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Le navire a chaviré au nord-ouest, au large de l’Essequibo, région revendiquée par le Venezuela. Le nombre exact de disparus n’est pas confirmé à ce stade, le manifeste du navire s’étant révélé imprécis, selon les autorités.

Les recherches se poursuivaient, dimanche 19 juillet, au Guyana après le naufrage d’un ferry qui a fait au moins deux morts, un homme et une femme. Selon les autorités, « 67 personnes ont été secourues » mais le nombre de disparus reste incertain, le ministre des travaux publics, Juan Edghill, affirmant que le manifeste du navire ne reflétait pas « fidèlement [le nombre de] personnes présentes à bord ».

Le document faisait état de 133 passagers et membres d’équipage mais pourrait ne pas correspondre à la réalité. Le ministre s’est dit « indigné » par cette découverte, laissant entendre qu’il pourrait y avoir, de fait, plus de 66 disparus. Il a appelé les personnes ayant des proches à bord à se signaler, afin d’établir une liste fiable des passagers.

Parmi les personnes secourues figurent « 41 hommes, 11 femmes et 15 enfants », a précisé le gouvernement dans un communiqué. « Parmi les enfants, six sont des garçons et neuf sont des filles », est-il encore écrit.

Le ferry a chaviré au large de l’Essequibo, dans le nord-ouest du pays, une région administrée par le Guyana mais revendiquée par le Venezuela. Ce naufrage est dramatique pour ce petit pays anglophone d’Amérique du Sud d’un peu moins d’un million d’habitants.

Le premier ministre, Mark Phillips, a promis l’ouverture d’une enquête sur les circonstances du drame depuis le chargement du bateau, soulignant que deux membres d’équipage avaient été testés positifs au cannabis.

Un survivant de 18 ans témoigne

Dans des propos un peu confus, M. Edghill a évoqué la possibilité que le capitaine ait été testé positif : « Nous avons une tolérance zéro pour les membres d’équipage qui boivent ou fument pendant leur service, encore plus quand il s’agit de tests positifs concernant le capitaine. Je peux comprendre [lorsqu’il s’agit d’]un marin, mais pas un capitaine. C’est grave, des vies sont en jeu, et ces situations seront traitées en conséquence. »

« La zone de recherche a été étendue de 400 kilomètres carrés à 1 070 kilomètres carrés (…). Des pêcheurs locaux, qui possèdent une connaissance approfondie de la région, se sont également joints aux opérations », ont précisé les autorités. Dans une vidéo, Juan Edghill, qui apparaît avec des proches de passagers, a déclaré que « c’est une grosse vague qui a renversé le Barima ».

« Nous dormions tous » quand le bateau a chaviré, a affirmé Wayne Kitson, un survivant de 18 ans, interrogé par le média local Kiskadee Watch, à Charity, un village situé sur la côte nord-ouest. Il craint que sa femme et leur fille n’aient péri lors du naufrage.

Légèrement blessé au bras droit, à une jambe et au cou, il raconte avoir « nagé dans l’océan de 22 heures à 4 heures » du matin, avant d’être secouru. Les survivants ont été ramenés à terre sur la côte.

Le ferry était parti de la capitale, Georgetown, dans la nuit de samedi à dimanche et devait emprunter la mer avant de remonter un cours d’eau pour atteindre Port Kaituma, situé en pleine forêt tropicale, dans l’Essequibo. Selon le site Internet Vesselfinder, il avait été construit en 1939 et était donc en service depuis quatre-vingt-sept ans.

Le bateau a envoyé un message de détresse samedi vers 23 heures (5 heures dimanche à Paris), a expliqué Juan Edghill.

L’Essequibo, territoire de 160 000 kilomètres carrés riche en pétrole, est administré par le Guyana depuis plus d’un siècle. Il se trouve au cœur d’un différend avec le Venezuela, les deux pays s’opposant sur le tracé de leur frontière commune.

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés Le Guyana, naissance d’un nouveau géant pétrolier

Le Monde avec AFP