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🗳 LE BILAN DU 2e TOUR DES MUNICIPALES TOURNE AU SKETCH
La France est en déclin ou en ruine dans tous les domaines, et peut-être même au bord d'une 3e Guerre mondiale.
Mais cela semble n'avoir aucune importance pour les acteurs de la scène politique : ce 22 mars au soir, ils se… pic.twitter.com/BzoeUR08BX
Bernanos et Drumont face aux Français modernes (extraits) :
Drumont donc (extraits cités par Bernanos) :
« L’homme du passé avait de nobles motifs pour vivre, l’homme d’aujourd’hui a seulement quelques prétextes plausibles pour ne pas se tuer et accomplir jusqu’au bout de sa corvée. »
Haine du bourgeois increvable qui a pris le pouvoir sur un roi fantoche (Taine encore, voyez aussi Apostolidès et son roi-machine) à la révolution :
« La bourgeoisie a fait passer sur la collectivité toutes les charges dont étaient grevées autrefois les propriétés qu’elle avait acquises pour quelques chiffons de papier… L’Etat les prenait sur lui, c’est-à-dire les mettait sur le dos de tous les citoyens. »
Puis le plus grave : la création de cette sous France et de cette humanité médiocre qu’on a dénoncé dans tout notre cinéma ou notre littérature des derniers siècles :
« Le régime moderne a créé un type d’être spécial qu’on serait tenté d’appeler le contribuable ; car en réalité si on demandait à beaucoup d’hommes de ce temps pourquoi ils sont sur la terre, ils finiraient par vous dire : « Ma foi, pour faire notre service militaire, pour acquitter nos contributions et pour payer notre terme. »
Drumont ajoute :
« Les riches tiennent maintenant la place prépondérante dans cette église qui a été fondée par les pauvres. »
L’être moderne sous des dehors anars est veule et soumis. Drumont :
« Les rois chevelus consultaient leurs leudes ; Charlemagne consultait ses pairs…A force de marcher dans la voie du progrès, comme on dit, on a rétrogradé au-delà des cafres : et, durant cinq mois, un aventurier génois envoya les gens se faire casser les bras et les jambes pendant qu’il fumait son cigare. »
Il laisse donc s’installer l’anarchie. Drumont :
« L’anarchie s’est installée dans ce pays comme la nuit s’installe sur la terre, sans qu’on s’aperçoive du moment où il a cessé de faire jour… »
Il ajoute ailleurs (c’est moi qui cite, pas Bernanos) :
« L’être qui est là est un moderne, un nihiliste, il ne tient à rien. Il n’est guère plus patriote que les trois cent mille étrangers, que l’aveuglement de nos gouvernants a laissé s’entasser dans ce Paris dont ils seront les maîtres quand ils voudront ; il ne se révoltera pas comme les aïeux sous l’empire de quelque excitation passagère, sous une influence atmosphérique en quelque sorte qui échauffe les têtes et fait surgir des barricades instantanément. »
(…)
Bernanos dans un bel élan prévoit la mort du catholicisme qu’on a sous nos yeux avec Bergoglio et son troupeau je-m’en-foutiste et clairsemé :
« Les puissantes démocraties capitalistes de demain, organisées pour l’exploitation rationnelle de l’homme au profit de l’espèce, avec leur étatisme forcené, l’inextricable réseau des institutions de prévoyance et d’assurances, finiront par élever entre l’individu et l’Église une barrière administrative qu’aucun Vincent de Paul n’essaiera même plus de franchir. Dès lors, il pourra bien subsister quelque part un pape, une hiérarchie, ce qu’il faut enfin pour que la parole donnée par Dieu soit gardée jusqu’à la fin, on pourra même y joindre, à la rigueur, quelques fonctionnaires ecclésiastiques tolérés ou même entretenus par l’État, au titre d’auxiliaires du médecin psychiatre, et qui n’ambitionneront rien tant que d’être traités un jour de « cher maître » par cet imposant confrère… Seulement, la chrétienté sera morte. Peut-être n’est-elle plus déjà qu’un rêve ? »
On est proche ici de Tocqueville, de Charles Pearson et de Chesterton, auteurs que j’ai nûment étudiés à ce sujet.
Revenons à Drumont qui définit le Français moderne : le mouton de maître Patelin ou de Rabelais (naissance du bourgeois !) :
« Les Français sont admirablement dressés à toute cette organisation fiscale ; ils sont comme les méharis qui s’agenouillent pour qu’on puisse les charger plus facilement ou comme les chevaux de renfort d’omnibus qui, leur besogne faite, vont tout seuls rejoindre leur place en bas dans la montée et attendent là qu’on les attelle de nouveau. »
De rage Drumont se lance comme beaucoup d’autres à cette époque, dans une explication convenue, la raciale :
« Lorsque les conquérants germains et francs qui, unis aux purs Gaulois et aux Celtes, constituèrent véritablement la France, eurent perdu leur vigueur, l’élément gallo-romain l’emporta, la race latine prit le dessus ; or cette race est faite pour la tyrannie puisqu’elle n’a aucun ressort de conscience ; elle adore une idole imbécile, une idole de marbre ou de plâtre qu’on appelle la loi, et au nom de cette loi, elle subit tout… Il n’y a qu’en France qu’un gouvernement ait pu s’appeler, comme par une désignation constitutionnelle : la Terreur. »
On laisse conclure Drumont – toujours cité par Bernanos :
« Mon erreur fondamentale a été de croire qu’il existait encore une vielle France, un ensemble de braves gens, gentilshommes, bourgeois, petits propriétaires, fidèles aux traditions de leur race et qui, égarés, affolés, par les turlutaines qu’on leur débite depuis cent ans, reprendraient conscience d’eux-mêmes si on leur montrait la situation telle qu’elle est, se réuniraient pour sauver leur pays. »
Sources
Georges Bernanos, La grande peur des bien-pensants
Nietzsche, Généalogie, première dissertation
Drumont, la France juive, la Fin d’un monde
Madison Grant, The Passing of a great race
Nicolas Bonnal – Littérature et conspiration ; comment les Français sont morts (Amazon.fr, Dualpha)
Taine – La Fontaine et ses Fables
Molière – Théâtre complet


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