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REPORTAGE - Sur un nouveau chantier finalement autorisé par Kiev, les archéologues polonais ont exhumé une cinquantaine de corps depuis juillet. Pour eux, chaque coup de truelle ébranle des décennies de déni ukrainien sur les actes de leurs milices nationalistes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Passer la publicitéDes notes d’orgue s’échappent de la forêt. Étonnante mélodie après des kilomètres à travers les tournesols sans croiser âme qui vive. Au bout du chemin, deux tentes blanches de chantier ont été dressées. Les archéologues, en combinaison, ont laissé un moment leurs truelles et tamis pour assister à la célébration. Tout autour, près de 700 croix en pierre et en fer de toutes tailles se dressent sur la mousse fraîche, étreintes de rubans rouge et blanc, les couleurs polonaises. C’est en souvenir de ces victimes, assassinées il y a quatre-vingt-trois ans, et des 49 autres dont les corps viennent d’être exhumés, que les prêtres en aube violette font monter leurs prières autour de l’autel.
Au premier rang, venus de Varsovie, le président de l’Institut de la mémoire nationale (IPN), Karol Polejowski, échange la « paix du Christ » avec le ministre en charge du Bureau des anciens combattants et des victimes de l’oppression, Lech Parell. La délégation, exclusivement polonaise, est venue de Varsovie…


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