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Députée LFI de la 10è circonscription de Seine-Saint-Denis, membre de la Commission des Affaires étrangères et première vice-présidente de l'Assemblée nationale, Nadège Abomangoli est l'invitée de Frédéric Rivière dans l'Atelier politique. Elle revient sur le racisme d'État, la guerre au Soudan et la présidentielle de 2027.
« Un racisme d'État »
En avril 2026, Nadège Abomangoli a reçu un courrier raciste reprenant un détournement de Tintin au Congo. Un épisode parmi d'autres pour la première vice-présidente de l'Assemblée, confrontée selon elle à une hostilité récurrente sur les réseaux sociaux.
Elle y voit un phénomène plus large que son propre cas. « Une société se lit, s'interprète à partir du global et pas à partir de parcours individuels », affirme-t-elle, réfutant l'idée que sa propre ascension contredirait l'existence d'un racisme structurel.
La députée assume l'expression de « racisme d'État », employée début avril 2026 à Saint-Denis. « Un certain nombre de politiques publiques et l'abandon de ces sujets-là produisent du racisme d'État », explique-t-elle, citant notamment les difficultés administratives rencontrées par des personnes sans-papiers dans sa circonscription.
Sur le projet de loi pour la « cohésion républicaine » porté par la ministre Aurore Bergé, Nadège Abomangoli se montre réservée, pointant son élaboration avec l'ensemble des groupes politiques, Rassemblement national compris. Elle plaide plutôt pour des moyens dans « la prévention, l'éducation, la justice réparatrice et la culture ».
Le Soudan, une guerre qui peine à s'imposer
Membre de la Commission des Affaires étrangères, la députée s'est saisie à plusieurs reprises du conflit soudanais, qualifié par l'ONU de l'une des pires crises humanitaires au monde. Pour elle, plusieurs raisons expliquent son faible écho en France : l'éloignement géographique, l'absence de lien francophone, et « une part de négrophobie, ce sont des Noirs qui semblent se tuer entre eux ».
Elle rappelle que les Forces de soutien rapide ont longtemps été des interlocuteurs légitimés par la France et l'Europe. « Ce n'est pas une guerre ethnique », insiste-t-elle, mais un conflit de prédation des ressources où s'affrontent des puissances étrangères sur le dos du peuple soudanais.
Parmi ses propositions : élargir l'embargo sur les armes, alors que des armes françaises vendues aux Émirats arabes unis ont, selon elle, été retrouvées sur le théâtre des combats, et repenser la diplomatie française vis-à-vis du Tchad, qui accueille une partie des réfugiés soudanais.
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« Ingérence intérieure » : une notion jugée problématique
La Commission de la culture du Sénat a adopté à l'unanimité, début juillet, un rapport de 56 recommandations sur la régulation de l'information en ligne, introduisant la notion d'« ingérence intérieure » pour désigner des manipulations d'origine française.
Nadège Abomangoli s'en méfie. « La notion d'ingérence intérieure me paraît problématique », juge-t-elle, estimant qu'elle pourrait viser, en creux, certains partis très présents sur les réseaux sociaux, dont La France Insoumise.
Pour elle, la véritable ingérence est ailleurs : « C'est l'ingérence intérieure d'un certain nombre de milliardaires qui financent un certain nombre d'événements, qui s'infiltrent parfois dans l'éducation pour promouvoir leur idéologie. »
2027 : « On ne va pas adapter notre campagne aux candidats en face »
À neuf mois de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a balayé d'un « je m'en fous » les conséquences du retour en lice de Marine Le Pen, dont l'éligibilité a été rétablie par la cour d'appel. Nadège Abomangoli y voit une confiance assumée, mais surtout un message : peu importe l'adversaire d'en face.
« Que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen », résume-t-elle, avant de trancher : « C'est bonnet blanc et blanc bonnet. » Elle relève avec ironie que Marine Le Pen, qui avait juré ne jamais faire campagne sous bracelet électronique, est aujourd'hui candidate, et qu'un Jordan Bardella qui se voyait déjà en position semble aujourd'hui « marri ».
Sur l'électorat du Rassemblement national, la députée ne mâche pas ses mots. Si une partie des électeurs est déçue par des décennies de partage du pouvoir entre partis traditionnels, elle y voit surtout un ressort raciste : « C'est quand même le déterminant principal du vote Rassemblement national », affirme-t-elle, citant en exemple le refus du parti de voter la hausse du Smic pour tous.
Face au Rassemblement national, la députée revendique une ligne : « Liberté, égalité, fraternité, c'est ce qu'est la France.


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