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Chaque été, c'est la même rengaine. Pour une sortie sur la plage, avoir un look décontracté version bord de mer ou juste parce qu'il fait trop chaud: vos tongs deviennent vos meilleurs partenaires de vacances. Enfin, sur le papier.
Dans les faits, elles ressemblent davantage… à vos meilleures ennemies! Véritable cheval de Troie pour les bactéries, la tong peut transformer votre été en odyssée des mycoses. Et on ne parle pas là du dernier film de Christopher Nolan, mais bien de vos pieds, qui ne méritent clairement pas de porter ce genre de chaussures, qui sont bien plus crades que vous ne l'imaginez.
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Bactéries, mycoses, infections...
Cela peut paraître paradoxal. Avec les orteils à l'air, on pourrait en effet penser que les tongs permettent d'aérer vos petons, de ventiler vos doigts de pied et de balayer les microbes avec le vent. Que nenni! En contact direct avec le sol, les tongs récupèrent en fait facilement poussières, bactéries ou encore champignons, bref, tous les micro-organismes qui traînent.
Un chiffre va vous donner envie de lâcher vos tongs colorées (ou vos Crocs, qui n'y échappent pas). En 2009, des scientifiques américains ont analysé une paire de tongs après seulement quatre jours de promenade à New York. Résultat, ils y ont découvert pas moins de 18.000 bactéries différentes. Et encore, c'est sans compter un passage dans les toilettes publiques, qui peut alourdir vos semelles de quelques milliers de passagers indésirables supplémentaires.
À y regarder de plus près, le problème ne vient pas uniquement d'un sol extrêmement sale, mais aussi de la conception même des tongs. Il faut le dire: la petite lanière qui frotte sur vos doigts de pied, ou entre les orteils, peut vite vous faire passer une sale journée et occasionner de petites plaies.
Avec la transpiration et le contact avec l'extérieur, ces petites blessures créent un environnement particulièrement favorable aux bactéries, qui ne cessent de s'y accumuler. Certaines d'entre elles peuvent alors pénétrer dans l'organisme et provoquer une mycose ou une infection. Parmi ces bactéries, on retrouve notamment… le staphylocoque doré.
Des effets négatifs sur la posture, la marche et... la conduite
Vous pensez en avoir fini? Accrochez-vous, on va ici démonter point par point tout ce qui ne va pas chez ces tongs. Et il reste quelques points négatifs à aborder, notamment sur leur impact sur notre posture. Avec une chaussure classique, le pied est maintenu et le mouvement s'effectue naturellement. Le talon touche le sol, le pied se déroule progressivement, puis les orteils assurent la propulsion. Jusqu'ici, tout va bien.
Avec les tongs, tout fout le camp. Le pied n'est pas maintenu à l'arrière et, pour éviter que la chaussure ne glisse ou ne tombe, les orteils se crispent instinctivement à chaque pas. Ce phénomène, parfois appelé «gripping», oblige les muscles du pied et de la jambe à travailler davantage. À la longue, cette contraction répétée peut même provoquer des tendinites, voire des orteils en griffe.
Tout aussi embêtants, l'absence de maintien, mais également des semelles trop souples et trop fines, peuvent favoriser un affaissement de la voûte plantaire, provoquant des douleurs au niveau du pied et du talon, jusqu'à remonter vers la cheville, le genou, la hanche et même le dos. Le corps fait tout pour compenser, provoquant, à terme, des douleurs chroniques. Des effets négatifs sur les enfants en pleine croissance sont également observés.
Vous n'êtes toujours pas convaincu·e? On a encore un argument phare, que toute personne porteuse de tongs a déjà vécu: ces chaussures se prennent souvent dans les pavés et les trottoirs. Pas si grave? Sauf quand cela se transforme en entorse… un phénomène particulièrement courant l'été.
Dernier point: si vous prenez la voiture, ne pensez même pas à conduire avec vos tongs. Là, on ne parle pas de risque de mycose, mais bien d'une augmentation du risque d'accident grave. La semelle peut se coincer sous une pédale, ou même glisser et gêner le passage rapide de l'accélérateur au frein.
Alternatives (et tongs-chaussettes)
Que faire, nous direz-vous? Déjà, si vous ne pouvez pas vous passer de cette aération des orteils, le mieux serait au moins de laver régulièrement vos tongs. Selon le matériau, elles peuvent être lavées à l'eau et au savon, voire traitées avec un produit contre les mycoses, avant d'être séchées.
Ensuite, vous pouvez aussi, en amont, mieux les choisir. Adieu les tongs en plastique bas de gamme, reines de l'irritation. Place aux modèles fabriqués avec des matériaux adaptés, comme le cuir, qui peut mieux absorber la transpiration, ou encore le caoutchouc naturel. Il existe également des modèles conçus à partir de matériaux plus écologiques, comme le lin ou le latex naturel.
Et n'oubliez pas de regarder la semelle, qui doit être résistante, amortissante, structurée au niveau du talon et offrir un minimum de soutien, comme une bride à l'arrière du pied et des sangles sur le dessus. Mais peut-on encore vraiment parler de tongs à ce stade? On vous laisse juge.
Si vous ne deviez retenir qu'une chose, c'est que les tongs peuvent être adaptées à certains usages temporaires, comme sortir quelques minutes. Mais elles ne doivent pas, pour le bien de vos pieds, devenir la chaussure principale de votre été. Et si vous mettez vos tongs avec des chaussettes, là, nous sommes navrés, mais on ne peut rien pour vous.
Pourquoi envions-nous l'orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou résistent? Vous vous êtes sans doute déjà posé ce genre de questions sans queue ni tête au détour d'une balade, sous la douche ou au cours d'une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L'Explication répond à vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez à [email protected].





























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