurent espèrent que Québec leur donne les moyens de s'acquitter de leurs responsabilités.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Il explique que Québec a permis aux municipalités d'utiliser l'enveloppe du Fonds régions et ruralité pour développer des habitations et soutenir leur population. C'est cinq millions de dollars pour l'ensemble du territoire bas-laurentien. C'est des pinottes! Donc, c'est un peu ce genre de relation là que, trop souvent, on a avec le gouvernement, illustre Bruno Paradis.
Trop souvent, les moyens vont rester à Québec, puis les responsabilités vont descendre à notre niveau.
La mairesse d'Amqui, Sylvie Blanchette, le reconnaît d'emblée : les élus municipaux du Bas-Saint-Laurent ont beaucoup d'attentes, mais elle le justifie par le fait qu'à son avis, la région est peut-être oubliée.
Je pense que [pour] les régions, on donne un petit peu, mais quand on entend des annonces, on entend beaucoup [des annonces] pour les grands centres. C'est comme si le Québec s'arrête à quelque part, soutient-elle.
Les élus municipaux formulent des demandes séparées en 11 thèmes différents.
Attentes principales des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent
Gouvernance régionale
- Reconnaissance dans les lois du Québec du rôle de gouvernement de proximité et le respect de l'autonomie du palier municipal
Transport collectif
- Garantir un financement équitable et adéquat dans les régions rurales
Immigration
- Régionaliser et décentraliser la planification de l'immigration et fournir les ressources conséquentes aux régions
Infrastructures municipales
- Adopter une approche globale et prévisible du financement
Transport routier et aérien
- Investir pour assurer la liaison aérienne et la sécurité routière
Forêts
- Instaurer une gestion régionalisée du territoire forestier
Services de proximité
- Obtenir les moyens de maintenir et d'améliorer les services de proximité dans les régions rurales
Logement et habitation
- Prioriser le soutient aux logements sociaux et réellement abordables
Développement économique et main-d'œuvre
- Investir régionalement pour accroître l'attractivité, la vitalité et l'innovation des entreprises et des territoires
Agriculture et bioalimentaire
- Appuyer la résilience et la vitalité de ce secteur face aux transformations économiques et climatiques
Aménagement du territoire
- Respecter la compétence et l'autonomie municipale en matière d'aménagement du territoire
Questionné sur l'absence du thème de l'environnement dans les attentes des élus, le président de la Table, Bruno Paradis répond qu'il s'agit d'une priorité transversale et que c'est la raison pour laquelle il l'a soulignée en fin de conférence de presse.
Je pense que, le Bas-Saint-Laurent, on l'a toujours démontré, qu'on avait une préoccupation pour l'environnement à travers, entre autres les espèces envahissantes, les plans climat, la filière éolienne qui est directement en lien avec la réduction de notre empreinte de carbone, justifie-t-il.
Malheureusement, [l'environnement] est occulté actuellement dans les discours des différents partis politiques, ajoute Bruno Paradis.
Plaidoyer pour de l'aide pour les services de proximité et la vitalité des communautés
Les élus municipaux du Bas-Saint-Laurent réclament aussi des mesures pour aider à maintenir et à développer des services de proximité dans les différentes communautés.

La mairesse d'Amqui, Sylvie Blanchette, estime que les régions ont été oubliées par les gouvernements.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
La mairesse d'Amqui estime que le Fonds régions et ruralité pourrait être rehaussé pour permettre de mieux soutenir financièrement les entreprises et les organismes communautaires qui desservent les communautés rurales.
Elle rappelle que les aînés composent le tiers de la population de la région et qu'il est primordial qu'ils aient accès à des commerces près de leur résidence.
Le maire de Baie-des-Sables et préfet de La Matanie, Gérald Beaulieu, abonde dans le même sens.

Gérald Beaulieu souhaite que Québec offre aux élus locaux les moyens de mieux habiter le territoire plutôt que de simplement l'occuper.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
On doit également travailler sur la main-d'œuvre qui est un enjeu important. Un vieillissement de population signifie également un réduction de la main-d'œuvre disponible. Donc, il y a différentes stratégies qui doivent être mises en place, ajoute-t-il.
Selon lui, il est temps de réfléchir à des façons d'habiter le territoire plutôt que de simplement l'occuper.
On veut maintenir le dialogue avec nos agriculteurs, avec les paliers gouvernementaux, pour être en mesure d'aménager le territoire pour mieux l'habiter. On ne pourra pas appliquer les orientations gouvernementales mur-à-mur, soutient Gérald Beaulieu.
Les transports, toujours une priorité
La TREMBSL demande au prochain gouvernement de terminer les études entamées sur le prolongement de l'autoroute 20.
Surtout, ils réclament une amélioration rapide de la route 132 et des investissements pour assurer la liaison aérienne entre Mont-Joli et les grands centres.
C'est vraiment un sentiment de recul, lance la mairesse d'Amqui.
Tu peux prendre l'avion à partir de Mont-Joli pour aller à Montréal, mais tu passes par Wabush. C'est la moitié moins de temps en auto. Ça n'a pas d'allure!
Les élus plaident également pour que Québec augmente le financement offert au transport en commun dans les milieux ruraux.


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