Des hommes en armes avaient simultanément attaqué des écoles maternelles et primaires dans le sud du pays, vendredi.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 12:59 | mis à jour aujourd'hui à 13:07 - Temps de lecture :

Fin avril, c'est un orphelinat qui avait été attaqué à Lokoja, dans le centre du Nigeria. Photo Sipa/AP/Haruna Yahaya Fin avril, c'est un orphelinat qui avait été attaqué à Lokoja, dans le centre du Nigeria. Photo Sipa/AP/Haruna Yahaya

La police avait évoqué une « attaque coordonnée », sans préciser le nombre de victimes. Ce sont finalement 46 personnes, principalement des enfants, qui ont été enlevées au Nigeria lors de l’attaque de trois écoles vendredi dans le sud du pays, a déclaré l’Association des Chrétiens du Nigeria (CAN) ce lundi.

Des hommes en armes avaient simultanément attaqué l’école maternelle et primaire baptiste de Yawota et deux autres établissements à Esiele, tous situés dans l’État d’Oyo. Les enfants sont âgés « de 2 à 16 ans », a indiqué le révérend Elisha Olukayode Ogundiya, président de la CAN dans l’État d’Oyo. Il a précisé ne pas avoir d’information sur l’identité des assaillants ni sur une éventuelle demande de rançon.

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Dimanche, le gouverneur d’Oyo, Seyi Makinde, avait affirmé que sept enseignants faisaient partie des personnes enlevées et qu’un professeur d’études coraniques avait été tué pendant l’attaque. Selon lui, les attaquants appartiennent à des groupes armés qui fuient leur fief du nord-ouest du pays où ils subissent une intense pression de la part des forces armées nigérianes.

L'état d'urgence déclaré

Le Nigeria est confronté à des violences émanant de groupes djihadistes et de bandes criminelles, localement appelés « bandits », qui pratiquent des enlèvements contre rançon dans des régions rurales, surtout dans le nord et le centre du pays. Les enlèvements dans des écoles sont rares dans l’Etat d’Oyo - dans le sud - l’un des plus peuplés du Nigeria et dont la capitale, Ibadan, est un important centre éducatif du pays. Face à la recrudescence des attaques de bandits et de djihadistes dans la moitié nord du pays ces derniers mois, Abuja a déclaré l’état d’urgence sécuritaire dans le pays et le président Bola Tinubu a ordonné l’intensification de la lutte contre les groupes armés.

Le président américain Donald Trump avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes », ce qu’Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans. L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait mené le jour de Noël des frappes dans l’État de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des djihadistes du groupe État islamique (EI). Washington a depuis déployé environ 200 soldats au Nigeria pour soutenir et former ses forces armées.

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