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À l’approche des élections municipales du 26 octobre, le développement économique et la création d’emplois s’imposent comme les priorités absolues des électeurs dans le Nord-Est de l’Ontario. Une question cruciale demeure toutefois : quel pouvoir réel les maires et les conseils municipaux détiennent-ils face aux grands projets de développement ?
Cette interrogation préoccupe particulièrement la population de Sault-Sainte-Marie. Les résidents s’inquiètent de l’avenir financier de leur communauté depuis la suppression de 1 000 emplois chez Algoma Steel en mars dernier.
Fin 2025, le gouvernement fédéral s’est engagé à soutenir financièrement l’entreprise afin de récupérer jusqu’à la moitié de ces postes grâce à une nouvelle laminerie de poutres.
Depuis cette annonce, les détails publics sur l’évolution du dossier restent pourtant très rares.
En parallèle, la municipalité fait activement campagne pour l’aménagement d’un port le long de la rivière Sainte-Marie, en partenariat avec l’Administration portuaire de Hamilton-Oshawa.

La ministre fédérale de l'Emploi, Patty Hajdu, était à Sault-Sainte-Marie en septembre 2025 pour annoncer un financement de 500 millions de dollars destiné à Algoma Steel, sur fond de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Photo : Radio-Canada / Alex Flood
Selon les responsables locaux, ce projet permettrait de créer plus de 2 000 emplois directs et de générer des retombées économiques de plusieurs centaines de millions de dollars.
Des leviers municipaux indirects, mais puissants
Pour Mary Rowe, présidente-directrice générale de l’Institut urbain du Canada, la capacité d’action des municipalités n’est pas si tranchée.
Notre cadre constitutionnel prive les administrations locales de ressources autonomes, explique la dirigeante de cet organisme à but non lucratif spécialisé dans les défis sociaux et économiques canadiens.

Mary Rowe est la présidente et directrice générale de l'Institut urbain du Canada.
Photo : Institut urbain du Canada
Mais il y a énormément de leviers que les gouvernements locaux peuvent activer, indique-t-elle.
Mme Rowe rappelle qu’il incombe au personnel municipal, et surtout aux maires, de bâtir de solides maillages avec les gouvernements provincial et fédéral pour mener ces grands chantiers à terme.
Une mission qui s’avère parfois complexe. Un conseil municipal efficace doit savoir mobiliser largement. Pour propulser le changement depuis la base, il faut être rigoureusement organisé, précise-t-elle.
L’objectif n’est pas d’être d’accord sur tout, mais d’aligner les intérêts et de tracer une voie claire.
La force des alliances régionales
L’ancien maire de Toronto, David Miller, abonde dans le même sens. Fort de plus de 16 ans d’expérience dans les négociations économiques avec les députés fédéraux et provinciaux, cet avocat de formation rappelle que l’essentiel des enveloppes budgétaires dépend de Queen’s Park et d’Ottawa.
Entre 92 % et 94 % des recettes fiscales globales y sont concentrées. Ils ont l’argent, et nous avons les responsabilités, résume-t-il.
Selon M. Miller, une ville comme Sault-Sainte-Marie maximiserait ses chances d’obtenir des fonds en s’associant à d’autres municipalités confrontées aux mêmes réalités.

En mars 2010, David Miller, alors maire de Toronto, est photographié après avoir tenu une conférence de presse à l'hôtel de ville.
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
Cette stratégie prend tout son sens dans le contexte actuel des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
Sault-Sainte-Marie est un membre très actif de l’Initiative des maires des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Cet organisme a exercé une influence concrète aux États-Unis ces derniers mois, souligne-t-il.
Les maires américains des États limitrophes comprennent aujourd’hui à quel point les tarifs douaniers nuisent aussi à leurs propres emplois locaux.
Même si les municipalités n’ont pas le pouvoir direct de renverser des décisions industrielles majeures (comme les vagues de licenciements chez Algoma Steel), M. Miller insiste sur la marge de manœuvre politique des élus pour concevoir des solutions innovantes.
Cela peut faire toute la différence, conclut-il.
Avec les informations d’Alex Flood


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