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N’abandonnez pas la «loi Gabie Renaud», exhorte un front commun de femmes

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Un front commun de femmes exhorte le prochain chef caquiste à ne pas abandonner sa promesse de faire adopter une « loi Gabie Renaud », qui permettrait aux policiers de révéler à une femme et à ses proches le passé violent de son conjoint.

Une telle loi est essentielle pour la sécurité des femmes, estime le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, qui enjoint toutefois aux élus de prendre le temps de bien rédiger cette mesure législative, afin qu’il ne se retourne pas contre les femmes qu’il est censé protéger.

Vendredi, à l’initiative de la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, un groupe de personnalités publiques a publié en ligne une vidéo pour réclamer que la personne qui succédera à François Legault pose un geste fort pour la sécurité des femmes en adoptant une loi inspirée de la « Loi de Clare », en vigueur au Royaume-Uni.

Au Québec, le projet a été baptisé « loi Gabie Renaud », du nom de cette femme tuée l’an dernier par son conjoint, un multirécidiviste en matière de violence conjugale.

En trois mois seulement depuis le début de l’année, huit femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-partenaire.

« Ces meurtres sont évitables. Je refuse de voir la hausse des féminicides comme une fatalité, parce que je sais qu’on peut se donner les moyens que plus aucune femme ne soit tuée », déclare Mme Ghazal.

Cette loi est nécessaire pour prévenir les violences conjugales, ajoute la députée dans la vidéo, avant qu’une brochette de personnalités n’apparaisse à l’écran pour réclamer une à une : « Il faut une Loi Gabie Renaud », disent tour à tour l’écrivaine Martine Delvaux et la comédienne Ève Landry, parmi bien d’autres.

« Pour sauver la prochaine qui est encore en vie », ajoute Rachel Renaud, la sœur de Gabie, aux côtés de Mme Ghazal.

En février dernier, le gouvernement Legault s’était engagé à légiférer dans ce but. L’Assemblée nationale a adopté une motion — à l’instigation de Québec solidaire — afin de prévenir de nouveaux féminicides.

Mais le départ de François Legault fait craindre à certains que cette promesse ne soit oubliée. Les deux aspirants chefs, Christine Fréchette et Bernard Drainville, se sont toutefois déjà engagés à déposer un tel projet de loi.

Prendre le temps de bien faire les choses

Alors que l’adoption d’une telle loi semble faire l’unanimité chez les formations politiques, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale souhaite que les élus prennent le temps de bien faire les choses.

Fort de son expérience, il a ainsi transmis une lettre la semaine dernière au ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, afin de lui faire plusieurs recommandations.

Parmi celles-ci, il souligne que l’information devrait être donnée « verbalement, sans possibilité de prendre de notes », par une personne qui a une bonne connaissance de la violence conjugale et de l’évaluation des risques, pour offrir le soutien nécessaire.

De plus, le Regroupement estime impérieux de prévoir dans la loi qu’une demande d’information n’entraîne pas automatiquement l’ouverture d’une enquête criminelle ni une enquête auprès de la DPJ. Cette dernière ne devrait en aucun cas considérer que la personne qui a fait une telle demande sans quitter son conjoint n’a pas pris de mesures pour protéger ses enfants.

L’information transmise devrait être un niveau de risque, conseille-t-il : « insuffisance d’informations », « risque faible », « risque moyen » ou « risque élevé ».

Et ce niveau de risque devrait être déterminé par une équipe spécialisée, sans se limiter à l’information publique, comme les antécédents criminels. « Par exemple, un homme qui aurait suscité plusieurs interventions policières, sans que des accusations ne soient jamais portées, pourrait comporter un potentiel important de risque », signale le Regroupement.

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