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RÉCIT - La petite Zita est morte en janvier 2018 après avoir été hospitalisée dans un état de dénutrition extrême, un cas jugé «rarissime» en France. Ses parents comparaissent devant la cour d’assises de Valence pour «privation de soins ou d’aliments suivie de mort sur mineur». Eux contestent leur responsabilité.
Quand la petite Zita, 16 mois, a été prise en charge en réanimation pédiatrique à l’hôpital de Valence la nuit du 4 janvier 2018, elle pesait 7 kilos pour 68 centimètres. Un poids plume se noyant dans une myriade de sondes médicales, atteint d’une dénutrition sévère, chronique, de type «kwashiorkor». Derrière ce mot barbare se cachent les images d’enfants affamés dans les régions du monde défavorisées. Un cas «extrêmement rare en France», selon le chef de service. La famille de Zita vit pourtant à l’abri du besoin, dans un coquet lotissement jalonné d’oliviers et de piscines privées à Saint-Marcel-lès-Valence, dans la Drôme. À l’hôpital, son pronostic vital est engagé. La petite fille présente des troubles neurologiques, une atrophie cérébrale, une carence en vitamine B, C et en zinc, une insuffisance rénale, des lésions ecchymotiques purpuriques, listera ultérieurement la chambre de l’instruction. Pourquoi n’a-t-elle pas été amenée à l’hôpital plus tôt ?
Dix jours après son admission, une dramatique erreur humaine s’ajoute au calvaire de la petite Zita. Le surdosage d’un médicament anesthésique - la kétamine - durant deux heures est constaté par le personnel soignant. Elle meurt d’un arrêt cardiaque à 12h17, le 14 janvier 2018. Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur les derniers jours de la fillette et l’on se plonge dans l’intimité de la famille C.. On décortique le contenu du frigidaire, le carnet de vaccination de chacun. Se dessine l’image d’un couple éduquant ses cinq enfants en vase clos, dont l’essentiel des contacts se noue au sein de la paroisse locale, prônant l’école à la maison et un mode de vie supposé ultra-sain. De telle sorte que la petite Zita fut essentiellement nourrie au lait de châtaigne après l’allaitement, ce qui a précipité son déclin. Au terme de huit ans d’enquête, les parents ont été renvoyés pour «privation de soins ou d’aliments suivis de mort sur mineur» et sont jugés à partir de mardi devant la cour d’assises de Valence.


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