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Municipales : «Hypocrite», «honte», «déshonneur»... Le PS et Les Écologistes sous le feu des critiques après leurs alliances avec LFI

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À l’exception de Paris et de Marseille, la gauche a décidé de faire front commun dans plusieurs grandes villes face au risque de victoires de la droite au second tour. Quitte à s’exposer aux flèches de ses opposants.

Rien qui surprenne vraiment. Au lendemain du premier tour des municipales, marqué par une percée de La France insoumise (LFI), la gauche a décidé de faire front commun dans plusieurs grandes villes avant la date limite de dépôt en préfecture des listes du second tour, fixée mardi à 18 heures. À l’exception de Paris et de Marseille, où aucune alliance n’a été conclue, les candidats socialistes ou écologistes ont conclu de nombreux accords avec leurs anciens concurrents mélenchonistes - à Toulouse, à Lyon, à Strasbourg, à Nantes, à Limoges, à Avignon, à Brest ou encore à Clermont-Ferrand. Ce, malgré l’absence d’«accord national » entre le parti à la rose et LFI, partisan, lui, d’un «front antifasciste» face au risque de victoires de la droite.

De quoi s’attirer les foudres de leurs opposants, qui n’ont pas de mots assez durs pour fustiger ces accords. Pour cause : LFI était encore, il y a peu, mise au ban de la classe politique après des dérapages jugés antisémites de Jean-Luc Mélenchon - y compris par les socialistes - et ses tergiversations après la mort de Quentin Deranque, étudiant nationaliste tué à la mi-février à Lyon. À commencer par l’ancien premier ministre, Gabriel Attal. Sur le réseau social X, le secrétaire général de Renaissance n’y va pas par quatre chemins : «Ce qui devait être impossible devient en fait la règle. La France a plus que jamais besoin que les démocrates se tiennent debout, pas à genoux», a fustigé le chef des députés EPR, non sans arrière-pensées.

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Par cette déclaration, le député des Hauts-de-Seine tente surtout de décoller le sparadrap de l’entre-deux-tours des législatives de 2024, épisode depuis lequel il est accusé d’avoir favorisé l’élection de députés mélenchonistes afin d’empêcher le RN, alors en position de force, d’obtenir une majorité absolue. «La fusion “technique”, c’est la trahison de la République. L’heure de vérité, c’est maintenant. Que tous ceux qui fusionnent soient exclus, mis au ban et immédiatement», a complété la ministre de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, Aurore Bergé. Quitte, pour le bloc central, à se retrouver sur la même ligne que... le président des Républicains, Bruno Retailleau.

«La gauche la plus hypocrite de la terre» pour Le Pen

Pour le candidat à la présidentielle, la gauche non mélenchoniste «brade (ses) principes pour sauver leurs sièges en s’alliant avec LFI.» «L’antisémitisme dénoncé par le bureau du PS est donc inacceptable au plan national mais tout à fait fréquentable au plan local. Quelle bande de Tartuffes !», charge le sénateur vendéen, appelant les Français à «sanctionner», dimanche prochain dans les urnes, «cette gauche qui se vautre dans la honte et le déshonneur».

Même son de cloche du côté de l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy : «Qu’est-ce que ce serait s’il y avait un accord national ?», raille le philosophe. «Absolument rien ne peut justifier ce reniement indécent. En se soumettant à un parti qui justifie le lynchage, mise sur la violence, purge ses dissidents, menace ses opposants, organise sa milice, exploite l’islamisme, nourrit l’antisémitisme, à un parti qui par ailleurs l’insulte tous les jours et finira par le détruire, le PS s’avilit et se disqualifie à jamais», tempête le vice-président délégué de LR. Plutôt discrète depuis le premier tour, Marine Le Pen, elle, ne mâche pas ses mots : «Ni les saillies antisémites, ni les appels à la violence politique et leurs justifications n’auront eu raison de la mission essentielle de la gauche la plus hypocrite de la terre: sauver leurs mandats!», a tancé la triple candidate à l’Élysée.

Qu’importe. Le premier secrétaire du PS reste imperturbable, malgré sa récente prise de distance avec Jean-Luc Mélenchon en raison de ses «caricatures complotistes et propos antisémites intolérables», affirmaient début mars les socialistes dans un communiqué. «Je comprends parfaitement les choix» des candidats socialistes ayant décidé de s’allier avec LFI, a fait savoir Olivier Faure ce lundi soir sur France 2. Comme pour répondre aux accusations de volte-face de ses détracteurs, il a tenu à rappeler qu’il n’y avait pas d’accord «national» avec le parti mélenchoniste, tout en refusant d’amalgamer l’ensemble des candidats insoumis à leur sulfureux leader.

Pour couper court aux critiques, il s’est engagé à demander la suspension de listes s’il découvrait que certains candidats LFI étaient «à l’origine de propos antisémites» ou «inqualifiables». Faisant ainsi fi du refus catégorique de François Hollande ou de Raphaël Glucksmann de nouer la moindre entente, même locale, avec le mouvement insoumis.

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