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Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun sort meurtri de la présidentielle d’octobre 2025. Maurice Kamto, réélu à la tête du parti lors de la convention du 21 décembre, a mis en place une commission ad hoc de « clarification et de restauration » pour traiter les cas de militants ayant soutenu d’autres candidats. Une cinquantaine de comparutions sont attendues. Le signal est clair : le MRC veut faire le ménage avant les élections locales et législatives.
Une fracture profonde, trois camps, beaucoup de rancœurs
Pendant la campagne, le MRC n’avait donné aucune consigne de vote. Kamto avait simplement demandé à chacun de décider « en son âme et conscience ». Résultat, les militants se sont éparpillés. Selon un observateur politique local, trois blocs distincts se sont formés : les partisans d’Issa Tchiroma Bakary, les soutiens de Bello Bouba Maïgari, et les fidèles de Kamto favorables à l’abstention. Le premier groupe était le plus nombreux.
C’est beaucoup de dégâts.
Des responsables ont exclu des membres des forums officiels du parti pour divergences d’opinion. Le secrétaire général Christopher Ndong avait pourtant rappelé dès le 29 septembre 2025 que le MRC ne s’était pas officiellement engagé dans une alliance. « On a vu des responsables exclure des militants qui ne partageaient pas leurs opinions des forums officiels du parti, ce qui est inacceptable », confie un cadre de la formation.
Avec la fuite d’Issa Tchiroma en Gambie après le scrutin et l’effondrement du FSNC, les militants qui avaient misé sur lui se retrouvent sans ancrage. Certains reviennent. D’autres résistent.
Une commission d’écoute, pas un tribunal
Pierre Emmanuel Binyam, secrétaire général adjoint du MRC et président de la commission désigné par Kamto en janvier, insiste sur la méthode. « Il ne s’agit aucunement d’une instance disciplinaire », précise-t-il. L’objectif affiché, c’est la remobilisation, pas la sanction. Environ une vingtaine de convocations ont déjà été envoyées, sur une cinquantaine attendues au total.
Pourtant, certains jouent l’esquive. Willy Mengue, devenu une figure des médias proches du pouvoir depuis la présidentielle, a multiplié les prétextes pour ne pas se présenter. L’ancienne conseillère municipale Laure Noutchouang a fait de même, avant de publier sur Facebook la lettre de convocation qui lui avait été adressée.
Binyam relativise. « Nous avons eu des échanges courtois, francs et empreints d’honnêteté », assure-t-il, convaincu que la commission produira ses effets avant les prochaines échéances électorales. Le MRC veut profiter du vide laissé par le FSNC, qui a annoncé ne pas participer aux élections locales à venir.
Reste à savoir si une commission d’écoute suffira à recoller ce qui a été brisé en à peine un an
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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