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Cinéaste autodidacte, Noémie D. Leclerc présente son premier film en carrière, La meilleure façon, c’est par accident, en clôture du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ). Un rêve inespéré pour celle qui a pris son temps avant de revendiquer son identité artistique.
Je vais toujours me rappeler de ce moment-là, confie la réalisatrice de Québec en repensant au jour où elle a découvert le long métrage À l'ouest de Pluton, réalisé par Myriam Verreault. Je me rappelle avoir dit à Hubert : "Hubert, je pense que je suis une artiste.'', ajoute-t-elle timidement.
Hubert, c'est Hubert Lenoir. Ensemble, ils forment un couple dans la vie et un duo artistique inséparable. C'est d'ailleurs au contact du milieu musical de son amoureux qu'elle a fait ses armes en créant des vidéoclips et du matériel visuel pour des artistes de la scène alternative.

« La meilleure façon, c’est par accident » de Noémie D. Leclerc
Photo : Gacieuseté Noémie D. Leclerc
En 2025, sa créativité fut couronnée par le Félix de la pochette de l'année pour l'album Journal d’un loup-garou de Lou-Adriane Cassidy.
Ces années formatrices ont permis à Noémie d'acquérir de l'expérience et de gagner en confiance, se prouvant ainsi qu'elle avait tout ce qu'il fallait pour réaliser son rêve, soit faire des films.

Un extrait du film « La meilleure façon, c’est par accident » de Noémie D. Leclerc
Photo : Gracieuseté Noémie D. Leclerc
Mais elle se demande si des projets comme son roman Darlène et les vidéoclips n'étaient pas simplement une façon de s'occuper, en attendant d'accumuler suffisamment de confiance et d'élan pour faire le grand saut.
C'est pas des portes qui sont ouvertes à tout le monde, puis n'importe qui, souligne-t-elle, en ajoutant avec aplomb qu’elle ne changerait rien à son parcours.
Je viens d'un milieu très col bleu : on est coiffeuse, on travaille dans la construction... Ce sont les métiers qui s'offrent à nous ou qui font partie de notre quotidien. Je n'avais pas vraiment l'éducation non plus.
C'est en coréalisant le vidéoclip Recommencer d'Hubert Lenoir, avec Gabriel Lapointe, qu'elle affirme avoir véritablement appris la réalisation sur le terrain. Je suis sa plus grande fan, c'est la personne qui m'a vraiment introduite au monde de la réalisation, lance-t-elle.
Elle croit que l’achat d’une caméra 16 mm d'exception, l'Aaton XTR Prod, pour 35 000 $ à New York il y a quelques années fut déterminant dans sa décision d’aller de l’avant et de rêver grand. Les dernières années m'ont donné confiance et de l’assurance. Puis, peut-être aussi que j'étais tannée d'être un peu à côté, dit-elle.
La meilleure façon, c’est par accident est un film qui s’inscrit dans la lignée du cinéma direct. Je m’en suis vraiment foncièrement inspirée, explique Noémie. La caméra achetée en fait foi puisque c’est le même modèle qu’utilisait l'un des pionniers du cinéma direct, le cinéaste Michel Brault.

La mère de Noémie D. Leclerc participe au film « La meilleure façon, c’est par accident ».
Photo : Noémie D. Leclerc
Le film met en scène sa mère, son grand-père et des amis. La mort de son père adoptif, Joe, est le point de départ de ce récit intimiste où, plutôt que de filmer des événements extraordinaires, elle utilise les codes du cinéma direct pour saisir les petites choses du quotidien.
C’est avant tout pour créer une trace indélébile de ses proches et les rendre immortels sur pellicule qu’elle les amène à se confier. J'ai voulu me poser la question : c'est quoi qui est du cinéma dans le fond, sinon que de filmer les gens qu'on aime, créer un support qui va durer éternellement, dans mon cas, la pellicule, puis les rendre immortels. Est-ce que c'est pas le plus beau cadeau qu'on peut se faire, puis leur faire dans le fond?, s'interroge-t-elle.

Un extrait du film « La meilleure façon, c’est par accident » à l'affiche dès le 18 septembre.
Photo : Noémie D. Leclerc
La cinéaste a eu l’aide et l’écoute de la productrice Kim McGraw et de la cinéaste Myriam Verreault. Tu sais, encore aujourd'hui, j'ai de la misère à dire que je suis une artiste, dit-elle en souriant.
Mais ce film-là, et puis Myriam, ce qu’elle m’a donné, c’est tellement un beau cadeau! Mon Dieu, j'espère que je vais avoir la chance de le donner à d'autres jeunes, comme à la moi de 15 ans, lance-t-elle.
La meilleure façon, c’est par accident sera présenté au théâtre Le Diamant samedi dans le cadre du FCVQ.
La première montréalaise aura lieu le 16 septembre au Théâtre Outremont. Le film sortira en salle partout au Québec le 18 septembre.


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