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Si Grégory Doucet devance Jean-Michel Aulas à Lyon, les écologistes sont en ballottage défavorable à l’échelle métropolitaine, où les électeurs des communes périphériques ont exprimé un vote sanction contre les politiques menées par la collectivité gérée par Bruno Bernard.
Le pari municipal de Jean-Michel Aulas a pris du plomb dans l’aile ce dimanche soir. Devancé par Grégory Doucet et sans réelles réserves de voix, l’ancien chef d’entreprise n’a pas écrasé le vote lyonnais comme le laissaient entrevoir les sondages il y a encore deux mois. Mais Lyon n’est plus le centre de la politique locale depuis 2018, date de la création de la métropole de Lyon, collectivité locale dotée d’un budget de près de 4 milliards d’euros.
Une superstructure où l’aventure aulasienne pourrait bien devenir gagnante selon les résultats du premier tour. Son parti, Grand Cœur lyonnais, a déjà remporté quatre circonscriptions sur 14 et les nombreux élus qui vont avec grâce aux maires LR des banlieues est et ouest de la métropole. Sa formation politique pourra déjà compter sur 37 élus au conseil du Grand Lyon sur les 76 nécessaires pour obtenir la majorité absolue.
Fracture spatiale
Le premier tour a surtout fait apparaître une scission territoriale et électorale entre le centre de la métropole (Lyon et Villeurbanne), où la gauche arrive en tête, et sa première couronne, où la plupart des maires LR ont été élus dès dimanche avec des scores supérieurs à 75% pour certains.
Alors que beaucoup avaient anticipé un vote sanction contre les politiques écologistes menées dans la ville de Lyon, Grégory Doucet a finalement été renforcé, contrairement à son homologue à la métropole Bruno Bernard. «Dans les villes périphériques, je pense à Bron, Oullins et d’autres, les habitants, qui ont besoin de leur voiture, ont subi de plein fouet les décisions unilatérales des écologistes, notamment sur les mobilités. À l’inverse, l’électorat lyonnais, schématiquement le bobo qui peut aller au travail en 10 minutes à vélo ou en transports, en a profité et a revoté Doucet», analyse Jérémie Bréaud, maire LR de Bron, réélu au premier tour avec 55,5% des suffrages.
Un vote aussi social que spatial donc qui pourrait conduire à une défaite des écologistes à l’échelle de la métropole. Dans le détail, les écologistes sont en très mauvaise posture dans la circonscription du sud, baptisée «Lônes et Coteaux», qu’ils avaient remportée en 2020. Un «swing state» pour reprendre la terminologie de la politique américaine, au même titre que la circonscription «Rhône-Amont», également remportée par la gauche il y a six ans, où la candidate Grand Cœur Lyonnais obtient 31,72% des suffrages, devant la candidate de la gauche écologiste (24%) et celle de La France insoumise (14,85%), dont on ne sait pas encore s’ils pourront fusionner leurs listes au second tour.
Les écologistes sur un fil
Enfin à Lyon, le parti de Jean-Michel Aulas pourrait reprendre la circonscription «Lyon-Ouest» qui englobe les collines de Fourvière et de la Duchère. En cas de victoire dans ces trois circonscriptions, le parti de l’ancien président de l’OL serait en position de ravir la métropole. Selon l’accord passé entre ce dernier et ses partenaires politiques, ce serait la maire LR de Saint-Foy-lès-Lyon, Véronique Sarselli, qui présiderait la collectivité. S’ils n’en remportent que deux, le RN, dont les projections les portent entre un et six élus, pourrait jouer les faiseurs de roi entre deux blocs sans majorité.
De leur côté, les écologistes vont devoir obligatoirement former des alliances avec la France insoumise dans les «banlieues rouges» pour espérer conserver les circonscriptions Portes du Sud et Rhône-Amont mais aussi celle de «Lyon-Ouest». Bruno Bernard, le président EELV de la métropole connu pour sa connaissance de la carte électorale, l’a bien compris et a appelé dès le début de soirée, avant même la publication des résultats définitifs, «à ce que chacun à gauche prenne ses responsabilités, notamment les Insoumis». LFI deviendrait alors une véritable minorité de blocage au sein de la majorité de Bruno Bernard qui pouvait exercer sans eux depuis six ans.
En cas de défaite à la métropole, le succès de Grégory Doucet à Lyon serait une victoire à la Pyrrhus car l’édile écologiste n’aurait plus les moyens de mener à bien ses politiques de grands travaux - zone à trafic limité, tramway express de l’ouest lyonnais ou transformation de la rive droite du Rhône - dont la compétence revient au Grand Lyon.


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