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Avant même le coup d’envoi, Irlande-Israël se joue déjà sur le terrain politique, et les crampons sont sortis.
Une déclaration assumée, alors que le technicien islandais avait également expliqué qu’aucun membre de son groupe ne se sentait véritablement à l’aise à l’idée de disputer ces rencontres. L’Irlande doit affronter Israël le 27 septembre à Debrecen, en Hongrie, puis le 4 octobre à Bačka Topola, en Serbie. Deux rencontres délocalisées sur terrain neutre dans un contexte particulièrement tendu.
La réponse de la Fédération israélienne de football n’a pas vraiment cherché l’apaisement. Elle a accusé Hallgrímsson de « stupidité, ignorance et hypocrisie » et envisagerait également une plainte auprès de l’UEFA.
Autrement dit, le ballon peut attendre : le tacle est déjà parti.
Mais cette sortie israélienne a provoqué une réaction au plus haut niveau de l’État irlandais. Depuis New York, où il assistait à l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Micheál Martin a qualifié les attaques contre Hallgrímsson d’« inacceptables » et demandé leur retrait.
Martin s’est notamment référé aux déclarations du secrétaire général de l’ONU António Guterres sur l’ampleur des morts et des destructions à Gaza. Puis il a ajouté : « Israël ne peut pas continuer à nier ce que le monde sait et comprend. »
Le mot « génocide » n’arrive pas de nulle part
La polémique dépasse largement une formule de conférence de presse. En septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis et continuait de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza. En juin 2026, cette même commission affirmait encore que des actes génocidaires se poursuivaient, notamment contre les enfants palestiniens.
Israël rejette catégoriquement cette qualification et affirme conduire ses opérations contre le Hamas « dans le respect du droit international ».
Il faut également distinguer les conclusions de cette commission de la procédure engagée devant la Cour internationale de Justice. La CIJ examine toujours l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël au titre de la Convention sur le génocide et n’a pas encore rendu son jugement définitif sur le fond.
Une équipe irlandaise sous pression
En Irlande, le malaise ne se limite pas au sélectionneur. Plus de 160 sportifs irlandais ont signé une lettre ouverte réclamant le boycott des rencontres face à Israël. La Fédération irlandaise avait déjà adopté en novembre 2025 une motion demandant à l’UEFA de suspendre Israël des compétitions internationales.
L’UEFA n’a pas donné suite et l’Irlande disputera donc les rencontres.
Hallgrímsson a depuis reconnu que ses déclarations avaient pris une place considérable dans l’actualité de son équipe. Difficile désormais de remettre le football au centre : avant même Irlande-Israël, le principal duel porte déjà sur un mot que Gaza a fait entrer jusque dans les vestiaires européens.


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