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Nouveaux appels à une enquête publique sur le racisme et le profilage au SPVM

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Quatre groupes de la société civile demandent au gouvernement caquiste de déclencher une commission d’enquête publique sur « le racisme policier et le profilage racial au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ».

Hoodstock, la Clinique juridique de Saint-Michel, la Ligue des droits et libertés, ainsi que l’Association canadienne des libertés civiles ont transmis une lettre à la première ministre Christine Fréchette jeudi pour lui faire part de leur demande.

Cette lettre a été envoyée environ une semaine après que le SPVM a annoncé, le 12 juin dernier en soirée, avoir démantelé une équipe du poste de quartier 39, à Montréal-Nord, en raison d’allégations graves de comportements racistes.

Selon les quatre organisations signataires, « les récents événements, tout comme les témoignages, études et décisions judiciaires des dernières années, démontrent l’importance d’une réflexion franche et approfondie sur les manières de lutter contre les pratiques discriminatoires au sein du SPVM ».

À leur avis, « une commission d’enquête publique est le seul mécanisme qui permettrait de répondre au manque de confiance actuel de la population entière vis-à-vis des forces de l’ordre ».

« La population québécoise mérite des institutions publiques qui inspirent confiance, qui respectent les droits et libertés de chacun·e et qui rendent des comptes lorsque des manquements graves sont constatés », ont plaidé les groupes dans leur missive.

Selon eux, « il est essentiel que des mesures structurantes soient mises en œuvre afin d’identifier et de corriger les failles institutionnelles, les pratiques discriminatoires et le manque d’imputabilité qui ont permis à des pratiques racistes de perdurer au sein du SPVM ».

Les employés municipaux noirs réclament des solutions

Des fonctionnaires noirs travaillant pour la Ville de Montréal se sont aussi joints à ce mouvement de plus en plus important réclamant des réformes majeures pour lutter contre le racisme systémique.

Un comité représentant les employés noirs a publié une lettre exigeant des mesures concrètes pour résoudre le problème.

La Presse canadienne rapportait par ailleurs jeudi que des employés noirs du SPVM ont également adressé une lettre à un haut responsable de la police, dans laquelle ils exprimaient leur crainte de subir des représailles pour avoir dénoncé des cas de racisme.

Le cabinet de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a confirmé avoir reçu ces deux lettres.

Dans cette nouvelle lettre, les employés municipaux affirment qu’ils tentent depuis des années de dénoncer le racisme et qu’ils veulent des solutions, plutôt que des promesses d’étudier davantage la question.

Ils avancent que le racisme ne se limite pas aux forces de police de la Ville, les cols bleus ayant pris plusieurs mesures pour faire part de leurs préoccupations, notamment en rencontrant les services des ressources humaines et les responsables, ainsi qu’en rédigeant des notes de service et des recommandations.

Fréchette ne ferme pas la porte

Jusqu’à présent, l’enquête amorcée en mars par le SPVM a mené à la suspension de 2 policiers — dont les dossiers ont été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales — et à la réaffectation de 14 autres.

L’enquête du SPVM concerne des allégations de « gestes et de comportements inacceptables ». Selon ce qu’ont rapporté plusieurs médias, des policiers auraient notamment coupé les cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des « trophées ».

Vendredi matin, la première ministre Fréchette a réitéré qu’elle ne ferme pas la porte à déclencher une enquête publique, mais elle a souligné vouloir d’abord attendre de connaître le résultat de l’enquête qui est déjà en cours.

« Les gestes qui ont été posés sont totalement inadmissibles. Donc ça, c’est une première affirmation que je tiens à faire, parce que j’ai peine à croire que ces pratiques-là ont eu lieu en 2026 au sein du corps policier », a-t-elle affirmé lors d’un point de presse sur un autre sujet à Joliette.

La première ministre a ensuite rappelé que Québec s’est engagé à nommer un « observateur indépendant » pour suivre l’enquête déjà amorcée, et que l’identité de cette personne sera dévoilée « très bientôt ».

« Toutes les possibilités sont sur la table, mais on veut, dans un premier temps, avoir les résultats, les constats, découlant de cette enquête », a mentionné Mme Fréchette.

Dans leur lettre, les quatre groupes signataires ont plaidé que la nomination d’un observateur indépendant est une mesure « tout à fait insuffisante ».

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, n’avait pas non plus exclu l’idée de déclencher une enquête publique « si l’enquête ne permet pas de faire toute la lumière sur les événements ».

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