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Pour cette 35e édition de L'art dans les chapelles, la chapelle Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy (Morbihan), accueille plusieurs œuvres de l'artiste contemporaine Sara Chang Yan.

Par Franck Baudouin Publié le 18 juil. 2026 à 10h36
Ce sont des encres de Chine et acrylique sur bois intitulés Em direção fluir 1, 2 & 3. Sara Chang Yan expose dans la chapelle Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy (Morbihan), à l’occasion de la 35e édition de L’art dans les chapelles. L’artiste sait-elle que cette chapelle est dédiée à une princesse qui a fini décapitée ?
Trois fontaines ont jailli de ses larmes
Selon la légende, sainte Noyale a vécu au VIe siècle. Venue d’Angleterre, elle était en quête d’un ermitage en Armorique. Elle a été décapitée par un chef armoricain éconduit. Stoïque, elle a pris sa tête entre ses mains pour chercher une sépulture.
Noyale est allée se reposer au fond d’un vallon. La légende dit que trois fontaines ont jailli des larmes qu’elle a versées. Puis, elle est allée mourir plus loin, dans un lieu désert et inhabité à cette époque, là où se trouve aujourd’hui le village qui a pris son nom. Sur sa tombe a été élevée la chapelle Sainte-Noyale… Voilà pour la légende.
Douze clochetons dorés
La chapelle Sainte-Noyale a été construite à partir de 1423 sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale qui a été le centre de la paroisse jusqu’au XVe siècle.
Cette chapelle, classée Monument historique depuis mai 1965, est de style gothique. Cet édifice flanqué d’une tour massive surmontée d’une flèche ardoisée et de ses douze clochetons dorés est unique dans toute la Bretagne.
À l’intérieur, restaurés complètement à partir de 1974, les remarquables lambris peints de la voûte du XVIIe siècle illustrent la vie de sainte Noyale, réputée pour guérir les maux de tête.
À l’extérieur, juste à côté, un oratoire consacré à saint Jean Baptiste, a été construit dans la première moitié du XVe siècle. Sur ses trois côtés, des volets mobiles permettent, une fois retirés, de suivre la célébration menée à l’intérieur lors des grands pardons, par exemple.
En face de l’oratoire, se trouve un petit calvaire. Il est assez simple et se compose d’un fût légèrement penché posé sur une base carrée en haut de trois marches. On y voit au sommet : une crucifixion, à l’Ouest, et une Vierge à l’Enfant à l’Est. La date de sa construction est connue par une inscription (en partie effacée aujourd’hui) qui livre aussi deux noms : 1424 C. Le Bras et M. sa femme.
Un dialogue entre la vie et le geste
Pour Sara Chang Yan, le dessin dépasse la simple technique pour devenir un guide vers la quiétude intérieure.
Ses œuvres naissent d’un dialogue entre la vie et le geste, où des concepts abstraits (la tendresse, le mystère ou l’expérience de Dieu) agissent comme des coordonnées pour matérialiser l’invisible.
L’artiste, née en 1982, qui travaille sur l’île Pico, aux Açores, retire systématiquement toute référence au monde figuratif (objets ou récits) pour ne laisser que le vide. Dans ce vide, le dessin devient transparent, révélant une structure invisible de l’être et une spatialité qui imprègne tout.
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