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« Ne laissez pas Obama jouer la carte iranienne » pour se faire réelire avertissait Trump en 2012

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International 01/03/2026 23:48 Actualisé le 01/03/2026 23:49

Au lendemain des frappes contre l’Iran, un ancien tweet de Trump accusant Obama d’instrumentaliser une guerre refait surface, relancé par la satire de SNL.

 (L to R) President-elect Donald Trump gives a brief comment about 'Saturday Night Live' before his meeting with U.S. Rep. Cathy McMorris Rodgers (R-WA) at Trump International Golf Club, November 20, 2016 in Bedminster Township, New Jersey. Trump and his transition team are in the process of filling cabinet and other high level positions for the new administration.   Drew Angerer/Getty Images/AFP (Photo by Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

DREW ANGERER / Getty Images via AFP

Dans un sketch dont l’émission a le secret, « Saturday Night Live » rappelle comment Trump accusait autrefois Obama d’instrumentaliser l’Iran : une critique qui résonne aujourd’hui contre lui. BEDMINSTER TOWNSHIP, NJ - NOVEMBER 20: (L to R) President-elect Donald Trump gives a brief comment about 'Saturday Night Live' before his meeting with U.S. Rep. Cathy McMorris Rodgers (R-WA) at Trump International Golf Club, November 20, 2016 in Bedminster Township, New Jersey. Trump and his transition team are in the process of filling cabinet and other high level positions for the new administration. Drew Angerer/Getty Images/AFP (Photo by Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Il avait promis « pas de nouvelles guerres ». Sur le plateau de Saturday Night Live, son double s’en amuse. Au lendemain des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, qui ont notamment tué le guide suprême Ali Khamenei, la célèbre émission satirique américaine diffusée chaque semaine en direct sur NBC a consacré son ouverture à Donald Trump. Et le président américain (version parodie) n’y apparaît pas exactement guidé par la stratégie militaire.

Interprété par James Austin Johnson, le faux Trump lance d’emblée : « Happy World War III to all who celebrate ! » ( Joyeuse 3e Guerre mondiale à tous ceux qui la fêtent ! ») Puis il déroule sa logique absurde. Officiellement ? La sécurité. Officieusement ? « Nous étions un peu lassés de la paix », ironise-t-il, évoquant son fameux « Conseil de Paix »board of peace » en anglais, mais prononcé « bored », lassé de la paix).

Puis vient la pique la plus mordante : la guerre servirait aussi à « distraire des Epstein files ». Le personnage pousse même la blague en chanson : « La guerre ! Ça sert à quoi ? À détourner l’attention de l’affaire Epstein. »

Dans la parodie, il assume même le grand écart avec ses promesses de campagne : « Je sais que pendant ma campagne, j’avais dit pas de nouvelles guerres à l’étranger. Mais bon : j’avais dit guerres au pluriel, non ? Donc j’ai droit à juste une. »

Mais la charge ne s’arrête pas là. Colin Jost, pilier du « Weekend Update », prend alors le relais face caméra. « Cette attaque est peut-être une mauvaise idée. Je ne sais pas. Je ne suis pas vraiment un expert de l’Iran. Alors écoutons quelqu’un qui peut nous expliquer pourquoi on a fait ça… », lance-t-il, faussement hésitant.

À l’écran apparaît un extrait de Donald Trump datant de 2011. On y voit le futur président s’en prendre frontalement à Barack Obama, alors à la Maison-Blanche : « Notre président va déclencher une guerre avec l’Iran parce qu’il est incapable de négocier. Il est faible et inefficace. »

Retour au plateau. Colin Jost commente, pince-sans-rire : « Voilà, ça, c’est le Trump pour qui j’ai voté. » Le contraste est limpide : le candidat qui dénonçait une guerre opportuniste est devenu le président qui la déclenche.

Et si Obama jouait la « carte de l’Iran » ?

Bien avant de frapper l’Iran, Donald Trump accusait déjà Barack Obama de pouvoir déclencher un conflit avec Téhéran pour des raisons politiques. En 2012, en pleine campagne présidentielle, il écrivait sur Twitter : « Ne laissez pas Obama jouer la carte iranienne pour déclencher une guerre afin de se faire élire : faites attention ! » Il suggérait donc qu’un président pouvait déclencher une guerre non pour des raisons stratégiques, mais pour des motifs électoraux comme détourner l’attention, regagner du terrain politique ou encore se maintenir au pouvoir.

Quatorze ans plus tard, c’est lui qui se retrouve accusé par ses opposants d’avoir choisi l’escalade militaire à un moment politiquement explosif. Et c’est cette symétrie que Saturday Night Live exploite sans détour : dans le sketch, la guerre sert à détourner l’attention de l’affaire Epstein, à brouiller l’agenda médiatique, à reprendre la main. C’est précisément ce soupçon que la satire lui renvoie aujourd’hui.

La réalité géopolitique ne tient évidemment pas en une punchline. Mais les archives, elles, ne disparaissent jamais.

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