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Les crèmes solaires seraient-elles toxiques, voire dangereuses pour notre santé, comme le proclament certains sur les réseaux sociaux ? Non, les crèmes solaires proposées en pharmacie sont sécuritaires, elles sont simplement victimes de désinformation sur Internet. Comment et quand faut-il les appliquer ? Nous protègent-elles vraiment contre le cancer de la peau ?
Les dermatologues s’inquiètent de ces messages alarmistes sans aucun fondement scientifique qui prospèrent sur les réseaux sociaux, alors que nous faisons face à « une épidémie de cancers de la peau », lance, excédé, le Dr Joël Claveau, dermatologue spécialisé dans les cancers de la peau au CHU de Québec-Université Laval. « Je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à soulever des questions sur les écrans solaires, alors que personne ne s’en pose sur l’acétaminophène, l’aspirine et les anti-inflammatoires, qui sont des médicaments qui ont plein d’effets secondaires ! Jamais personne n’est mort d’une intoxication ni d’un effet secondaire associé à la crème solaire. Mais, par contre, il y a des milliers de patients qui meurent d’un cancer de la peau chaque année au Canada. »
Le nombre de cancers de la peau ne cesse en effet d’augmenter. Mélanome Canada affirme que l’incidence de ce cancer de la peau souvent très malin s’est accrue de 17 % entre 2023 et 2024. Environ 11 300 personnes reçoivent un diagnostic de mélanome chaque année au pays, et environ 1200 d’entre elles en décèdent. « Actuellement, un Canadien sur cinq développe un cancer de la peau [mélanome ou carcinome], et la plupart d’entre eux en développeront plus d’un durant leur vie. Si rien n’est fait pour protéger le public [des méfaits du soleil], ce sera une personne sur quatre qui souffrira d’un tel cancer au cours de sa vie », affirme le Dr Ivan Litvinov, professeur de dermatologie à la Faculté de médecine de l’Université McGill et chercheur au Centre de recherche de l’hôpital St. Mary.
Pour le Dr Litvinov, il est important que les gens voient l’écran solaire « comme juste un élément d’une protection multimodale ». « Il est important d’éviter de s’exposer au soleil quand il est intense, entre 10 h et 14 h, de porter des vêtements de préférence anti-UV, un chapeau, des lunettes de soleil et d’appliquer de la crème solaire sur les zones de la peau qui ne sont pas protégées, comme le visage et la nuque », dit-il. « C’est une erreur de considérer la crème solaire comme un bouclier », ajoute le Dr Claveau.
Les gens croient souvent que, parce qu’ils ont appliqué une fine couche de crème solaire, ils sont protégés pour le reste de la journée. Ils se sentent en sécurité et restent plus longtemps au soleil sans en appliquer à nouveau, explique le Dr Litvinov, qui dénomme ce phénomène le paradoxe de l’écran solaire.
On recommande officiellement d’appliquer une nouvelle couche de crème solaire toutes les deux ou trois heures, surtout au moment où le soleil est le plus intense. Pour sa part, le Dr Claveau insiste plutôt sur la quantité à appliquer. « Toutes les études démontrent que les gens en utilisent quatre fois moins que nécessaire. Les “snowbirds” qui passent des mois en Floride, au Mexique ou au Costa Rica utilisent une seule bouteille de crème solaire dans tout leur hiver et reviennent complètement bruns. Ils font preuve d’une incompréhension totale de ce qu’est la protection solaire ! […] Il n’y a pas de bronzage sécuritaire. Quand on bronze, on endommage nos cellules », rappelle-t-il, tout en conseillant d’appliquer une couche épaisse et de ne pas oublier les tempes, la nuque, l’arrière des bras et le bas du dos.


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