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Publié le 20/03/2026 21:17
Temps de lecture : 2min - vidéo : 2min
À Nabatiyé, au sud du Liban, le centre-ville est quasiment déserté et fortement endommagé après de multiples frappes. Ville considérée comme un bastion du Hezbollah, elle est devenue un champ de tension permanent. À l’hôpital local, soignants et familles tentent de survivre au rythme des bombardements.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Le centre-ville de Nabatiyé (Liban), défiguré, est une place forte du Hezbollah et une cible privilégiée pour l’armée israélienne. Plus un habitant ne s’aventure dans le souk. Les quelques personnes qui restent sont souvent des membres de la milice chiite libanaise, qui, très vite d’ailleurs, nous ordonnent de faire demi-tour. Nabatiyé est l’une des villes les plus frappées par l’armée israélienne. Tous les habitants sont partis ou presque, et ceux qui restent se cachent chez eux. La ville est devenue un véritable champ de bataille.
À l’hôpital du Secours populaire libanais, les ambulanciers attendent d’être appelés. Quand le grondement d’un avion de chasse se met à résonner, l’armée israélienne vient de bombarder. Les ambulances se mettent en route. Nous ne les suivons pas, car les secouristes sont souvent pris pour cible et ne souhaitent pas nous prendre avec eux.
Avant même leur arrivée sur les lieux de la première frappe, une deuxième déflagration survient au même endroit. Ce double bombardement n’a pas fait de victime, mais une vieille dame qui habitait à proximité du lieu ciblé a été évacuée et transférée vers un autre établissement, dans une zone plus sûre. Cette journée est plutôt calme comparée aux précédentes.
Un peu de répit pour Mona Abou Zeid, directrice de l’hôpital du Secours populaire libanais de Nabatiyé. Tout le personnel vit dans le bâtiment depuis le 2 mars et le début des affrontements. La directrice veut nous montrer une jeune fille de 8 ans qu’elle n’a pas pu sauver. 97 personnes sont mortes dans cet hôpital depuis le début de la guerre. Dans la chambre mitoyenne, la cheffe des infirmières s’est installée avec ses deux filles, dont Vanessa, 8 ans, qui raconte : "On est en sécurité ici avec nos parents, mais il est vrai que je m’ennuie parfois."
Pour passer le temps, Vanessa et sa sœur se maquillent. Elles préparent la fête de l’Aïd, qui marque la fin du ramadan, prévue pour ce 20 mars. Oublier, l’espace d’un moment, ce contexte angoissant.


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