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Castres, Carcassonne, Montauban, Agde... Le Rassemblement s'est emparé de plusieurs grandes villes en Occitanie lors des élections municipales.
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Par Fabien Hisbacq Publié le 23 mars 2026 à 13h02
« Près de 70 communes gagnées. 3 000 élus RN font leur entrée au sein des conseils municipaux dans toute la France », fanfaronnait dimanche soir Jordan Bardella. La France compte plus de 35 000 communes, plus de 460 000 conseillers municipaux. Vue comme ça, la percée de l’extrême droite est à relativiser. Sauf que le parti de Marine Le Pen a remporté des villes clé. Notamment en Occitanie.
De vraies prises de guerre
De vraies prises de guerre même. Préfecture, sous-préfectures… Le bilan est d’autant plus impressionnant que les différentes nuances politiques restent très fractionnées dans les grandes villes. LFI ne parvient pas à s’implanter (échec à Toulouse), la gauche sauve les meubles (Montpellier) et s’abrite derrière une belle victoire (Nîmes), la droite traditionnelle semble reculer mais si elle fait de la résistance (Toulouse encore), le centre, étonnamment, grignote du terrain (Rodez)…
Le RN poursuit sur sa lancée dans le Tarn-et-Garonne
Le RN, lui, avance, d’élection en élection. Ville après ville. Dans le Tarn-et-Garonne, la percée s’était faite par Moissac en 2020. Le parti de Jordan Bardella, cette fois, s’empare de la plus grande commune du département, la sixième la plus peuplée de la région (près de 63 000 habitants), la préfecture : Montauban. Didier Lallemand y a gagné avec le soutien de l’ancienne maire Brigitte Barèges, qui a basculé vers l’extrême droite au fil des années. Et non loin de là, à Castelsarrasin, le RN n’était pas très loin de réussir son pari…
Dans le Tarn, ce n’est pas la préfecture qui bascule, mais la sous-préfecture, Castres (42 500 habitants). Qui met Florian Azéma à sa tête au terme d’une bataille avec pléthore de candidats divisés et après 25 ans de règne du maire sortant Pascal Bugis (divers droite). Et tant pis si à Albi, le RN fait du surplace avec Frédéric Cabrolier.
Dans l’Aude, c’est aussi une grande victoire. Si Narbonne a résisté à la tentative du député RN Frédéric Falcon, Carcassonne, la préfecture et seconde ville la plus peuplée du département, a basculé avec un autre député d’extrême droite : Christophe Barthès.
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Il confirme dans l’Hérault et le Gard
Dans l’Hérault, le RN a aussi conquis Agde, près de 30 000 habitants. Encore avec un député aux commandes, Aurélien Lopez-Liguori. Sans compter que le département comptait déjà d’autres villes majeures dans la collection de l’extrême droite, comme Béziers, où Robert Ménard reste roi.
Dans le Gard, même stratégie, c’est aussi une parlementaire qui remporte le scrutin au nom du RN, Pascale Bordes, à Bagnols-sur-Cèze. Certes, ce n’est pas Nîmes ou même Alès, mais c’est la troisième ville du département. Et le signe d’une progression, d’autant que des communes déjà à l’extrême droite ont confirmé leur choix : Beaucaire, Vauvert…
Et n’oublions pas que le RN avait d’abord fait son trou dans les Pyrénées-Orientales, avec Louis Aliot qui a écrasé la concurrence dès le premier tour dans la préfecture, Perpignan. Et Rivesaltes (plus de 9 000 habitants) s’est ajoutée au panel avec Julien Potel.
Six villes du Top 20 de la région
Au final, l’extrême droite est aujourd’hui à la tête de six villes du Top 20 de la région. Qui dit mieux ? Cela reste la meilleure progression dans ces grandes communes. Et c’est une suite implacable aux récentes victoires aux législatives, notamment dans tout l’arc méditerranéen.
Et après ?
La suite du programme (en dehors de la présidentielle) ? Les communautés d’agglomération. Si le RN a fait une entrée historique dans certaines villes, il pourrait être confronté à une large opposition dans ces instances. Voire ne pas gagner leur tête. À Castres, le RN a conquis 20 sièges de cette assemblée-là. Sur 58. Trop peu donc pour élire un président sans les votes d’élus d’autres bords. L’Agglo de Carcassonne, c’est 128 élus. Grâce à sa victoire dans la préfecture, l’extrême droite s’en est offert 27. Là aussi il faudra composer…
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