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Au lendemain des élections municipales en Seine-et-Marne, de nombreux élus battus ont déposé leur démission avant même la séance d'installation des nouveaux conseils municipaux.
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Par Julien Van Caeyseele Publié le 1 avr. 2026 à 6h04
S’ils ont tous de bonnes raisons de démissionner, le message envoyé aux électeurs est cependant surprenant. Après les deux tours des élections municipales, plusieurs élus de Seine-et-Marne censés siéger dans l’opposition de leur commune ont finalement démissionné, renvoyant une image de « mauvais perdants ». Des décisions qui tranchent avec l’engouement et la motivation de la campagne et qui jouent peut-être aussi sur la vision que les habitants portent sur la politique, qu’elle soit nationale ou locale… et ils n’ont pas besoin de ça : pour preuve, au second tour, le taux d’abstention était de 42,18 % en France : un record pour un scrutin local. Alors certaines démissions sont d’autant plus marquantes.
Montereau-Fault-Yonne
Figure de la politique locale et nationale, l’ancien secrétaire d’État à l’Outre-Mer et maire de Montereau pendant 22 ans (1995-2017), Yves Jégo, était conseiller municipal de l’opposition depuis sa défaite aux élections en 2020. Deux ans après avoir annoncé se retirer de la politique en 2018, il avait en effet tenter un retour dans sa ville lors du précédent scrutin. Battu par James Chéron, il était depuis à la tête du groupe minoritaire Montereau Confluence. Mais après une nouvelle défaite, au premier tour cette fois, Yves Jégo a remis sa démission du conseil municipal le 17 mars.
« En tirant les conséquences du résultat du premier tour des élections municipales, j’ai voulu poser un geste d’apaisement dans une vie politique locale devenue trop tendue », a-t-il expliqué.
L’ancien député a été suivi par plusieurs membres de l’opposition, dont Jean-Marie Albouy, président de la communauté de communes du Pays de Montereau depuis 2016 : « Notre démission met fin à toute expression médiatique de notre part », ont commenté les deux hommes.
Héricy
Dans cette commune du Pays de Fontainebleau, pas moins de cinq démissions consécutives sont intervenues, dont celle de la tête de liste, William Garrot.
« Ma démission n’a pas été motivée par le faible nombre de sièges obtenus : ce n’est pas une question d’arithmétique électorale, mais de convictions et de cohérence personnelle, indique-t-il. Notre liste s’est construite sur une promesse de renouveau et j’avais d’ailleurs annoncé que je ne ferai qu’un seul mandat : je ne comptais donc pas me présenter en 2032. »
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Interrogé sur le fait de « tromper » les électeurs qui ont voté pour lui, il s’inscrit en faux : « Je ne le vois absolument pas de cette manière, répond-il. Je voulais porter une logique de transmission, à rebours des logiques d’installation durable qui structurent trop souvent la vie politique locale. »
Et d’ajouter : « Ma démission a permis de clarifier la situation et de favoriser l’installation de nouveaux élus en capacité d’exercer pleinement leur mandat. » Il assure qu’il reste d’ailleurs aux côtés de Maude Jamet et Xavier Venet pour les aider dans leur rôle de tenir « une opposition lucide ».

Samois-sur-Seine
Battu au premier tour des municipales, l’ancien maire de Samois-sur-Seine, Jean-François Robinet, 86 ans, a annoncé qu’il ne siégerait pas dans l’opposition. Une décision que l’ancien maire (élu en 1983, 1989 puis 2008) avait déjà prise après sa défaite en 2020.
« Je ne trompe personne, j’avais prévenu que je ne resterai pas au conseil en cas de défaite, se défend-il. J’avais offert mon expérience et mon courage aux habitants, mais tant pis. Je voulais être maire pour relever Samois, ça ne m’intéresse pas de faire autre chose. » Dans la commune, ce sont donc Marie-Françoise Bourguignon et Thierry Pigot qui siègent dans l’opposition.
Vulaines-sur-Seine
Dans la commune où la liste d’Ève Harrison, l’élue d’opposition sortante a été élue, le maire sortant, battu au deuxième tour des municipales, ne siégera finalement pas au conseil municipal.
« Ça fait 19 ans que je suis élu et 12 ans en tant que maire, c’est usant, répond Patrick Chadaillat. Je ne me vois pas devenir conseiller municipal d’opposition, mais je vais continuer de suivre attentivement la situation politique de ma commune, mais en prenant mes distances. »
Contacté, Laurent Sigler, ancien premier adjoint et candidat dissident de la majorité de Patrick Chadaillat indique qu’il tiendra son rôle en tant qu’élu minoritaire.
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