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À l’occasion de la 37e Nuit des sans-abri, Sept-Îles et Uashat mak Mani-utenam unissent leurs forces pour sensibiliser la population, briser les préjugés et réclamer des actions concrètes face à la hausse de la précarité dans la région.
Dans la cuisine du Centre de pédiatrie sociale de Uashat, bénévoles et intervenants s’activent autour de chaudrons pour préparer de la soupe chaude et de la bannique fraîchement cuite. C'est ici que s'est installé le véritable quartier général culinaire de la soirée.

Plusieurs bénévoles se sont impliqués dans cet événement.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Pour Liette St-Onge, coordonnatrice de la Maison Tsheuatshiun, une ressource d'hébergement pour hommes en situation d’itinérance et de vulnérabilité au sein de la communauté innue, ce genre de mobilisation va de soi.

Deux personnes s'activent en cuisine pour préparer la bannique traditionnelle.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Je baigne avec ces gens, je travaille pour eux et c'est important pour moi de montrer que ce sont des êtres humains, des gens comme toi et moi, dit-elle le cœur gros. Ils ont juste besoin de soutien, d'accompagnement. Des fois, ils ont besoin d'être dirigés vers des services. C’est pour ça que j'aime travailler avec ces humains-là.

Liette St-Onge, coordonnatrice de la Maison Tsheuatshiun, coupe des légumes pour la préparation de la soupe populaire.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Un situation difficile sur le terrain
Dans le stationnement à l’arrière des Galeries Montagnaises, centre névralgique à la fois pour Sept-Îles et Uashat, des chapiteaux sont érigés pour accueillir les quelque 200 participants attendus lors de la soirée.
Fruit d’un effort conjoint entre plusieurs organismes, dont Transit Sept-Îles, le Rond-Point, l'Âtre Sept-Îles et les services Tshisheuatishitau de la communauté innue, la population est invitée à se rassembler autour d'un feu avec de la musique, une soupe populaire, une collecte de vêtements chauds et la présence d'un coiffeur bénévole.

Préparation de saumon fumé frais près d'un feu extérieur et d'une tente en toile.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Si le rassemblement se veut chaleureux, le constat sur le terrain demeure d'une grande gravité. Selon le plus récent dénombrement du ministère de la Santé et des Services sociaux, 155 personnes vivaient en situation d'itinérance visible sur la Côte-Nord en 2025, une augmentation de plus de 65 % par rapport à 2022.

Des membres de la communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam et des résidents de Sept-Îles se sont rassemblés autour d'un feu pour la Nuit des sans-abri.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Pour la directrice de Transit Sept-Îles, Valérie Santerre, la hausse du coût de la vie et la crise du logement frappent de plein fouet les ménages de la région. Une raison de plus, selon elle, de redoubler d'efforts, surtout à l'approche de la saison froide.
On a quasiment le même nombre de personnes en situation d'itinérance que dans les grands centres. Mais là-bas, ils ont plusieurs places pour aller. Chez nous, c'est nous ou la rue, c'est le Transit ou la rue. On est à peu près la seule ressource, alerte-t-elle.

Valérie Santerre, directrice de Transit Sept-Îles, sur le site du rassemblement extérieur.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Il y a des familles qui ont un emploi, mais qui sont incapables de payer pour leurs besoins. Ils perdent leur logement, ils dorment dans leur voiture avec leurs enfants. C’est rendu vraiment triste.
Prévenir plutôt que réagir
Au-delà de l'aide d'urgence offerte chaque soir par les refuges, les acteurs du milieu rappellent qu'il faut impérativement intervenir en amont.
Selon Art Campbell, directeur du Collectif québécois pour la prévention de l'itinérance (CQPI), il faut changer d'approche pour éviter que la situation ne s'aggrave.
Actuellement, notre façon de s'attaquer à l'itinérance est un modèle réactif, un modèle curatif où nous attendons que les personnes basculent en situation d'itinérance avant d'agir. […] Notre modèle atteint ses limites. Sans mettre de l'énergie sur les actions préventives, on n'y arrivera pas, a-t-il affirmé au micro de Bonjour la Côte.
La CQPI préconise donc des réformes axées sur trois leviers majeurs, soit la création accélérée de logements sociaux, le renforcement de la protection contre les évictions et le suivi rigoureux lors des sorties d'établissements publics, comme la DPJ, les hôpitaux ou les centres de détention, afin d’éviter que des individus ne basculent directement à la rue.
Avec des informations de Bis Petitpas


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