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C’est beaucoup plus qu’en 2020, où seuls 63 élus du Palais Bourbon s’étaient lancés dans la course aux municipales. Le Rassemblement national et La France Insoumise cumulent à eux seuls 54 candidats. Des partis qui placent leurs pions pour les sénatoriales de septembre prochain.
Un sentiment d’improductivité à l’Assemblée ? Pour ce scrutin municipal, 106 députés sur 577 ont décidé de se présenter comme “têtes de liste”. À titre de comparaison, ils n’étaient que 63 en 2020 .
- Le Rassemblement national
Avec 35 députés sur 122 lancés dans la course au premier tour, le Rassemblement national (RN) est le parti politique qui cumule le plus de têtes de listes pour ce vote. La formation nationaliste - qui boudait habituellement les municipales - présente environ 750 listes, selon ses chiffres, dans les 35 000 communes françaises. Le RN a en ligne de mire les élections sénatoriales de septembre prochain, où il espère gonfler les rangs de ses trois élus.
La plus grosse prise pour la formation de Jordan Bardella serait la ville de Marseille. Le député Franck Allisio a obtenu 34,6% des voix contre 36,8% pour le maire sortant socialiste Benoît Payan. Autre ville phare sur laquelle le RN a concentré ses forces, Toulon (Var). La députée lepéniste, Laure Lavalette, est arrivée en tête avec 39,4% des suffrages dimanche dernier. Mais celle-ci va devoir faire avec la maire sortante et le candidat des Républicains. À Menton (Alpes-Maritimes), où elle affronte notamment Louis Sarkozy, la députée Alexandra Masson a recueilli au premier tour 33% des voix.
À Lens (Pas-de-Calais), les espoirs s’effondrent pour le parti nationaliste. Si en 2024, le député Bruno Clavet, était parvenu à se faire élire dès le premier tour, il n’a pas réussi à battre le maire socialiste sortant Sylvain Robert, réélu dès le premier tour - d’une courte majorité - à 50,73% des voix contre 46,49% pour le lepéniste.
- La France insoumise
Au même titre que le RN, le parti Insoumis a aussi décidé d’investir le scrutin municipal contrairement à 2014. Pour pallier son manque d’ancrage local, 19 parlementaires ont choisi de présenter une liste. L’ambition pour le parti de Jean-Luc Mélenchon est aussi d’investir les rangs du Palais du Luxembourg, où le mouvement (créé en 2016) ne dispose d’aucun sénateur. Après la pluie d’alliances nouées durant l’entre-deux-tours entre LFI et le PS, les Insoumis entendent bien montrer au reste de la gauche qu’elle devra compter avec eux.
La France insoumise a tout misé sur Roubaix, une ville qui frôle les 100 000 habitants. Le député de la 8e circonscription du Nord, David Guiraud, qui a obtenu 46,5% des suffrages, semble bien parti pour l’emporter.
À Marseille, la bataille est en revanche pliée pour Sébastien Delogu. Le député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, arrivé en quatrième position du premier tour dans la cité Phocéenne avec 11,8% des voix, a annoncé mardi le retrait de sa liste du second tour face au "risque" d’une victoire du Rassemblement national dans la deuxième ville de France.
Autre figure de LFI, Sophia Chikirou, députée de la 6e circonscription de Paris et proche de Jean-Luc Mélenchon. Dans la capitale, elle est arrivée, au premier tour, en 3e position avec 11,3% des voix et se maintient face à Rachida Dati et Emmanuel Grégoire. À Toulouse, le député de Haute-Garonne, François Piquemal, qui a obtenu 28,3% des voix, s’est allié au candidat PS espérant faire tomber à gauche la Ville rose.
- Renaissance
Le parti présidentiel, en difficulté à l’échelle nationale depuis la dissolution, peine aussi au niveau local. La formation de Gabriel Attal a choisi de délaisser le terrain local. Seuls 24 candidats sont têtes de liste Renaissance dans des villes de plus de 30 000 habitants, soit cinq fois moins qu’en 2020. Parmi ces têtes de liste, dix siègent au Palais Bourbon.
Le parti, qui risque l’effacement après la fin de mandat d’Emmanuel Macron, mise sur Annecy. L’ancien ministre de l’Économie et député de la 2e circonscription de la Haute-Savoie, Antoine Armand, arrive en tête avec 34,78% des suffrages. À Poissy, Karl Olive surplombe le match en remportant 42,6% des voix. Avec sa liste Divers droite, il espère retrouver son fauteuil de maire qu’il a occupé entre 2014 et 2022.
Le parti peut se targuer d’une importante victoire à Coulommiers (Seine-et-Marne), symbolisée par l’ancien ministre Franck Riester, élu dès le premier tour avec 66,22% des suffrages. Thomas Cazenave, député de la Gironde, reproduit le match de 2020. L’ancien ministre des Comptes publics obtient 25,58% des votes, derrière le maire sortant Écologiste, Pierre Hurmic, qui récolte 27,7%. Il devrait bénéficier du désistement de l’économiste Philippe Dessertine.
Dans la capitale des Flandres, c’est plus compliqué pour le parti présidentiel. La députée du Nord et candidate à Lille, Violette Spillebout, est arrivée en 4e position en recueillant 11,14% des voix.
- Les Républicains
Disposant historiquement d’un fort ancrage local, le parti dirigé par Bruno Retailleau joue son avenir présidentiel. Affaibli à l’échelle nationale, le parti s’est allié dans un certain nombre de communes à Renaissance ou Horizons.
À la Garennes Colombes, l’ancien rapporteur du budget, Philippe Juvin, a obtenu 63,26% des voix, pliant le match. Autre succès de premier tour, celui de Michèle Tabarot au Cannet (Alpes-Maritimes). En recueillant 55,65% des voix, l’élue récupère le siège qu’elle a occupé de 1995 à 2017.
À L’Aigle (Orne), Véronique Louwagie, ministre du Commerce et des PME dans le gouvernement de François Bayrou, passe proche de la victoire avec 46,41% des suffrages.
- Horizons
Si les regards étaient plutôt tournés vers Le Havre - où Édouard Philippe joue son avenir présentiel - ainsi qu’à Nice, où se joue le duel fratricide entre Christian Estrosi et Éric Ciotti, le candidat Horizons Paul Christophe, président du groupe à l’Assemblée, a remporté la commune nordiste de Zuydcoote, avec 59,95% des voix.
- Parti socialiste
Dans la majorité des communes, le PS a fait alliance avec les Écologistes ou le parti communiste pour le premier tour. En se qualifiant au second tour dans de nombreuses métropoles, les candidats mélenchonistes sont parvenus à se rendre incontournables au reste de la gauche, et ont entraîné une pluie d’alliances avec les candidats PS. À Paris, Emmanuel Grégoire , député depuis 2024, arrivé en tête au premier tour avec 38,7% des suffrages a toutefois refusé de s’aller avec l’insoumise Sophia Chikirou. Le député de l’Eure et vice-président de la commission des finances, Philippe Brun, obtient, lui, 41,72% des voix à Louviers.
- Mouvement démocrate
Parmi les 36 députés que compte le parti de François Bayrou (MoDem), cinq se sont présentés comme têtes de listes. Le rapporteur de la loi, visant à créer «un droit à l’aide à mourir», Olivier Falorni, était à nouveau candidat à La Rochelle. L’ancien conseiller municipal de la ville est arrivé en tête avec 33,12% des suffrages, face au maire sortant.
L’ancienne ministre, Geneviève Darrieussecq, se place en troisième position à Mont-de-Marsan (Landes) avec 23,98% des voix. Celle-ci avait déjà été à la tête de la commune de 2008 à 2017.
- Parti communiste
Lors d’un sondage OpinionWay, commandé par l’observatoire «Hexagone», le communiste Jean-Paul Lecoq devançait Édouard Philippe au Havre. Au soir du premier tour, l’élu de Seine-Maritime n’arrive finalement qu’en 2e position avec 33,2% des voix, loin derrière l’ancien premier ministre avec 43,8%.
- Union des droites pour la République
Après la dissolution de 2024, Éric Ciotti choisit de claquer la porte des Républicains - dont il était président - pour créer son propre parti l’UDR, allié du RN. Candidat à Nice, le député de la 1ère circonscription des Alpes-Maritimes se hisse à la première place avec 43,43% des voix face à son «frère ennemi», Christian Estrosi, qui recueille 30,92% des suffrages.
En cas de victoire, le parlementaire devra choisir entre son mandat de député et celui d’élu local. S’il fait le choix très probable de la mairie, c’est son suppléant à l’Assemblée qui assurera la relève.


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