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Les autorités cubaines accusent Washington d’avoir aggravé la crise énergétique avec son blocus pétrolier, alors que l’île peine à assurer une production électrique suffisante avec des infrastructures vieillissantes.
Vue sur La Havane, le 10 juillet 2026, alors que Cuba connaît une nouvelle coupure générale d’électricité. A peine rétabli, le réseau s’effondre de nouveau. Cuba connaît, vendredi 10 juillet, une nouvelle coupure générale d’électricité, la deuxième en cinq jours sur cette île en proie à une sévère crise énergétique, aggravée par le blocus pétrolier imposé par Washington.
Une « déconnexion totale du réseau électrique national » s’est produite à 16 h 30 heure locale (22 h 30 à Paris), a annoncé l’Union électrique de Cuba (UNE), sur les réseaux sociaux. Il s’agit de la quatrième coupure générale en moins de six mois, et de la neuvième depuis fin 2024 sur l’île de 9,6 millions d’habitants.
La dernière a eu lieu pas plus tard que lundi, provoquée par une oscillation de la tension, conjuguée à une faible production électrique liée aux pénuries de carburant. Le réseau avait été rétabli deux jours plus tard.
La déconnexion « est survenue alors qu’une situation énergétique critique affecte déjà gravement le pays », a rappelé le quotidien Granma sur X. « Tous les protocoles de contingence ont été activés afin de donner la priorité au rétablissement du service dans les centres vitaux du pays », notamment les hôpitaux, a ajouté l’organe du Parti communiste cubain (PCC).
« Vivre au jour le jour »
Lundi, le président cubain, Miguel Diaz-Canel, avait mis directement en cause la politique américaine de sanctions contre l’île, accusant Washington de vouloir « provoquer un soulèvement social en étouffant le pays » et qualifiant de « génocidaire » le blocus énergétique en vigueur depuis janvier 2026.
Le réseau électrique cubain subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant. Mais les coupures quotidiennes se sont encore aggravées, depuis que Washington empêche les livraisons de carburant pour alimenter des groupes électrogènes.
Ces derniers complètent la production de sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance. La principale centrale électrique, Antonio Guiteras, située dans l’ouest du pays, est actuellement à l’arrêt, pour réparation. Elle a été arrêtée plus de quinze fois depuis le début de l’année, en raison d’avaries successives.
Cette situation provoque des délestages incessants, qui atteignent désormais plus de 30 heures d’affilée à La Havane, plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans.
Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues, depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Outre le blocus pétrolier, Washington a édicté une batterie de sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains. Donald Trump estime que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu’il pourrait en « prendre le contrôle ».
Les deux pays sont en difficiles pourparlers. Fin juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu’il n’y avait « aucun progrès » dans les négociations en cours.
Le Monde avec AFP


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