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Le naufrage est un énorme drame pour ce petit pays anglophone d’Amérique du Sud qui compte 1 million d’habitants.

Les recherches se poursuivent au Guyana après le naufrage d’un ferry avec 133 personnes à bord, dont la moitié, soit 67, ont réchappé à la catastrophe mais l’autre moitié, soit 66 personnes, sont toujours portées disparues, ont annoncé les autorités dimanche 19 juillet. Le naufrage est un énorme drame pour ce petit pays anglophone d’Amérique du Sud qui compte 1 million d’habitants.

« Les opérations de recherche et de sauvetage progressent. Soixante-sept personnes, dont 15 enfants, ont été secourues jusqu’à présent », a écrit sur son compte Facebook le ministre des travaux publics, Juan Edghill, sans évoquer le nombre de morts. Dans une vidéo, il précise à des proches que « c’est une grosse vague qui a renversé le Barima », ferry parti de la capitale Georgetown dans la nuit de samedi à dimanche pour rallier une localité en pleine jungle.

« A la mi-journée, le centre de coordination continue de superviser une vaste opération de recherche et de sauvetage. 67 personnes ont été secourues : 41 hommes, 11 femmes et 15 enfants. Parmi les enfants, six sont des garçons et neuf sont des filles », selon un communiqué du gouvernement. « La zone de recherche a été étendue de 400 kilomètres carrés à 1 070 kilomètres carrés (…). Des pêcheurs locaux, qui possèdent une connaissance approfondie de la région, se sont également joints aux opérations », selon le texte.

« Nous dormions tous » quand le bateau s’est renversé, a affirmé Wayne Kitson, un survivant de 18 ans, interrogé par le média local Kiskadee Watch à Charity, un village situé sur la côte nord-ouest. Il craint que sa femme et leur fille n’aient péri lors du naufrage. Légèrement blessé au bras droit, à une jambe et au cou, il raconte avoir « nagé dans l’océan de 10 heures du soir à 4 heures » du matin avant d’être secouru.

Dans la matinée, le premier ministre, Mark Phillips, avait donné à l’Agence France-Presse (AFP) par téléphone un premier bilan de 53 personnes secourues, tout en espérant que ce chiffre augmente. « Le ferry a chaviré, et nous sommes en phase de recherches et de sauvetage. Cette opération de recherches a été étendue et se poursuit », a précisé le dirigeant un peu plus tard lors d’une conférence de presse. Les survivants ont été ramenés à terre sur la côte au nord-ouest du pays.

Le bateau, le MV Barima, ralliait Georgetown, au village de Port Kaituma, à l’intérieur des terres dans le nord-ouest, dans la région de l’Essequibo. Le bateau devait emprunter la mer avant de remonter un cours d’eau pour atteindre Port Kaituma, situé en pleine forêt tropicale. Selon le site Vesselfinder, il avait été construit en 1939 et était donc en service depuis 87 ans.

116 passagers et 17 membres d’équipage

Le ferry a envoyé un message de détresse samedi vers 23 heures, heure locale (5 heures, heure de Paris) et transportait 116 passagers pour 17 membres d’équipage, a précisé M. Edghill lors du point presse. « Nous gardons l’espoir de retrouver » toutes les personnes à bord, a-t-il déclaré, jugeant qu’il était « trop tôt pour se montrer trop catégoriques sur un certain nombre de points ».

« Vers 15 h 15 [samedi, 21 h 15, heure de Paris], le MV Barima est parti [de Georgetown] avec 116 passagers plus l’équipage à destination de Port Kaituma », avait détaillé le ministre dans une vidéo sur Facebook dans la nuit, au moment où les opérations de secours étaient déclenchées et huit personnes déjà sauvées. « Des moyens publics et privés » ont été mobilisés, avait-il précisé.

« Une opération de recherche et de sauvetage est en cours, et nous prions pour la sécurité de tous », avait ajouté le ministre, précisant que le navire était doté de 250 gilets de sauvetage et qu’un bateau avait été dépêché sur les lieux pour prodiguer des soins.

L’Essequibo, territoire de 160 000 kilomètres carrés riche en pétrole, est administré par le Guyana depuis plus d’un siècle. Il se trouve au cœur d’un différend avec le Venezuela, les deux pays s’opposant sur le tracé de leur frontière commune.

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier

Le Monde avec AFP