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La nuit de jeudi à vendredi a été particulièrement difficile à vivre à Téhéran, soumis à d’intenses frappes américano-israéliennes mettant à rude épreuve les nerfs des habitants exténués par une semaine de guerre.
Ballets d’avions de chasse survolant bruyamment la ville à basse altitude et explosions ont empêché à un grand nombre d’habitants de dormir correctement, surtout dans l’ouest et l’est de Téhéran.
« C’était comme s’il y avait un tremblement de terre. C’était terrifiant », raconte une habitante d’une soixantaine d’années, qui préfère conserver l’anonymat pour sa sécurité.
Il n’était pas possible de déterminer les sites visés ni les dégâts provoqués par ces frappes.
Mais ces nouveaux bombardements ont provoqué vendredi d’immenses nuages de fumée dans le ciel, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« La plupart des logements n’ont pas d’endroit sécurisé, comme un sous-sol, à utiliser comme abri », a souligné une enseignante de 26 ans, jointe à Téhéran depuis Paris.
Il est extrêmement difficile, selon elle, d’être informé de l’éventualité d’une frappe en raison du blocage d’Internet. « La seule source qui signale un ordre d’évacuation lancé par Israël ce sont les chaînes de télévision à l’étranger captées par satellite. Nous devons alors nous dépêcher d’appeler nos proches et chercher refuge », raconte-t-elle.
Les frappes ne sont pas continues. Elles interviennent par vagues, et peuvent être espacées de plusieurs heures, avant de reprendre plus intensément. Elles peuvent cibler un quartier et en épargner un autre dans une ville grande comme 2,5 fois Paris et qui compte en temps normal plus de 10 millions d’habitants.
Les enfants « ont très peur »
Ces derniers jours, les bombardements ont surtout visé des bâtiments militaires et liés aux forces de sécurité, comme le Quartier général des Gardiens de la Révolution ou des commissariats.
Ont également été détruits ou fortement endommagés des installations sportives, à l’instar de l’emblématique stade Azadi, mais aussi des centres médicaux ou des écoles, selon les images prises par l’AFP ou diffusées par les médias locaux.
La vie à Téhéran est devenue « vraiment effrayante » et « les gens sont sous le choc, apeurés par les bruits » venant du ciel, a témoigné Robert, un homme d’affaires interrogé à la frontière entre l’Iran et l’Arménie, où il s’est réfugié.
Selon l’enseignante, qui ne peut plus faire cours, les écoles étant fermées, les enfants sont particulièrement affectés.
« Ils ont très peur. Les plus petits ne veulent pas être séparés de leurs parents. Et on ne peut même pas les occuper à la maison : Internet étant coupé, ils ne peuvent pas jouer en ligne ou regarder des programmes pour enfants ».
La capitale a été vidée d’une partie de ses habitants tandis que des familles dorment dans des parcs après avoir quitté leur logement.
Selon le ministère iranien de la Santé, près de 1 000 personnes ont été tuées dans les frappes, dont environ un tiers d’enfants. L’AFP n’a pas pu vérifier ce bilan de manière indépendante.
Malgré la poursuite des frappes, les médias d’État ont montré les images de nombreuses personnes se rassemblant pour la prière du vendredi, la première depuis le début de la guerre.
Devant la Grande Mosquée de l’Imam Khomenei à Téhéran, des femmes vêtues de noir brandissaient des portraits du guide suprême Ali Khamenei, tué samedi en compagnie de dizaines de hauts-responsables de la République islamique.
Aucune date n’a été annoncée pour la tenue de ses obsèques, après l’annonce mercredi qu’elles étaient reportées.
Ces célébrations ont été très encadrées par les forces de sécurité, omniprésentes sur les grands axes de la capitale, où ils ont installé des check-points.
« Comme la plupart de leurs bases ont été détruites, ces forces n’ont plus vraiment d’endroits où se regrouper. Elles arpentent les rues de leur propre initiative, répandant la peur, contrôlant les téléphones et les harcelant », a témoigné Azad, un architecte.


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