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Nausées, crampes, diarrhée… il y a 2 000 ans, ces soldats romains étaient infectés par des parasites intestinaux

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Une étude parue le 2 décembre 2025 dans la revue Parasitology révèle que des soldats romains, gardant une partie du mur d’Hadrien au nord de l’Angleterre, étaient contaminés par des parasites intestinaux. Ils souffraient donc de crampes, de diarrhées et de nausées.

La saveur de l’étude des temps passés se trouve dans les petites histoires. Ces petites histoires qui se cachent derrière la grande et qui nous rappellent que nos ancêtres étaient comme nous, avec des joies, des peines, des défauts… et des maladies.

Une nouvelle étude, parue dans la revue Parasitology le 2 décembre 2025, a été menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’Université d’Oxford. Ils ont analysé les égouts des latrines du site de Vindolanda, situé à proximité du mur d’Hadrien. Résultats : trois parasites intestinaux étaient présents et ont certainement provoqué des problèmes digestifs aux soldats romains.

Le mur d’Hadrien est un mur de défense construit d’est en ouest, dans le nord de l’Angleterre, qui a servi entre le 2ᵉ siècle après J.-C. et la fin du 4ᵉ siècle. Le site de Vindolanda, à proximité du mur d’Hadrien, se situe entre Carlisle et Corbridge, deux localités du nord de l’Angleterre.

Site de Vindolanda // Source : Capture écran -Google Maps -NumeramaSite de Vindolanda. // Source : Capture écran Google Maps par Numerama

Trois types de parasites à cause d’un manque d’hygiène

Cinquante échantillons ont été récoltés sur environ neuf mètres d’égouts contenant des déchets qui proviennent des latrines communes (parce que, oui, à l’époque, les Romains allaient aux toilettes ensemble… sympa, non ?). Plus d’un quart des échantillons contenaient des œufs de l’une des trois espèces retrouvées.

« Les trois types de parasites que nous avons trouvés pourraient avoir entraîné une malnutrition et provoqué des diarrhées chez certains soldats romains », a déclaré Marissa Ledger, l’autrice principale de l’étude, affiliée à l’université de Cambridge, dans un communiqué publié le 19 décembre.

« Malgré la présence de latrines communes et d’un système d’égouts à Vindolanda, cela n’a pas empêché les soldats de se contaminer mutuellement avec ces parasites », ajoute Patrik Flammer, l’un des auteurs de l’étude, lié, lui, à l’Université d’Oxford.

œufs de Trichuris sp. (gauche), Ascaris sp (droite). Deux des parasites retrouvés, vus au microscopeŒufs de Trichuris sp. (gauche), Ascaris sp (droite). Deux des parasites retrouvés, vus au microscope. // Source : Parasitology

Les parasites se répandent à cause d’une hygiène approximative lorsque de la matière fécale humaine contamine l’eau, les aliments ou encore les mains des personnes (d’où l’importance de se laver les mains après un passage au toilettes).

Les soldats romains avaient la diarrhée

Certains soldats romains sont donc probablement tombés malades, peut-être gravement, et ont souffert de déshydratation « lors des épidémies estivales de giardiase, souvent liées à l’eau contaminée et pouvant infecter des dizaines de personnes simultanément », détaille Piers Mitchell, l’un des auteurs de l’article. Il souligne, par ailleurs, que ce parasite, nommé Giardia (et donnant la giardiase), peut rester dans le corps durant des semaines, « provoquant une fatigue intense et une perte de poids importante » s’il n’est pas traité.

Pourquoi étudier une infection parasitaire intestinale ? Adrian Smith, l’un des auteurs de l’étude, explique que cela permet de connaître :

  • les agents pathogènes qui ont existé en même temps que nos ancêtres,
  • leurs variations en fonction du mode de vie de leurs hôtes,
  • leur évolution au fil du temps.

Andrew Birley, qui a dirigé les fouilles du site de Vindolanda en conclu : « Les fouilles à Vindolanda continuent de mettre au jour de nouveaux éléments qui nous aident à comprendre les incroyables difficultés rencontrées par ceux qui étaient en poste à cette frontière nord-ouest de l’Empire romain il y a près de 2 000 ans, remettant en question nos idées préconçues sur ce qu’était réellement la vie dans un fort et une ville frontalière romaine. »

Pour aller plus loin

Les différents types d'artefacts analysés dans cette étude comprennent les morceaux de goudron de bouleau « mâchés, le goudron utilisé pour l'abattage. // Source : Ancient DNA and biomarkers from artefacts: insights into technology and cultural practices in Neolithic Europe - modifiée par Numerama

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