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Municipales à Lille. Ce 19 mars 2026, plus de 3 000 personnes se sont rassemblées pour le meeting de Lahouaria Addouche. Une salle bondée, des centaines de personnes restées dehors, et une impression qui domine : à Lille, la campagne a changé de dimension. Dans la file d’attente, ça discute politique, et surtout, ça tranche. […]
Municipales à Lille. Ce 19 mars 2026, plus de 3 000 personnes se sont rassemblées pour le meeting de Lahouaria Addouche. Une salle bondée, des centaines de personnes restées dehors, et une impression qui domine : à Lille, la campagne a changé de dimension. Dans la file d’attente, ça discute politique, et surtout, ça tranche. « L’alliance de la carpe et du lapin », lâche un participant à propos du ralliement de Stéphane Baly à Arnaud Deslandes.
Quelques jours plus tôt, un accord avec les Insoumis avait pourtant été trouvé. Avant d’être abandonné au profit d’un arrangement avec les sortants socialistes, contre l’avis d’une majorité de militants écologistes locaux. Le contraste est là : d’un côté, la tambouille. De l’autre, une campagne qui prend appui sur le terrain et se base sur un programme de rupture pour changer le quotidien des Lillois. Un meeting conclu par Jean-Luc Mélenchon, venu soutenir la candidature de Lahouaria Addouche. « Si vous l’élisez à la mairie de Lille, vous proclamerez devant tout le pays qu’une autre gauche est possible », s’est-il exclamé sous les applaudissements de la salle. Notre article.
Une démonstration de force à trois jours du vote
À l’intérieur, l’ambiance est immédiate. « C’est mon premier meeting politique », raconte une jeune femme, visiblement marquée par la foule. À côté, un militant de longue date résume : « J’ai presque jamais vu ça à Lille ». Un point saute aux yeux : la jeunesse est là, en nombre. Une jeunesse qui ne vient pas seulement écouter, mais soutenir.
Une génération qui se reconnaît dans une candidature qui parle de logement, de précarité, de chaleur dans les appartements, de vie quotidienne. Quand Lahouaria Addouche entre en scène, la salle se lève. Standing ovation. Les « on va gagner » s’enchaînent. « Je suis prête à être maire de Lille », lance-t-elle.

Logement, écologie, pouvoir citoyen : un programme qui tranche
Pas de détour dans son discours. La candidate enchaîne les mesures concrètes. Sur le logement, il est annoncé la création d’une brigade municipale du droit au logement et une plainte est promise contre Lille Métropole Habitat pour « mise en danger de la vie d’autrui ». En ligne de mire : l’incendie de la tour Charles VI à Wazemmes, et les habitants toujours sans solution. « Se loger n’est pas un privilège, c’est un droit », martèle l’insoumise Sur l’alimentation, la cantine 100 % bio et gratuite est défendue comme levier social et sanitaire. Sur l’écologie, une ligne claire est assumée : « L’écologie pour nous ce n’est pas un mot mais une urgence sociale ».
Objectif : transformer la friche Saint-Sauveur en deuxième grand poumon vert et créer des espaces de nature dans chaque quartier, alors que la ville est promise à une multiplication des canicules. Sur la démocratie, le ton est clair. Référendum d’initiative citoyenne, référendum révocatoire. Ici, pas question de confisquer le pouvoir une fois élus. « Si je vous déçois, vous me virez ». Une formule directe qui résume l’ambition : rendre la main aux habitants.
« J'ai été élevée par une mère seule. Je sais ce que veut dire compter chaque euro.
Nous instaurerons la gratuité pour la cantine, le périscolaire, la garderie et l'aide aux devoirs. L'égalité commence dès l'enfance.
50 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Près de la… pic.twitter.com/wIqEEV0sby
Pour aller plus loin : Municipales 2026 – Retour sur la percée historique de LFI
Une candidate qui parle depuis le réel
« Je le suis devenue par les étés étouffants dans des appartements où on ne dort plus. » En une phrase, Lahouaria Addouche ramène l’écologie à ce qu’elle est pour beaucoup : une réalité quotidienne, loin des débats abstraits. Même logique sur la culture : la faire vivre partout, pas seulement dans le centre. Des initiatives dans tous les quartiers, « de Saint-Maurice à Lille-Sud », pour rompre avec une politique culturelle concentrée sur quelques lieux.
Sur les valeurs, aucune ambiguïté : « Le racisme n’a pas sa place à Lille ». Le meeting a aussi été marqué par des messages de solidarité, notamment envers Patrick Proisy, maire insoumis de Faches-Thumesnil en campagne pour sa réélection, récemment pris pour cible. Un rappel que cette campagne ne se déroule pas hors-sol, mais dans un contexte de tensions politiques bien réelles.
Jean-luc Mélenchon : une autre gauche est possible
« Près de 3 000 personnes à Lille ce soir », souligne Jean-Luc Mélenchon, avant d’élargir : « Si vous élisez Lahouaria Addouche, vous proclamerez devant tout le pays qu’une autre gauche est possible. » Une gauche qui rompt avec les compromis et assume une ligne claire : « La gauche doit tourner la page de l’ancienne stratégie, pour penser l’avenir en commun comme le résultat d’une double exigence écologiste et sociale. » Mélenchon inscrit aussi cette bataille dans une histoire plus longue.
Si vous élisez @L_Addouche à la mairie de Lille, vous proclamerez devant tout le pays qu'une autre gauche est possible.
Le mouvement insoumis se met à la disposition de toutes les gauches : communiste, écologiste, socialiste.
Ensemble, en 2027 et après, nous recréerons le grand… pic.twitter.com/i4Bhv7JcbE
Celle d’une ville où le mouvement ouvrier a été à l’avant-garde : « Lille est une des premières villes à avoir inventé le service municipal pour l’hygiène et la santé, à créer un office municipal des habitations à bon marché. La classe ouvrière a inventé le mieux-être pour la masse des travailleurs. » Mais regarder le passé ne suffit pas. L’urgence est là. « Lille va vivre quatre fois plus de canicules que jamais dans son histoire. » Face à cela, les élus ont « le devoir de préparer correctement la ville », notamment en la végétalisant et en garantissant l’accès à des espaces verts pour tous. Avant de conclure par un appel direct : « En votant pour nous, vous choisissez la révolution citoyenne ».
Une trahison qui clarifie tout
Impossible d’ignorer la séquence qui a marqué l’entre-deux-tours. Après avoir accepté le principe d’une fusion avec la liste insoumise, Stéphane Baly a finalement choisi de rejoindre le Parti socialiste. Un revirement total, en contradiction avec ses propres déclarations sur la nécessité d’une alternance après des décennies de gestion socialiste. Mais surtout, un choix fait contre les votes internes des militants. Résultat : colère, départs, désaveux publics. À Lille, le message est désormais limpide : une partie de la gauche préfère sauver ses positions plutôt que permettre une rupture.
Pour aller plus loin : Élections municipales – À Lille, les leçons de démocratie de Marine Tondelier s’évaporent pour barrer la route à LFI
Soit on continue, soit on change tout
Dans ce contexte, le meeting prend une autre dimension. Ce n’est plus seulement un rassemblement de campagne. C’est une démonstration de force. « Dimanche, le choix est simple », résume Lahouaria Addouche : « soit on continue avec les notables, soit on assume la rupture ». Dans la salle, la réponse semble déjà trouvée. À Lille, comme ailleurs, une séquence politique est en train de s’ouvrir. Le 22 mars, les Lillois.es trancheront.


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