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MTN MoMo a encaissé 11,6 milliards de FCFA d’intérêts en 2025 sur l’argent que ses clients lui confient. Le chiffre figure dans le rapport du Comité national économique et financier (CNEF). Il s’ajoute aux commissions déjà facturées sur chaque transfert et chaque retrait. L’opérateur n’a rien d’illégal à se reprocher. Mais la question du partage de cette manne, elle, mérite d’être posée.
Des fonds placés en banque, jusqu’à 6,5 %
À fin décembre 2025, MTN MoMo conservait 280 milliards de FCFA dans les banques, selon le CNEF. Ces fonds cantonnés servent à garantir la monnaie électronique détenue par les utilisateurs : quand un client crédite son portefeuille, la somme reste dans le circuit bancaire.
Là, les banques la rémunèrent. Chez MTN MoMo, CCA Bank concentre le plus gros montant, 58,5 milliards, à des taux entre 5 % et 6,5 %. Viennent ensuite Afriland First Bank (53,9 milliards à 5,5 %) et Access Bank (49,3 milliards, même taux).
Total des intérêts : 11,6 milliards. Orange Money, avec 193 milliards cantonnés, en a perçu 9,9 milliards, soit 21,5 milliards pour les deux opérateurs.
Ce n’est pas du bénéfice net. Le rapport ne dit pas non plus si ces revenus sont partagés avec d’autres partenaires. Rien ne permet donc d’en tirer une conclusion définitive.
Ce que les clients ne voient pas
Le chiffre qui fait réfléchir est ailleurs. MTN MoMo doit 229,3 milliards à ses clients, mais en place 280 en banque : un taux de couverture de 122 %. Autrement dit, 50 milliards environ dorment en banque au-delà de ce que l’opérateur doit.
Aucune règle n’oblige à en reverser une part aux utilisateurs. Et c’est quand même ce qui pose question : des millions de Camerounais alimentent leur portefeuille chaque mois, et seul l’opérateur touche les intérêts.
Le marché, lui, grossit. Les deux opérateurs ont traité 2,722 milliards de transactions en 2025, pour 32 667 milliards de FCFA, en hausse de 13,7 %. MTN progresse plus vite qu’Orange : +18 % en valeur contre +10,1 %, avec 47,4 % du marché.
Le CNEF pointe aussi la faiblesse des contrôles sur les prestataires de paiement et la quasi-absence de sanctions. Des insuffisances qui exposent le secteur à des risques élevés de blanchiment de capitaux. L’institution n’accuse personne, mais difficile de ne pas y voir un secteur qui a grandi plus vite que sa surveillance.
Le ministère des Finances a promis une surveillance renforcée. Reste à savoir si elle ira jusqu’à poser la question du partage des intérêts avec les usagers.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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